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Jean-Marc Fournier inflexible

Radio-Canada

Le ministre de l'Éducation du Québec avertit les 175 000 étudiants en grève qu'ils devront rattraper en classe le temps qu'ils passent à manifester.

Le bras de fer entre les étudiants en grève et le gouvernement du Québec se poursuit.

Le ministre de l'Éducation, Jean-Marc Fournier, répète qu'il attend toujours une proposition de règlement des étudiants. « Je ne laisse pas faire les choses, je suis en attente d'une proposition raisonnable de la part des étudiants. Ils doivent eux aussi dire ce qu'ils sont prêts à faire comme bout de chemin. »

De leur côté, les deux principales associations, la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), ont annoncé qu'elle présenteront une contre-proposition jeudi.

En attendant, le ministre rejette l'idée d'annuler le trimestre. Si le conflit se prolonge au-delà du 1er avril, 15 cégeps devront prolonger les cours jusqu'au 15 juin. Et s'il devait durer encore plus longtemps, les cours manqués pourraient être repris à partir du 15 août. Les semaines de relâche de l'année 2005-2006 seraient alors abandonnées.

Mais les cégeps restent libres de conclure des ententes différentes avec leurs profs. D'une façon ou d'une autre, M. Fournier affirme qu'il ne décernera pas de « diplôme au rabais ». Et il précise que le prolongement des cours jusqu'au 15 juin ne coûterait pas un sou de plus à l'État.

Les étudiants n'en démordent pas

À l'Assemblée nationale, l'opposition péquiste a exhorté le premier ministre Jean Charest à mettre fin à ce conflit qu'elle qualifie de « bourbier ».

De leur côté, les étudiants veulent toujours les 103 millions retirés des bourses aux études et transformés en prêts. Et ils ne sont pas les seuls.

Une coalition de syndicats des collèges et des universités a offert un appui de taille aux 175 000 étudiants en grève, mercredi.

Pendant ce temps, les manifestations et coups d'éclats des étudiants se multiplient. À Montréal, 22 étudiants en grève ont occupé les bureaux du Conseil du patronat du Québec pendant plusieurs heures.

L'escouade tactique des policiers est finalement intervenue pour déloger les manifestants. Ceux-ci ont été relâchés avec promesse de comparaître. Ils seront accusés d'entrée par effraction et de méfait.

À Québec, des étudiants de l'Université Laval et du cégep de Limoilou ont tenu des rassemblements, dont un sit-in. Un autre groupe a manifesté devant les bureaux des députés libéraux Margaret Delisle et Michel Després.

Dans un geste symbolique, des étudiants en médecine ont remis 103 seringues à la députée Pauline Marois, la critique de l'opposition en matière d'Éducation, pour demander une « réinjection » de fonds dans le programme de prêts et bourses. Mme Marois compte envoyer ces seringues au ministre Jean-Marc Fournier.

À Montréal, des manifestants ont crié leurs revendications devant le bureau du ministre de la Santé, Philippe Couillard, le seul capable, à leurs yeux, de les soutenir dans leurs revendications.

Une quarantaine d'étudiants du cégep Ahuntsic, à Montréal, ont brièvement entravé la circulation sur l'autoroute métropolitaine, avant d'être évincés par les policiers.

Ils ont par la suite occupé pendant une vingtaine de minutes l'édifice de la FTQ, boulevard Crémazie, pour protester contre les propos de son président, Henri Massé, qui leur demandait, mardi, de faire des compromis.

De la casse à Sherbrooke

Des étudiants du cégep de Drummondville, membres de la Coalition de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante élargie (CASSEE), bloquent quant à eux le pont Curé-Marchand, au centre-ville.

À Sherbrooke, la police a arrêté cinq membres de la CASSEE qui tentaient de calfeutrer les fenêtres et la porte d'entrée du bureau de comté de la ministre des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay, avec du plâtre.

Quatre des étudiants comparaîtront pour méfait, au Palais de justice de Sherbrooke, tandis que l'autre, mineur, sera jugé en Chambre de la jeunesse.

La CASSEE a récemment été écartée des discussions par le ministre Fournier pour avoir refusé de condamner les actes de violence. Elle souhaite maintenant entraîner de nouveaux étudiants dans le mouvement de grève, dont des élèves du secondaire.

Autre grève au secondaire

Les élèves de la polyvalente Baie-Saint-François, à Valleyfield, ont voté pour un débrayage de trois jours. Ils s'ajoutent aux élèves de l'école secondaire Le Vitrail, dans l'est de Montréal, qui ont déclenché la grève, le 8 mars.

La présidente de la Commission scolaire de Montréal, Diane de Courcy, demande aux parents d'encourager les élèves à retourner en classe.

Guerre de chiffres

Dans un communiqué publié mercredi, la FECQ et la FEUQ indiquent que l'endettement moyen étudiant a augmenté de 62 %, pour atteindre 21 500 $ après un baccalauréat.

Ils accusent Québec d'imiter le reste du Canada, « où un étudiant sur quatre abandonne pour des raisons financières », selon le communiqué.

Les étudiants affirment que la transformation de 103 millions de dollars de bourses en prêts amène de nombreux étudiants à quitter les études.

Campagne publicitaire

De son côté, le gouvernement du Québec a fait valoir ses arguments sur une pleine page publicitaire, dans des quotidiens québécois, mercredi.

Sous le titre sans équivoque « C'est au Québec que les étudiants bénéficient du meilleur soutien financier », le gouvernement Charest détaille les avantages consentis aux étudiants.

Selon le gouvernement, les « contribuables québécois paient déjà pour maintenir un programme d'aide financière très avantageux, les bourses les plus généreuses et les frais de scolarité les plus bas au Canada », soit 1668 $ par année, comparativement à 4960 $ en Ontario, selon les chiffres du gouvernement.

La publicité mentionne que de l'aide financière est accordée à 130 000 étudiants, pour un montant total annuel de 711 millions de dollars. De ce montant, 220 millions sont consentis en bourses.

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