•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Grèves étudiantes: Québec refuse de céder

Radio-Canada

Le ministre de l'Éducation ne veut rien changer à sa proposition. De son côté, la FEUQ ouvre la porte à un compromis sur un réinvestissement moins important dans le programme de prêts et bourses.

En dépit du vaste mouvement de grève et d'une importante manifestation au centre-ville de Montréal, le gouvernement du Québec refuse de céder aux pressions étudiantes.

Jeudi matin, Québec a retenu une pleine page de publicité dans plusieurs grands quotidiens où il expose la proposition faite aux étudiants mercredi soir. Les changements consistent à convertir 40 % des dettes de certaines catégories d'étudiants en bourse à la fin de leurs études et à augmenter les bourses d'études en abaissant le plafond de prêt.

La FEUQ ouvre la porte au compromis

Mais les fédérations étudiantes continuent de réclamer les 103 millions de dollars de bourses que le gouvernement Charest a transformés en prêts, il y a près d'un an.

Toutefois, la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) a ouvert la porte, jeudi, à un réinvestissement moindre que les 103 millions. La FEUQ dit qu'elle ne fermerait pas la porte, par exemple, à une transformation de 80 millions de dollars de prêts en bourses.

« Si le ministre a des propositions à faire, nous irons voir ce qu'il a à dire et on avisera », a indiqué le président de la FEUQ, Pier-André Bouchard Saint-Amant. Mais il a réitéré son refus catégorique de la proposition soumise mercredi par le ministre de l'Éducation, Jean-Marc Fournier.

Celui-ci refuse toutefois d'accéder aux demandes des étudiants, jugeant même sa proposition plus généreuse. Il a maintenu que le Québec offre actuellement le plus haut montant de bourses au Canada, l'endettement annuel moyen des étudiants y est le plus bas au pays et les frais de scolarité y sont les moins élevés.

Pour sa part, la critique officielle de l'opposition en matière d'éducation, Pauline Marois, a accusé le ministre d'enlever « aux pauvres pour redonner aux plus pauvres ». « La proposition présentée par le gouvernement pour se sortir du bourbier est toute croche, alambiquée et inutilement complexe », a-t-elle dit.

Actuellement, on compte toujours près de 160 000 étudiants du cégep et de l'université en grève au Québec.

Une marée étudiante au centre-ville de Montréal

Mercredi, après le refus de l'offre du ministre de l'Éducation pour dénouer la crise, plusieurs dizaines de milliers d'étudiants ont manifesté dans les rues de Québec et de Montréal.

Massés devant les bureaux du premier ministre Jean Charest à Montréal, près de 100 000 manifestants ont crié leur colère quant aux politiques du gouvernement Charest en matière d'éducation.

« Si le ministre pensait que sa proposition était pour régler quoi que ce soit, il a juste à regarder ce qui se passe dans les rues aujourd'hui, a lancé la présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Julie Bouchard. [...] Les mandats de grève continuent de se prendre et se renouvellent. »

Pour sa part, le président de la FEUQ a qualifié le moment d'« historique ».

L'offre du ministre Fournier

Voici les points saillants de l'offre soumise aux étudiants par le ministre de l'Éducation:

  • Québec renonce à réinvestir 103 millions de dollars dans les bourses, optant plutôt pour une formule de remboursement partiel de la dette des étudiants.
  • La formule de remboursement proportionnel au revenu (RPR) est abolie.
  • Le RPR est remplacé par une remise partielle de la dette des étudiants les plus démunis, qui obtiennent un diplôme de formation technique au collégial ou un baccalauréat dans les délais prescrits.
  • Québec épongera 15 % de la dette des étudiants admissibles qui obtiendront leur diplôme en 2005, puis rehaussera la remise à 20 % en 2006, à 30 % en 2007, à 35 % en 2008 et à 40 % en 2009.
  • Sont admissibles à cette dernière mesure les étudiants les moins nantis, soit ceux qui ont bénéficié d'une aide financière pendant toute la durée de leurs études ou qui ont accumulé une dette supérieure à 6070 $ pour la formation technique au collégial et 8840 $ pour le baccalauréat. Seuls les étudiants ayant décroché leur diplôme dans les délais prescrits pourront en profiter.

  • Le plafond du prêt au niveau universitaire est réduit de 500 $.
  • Le plafond du prêt au niveau collégial est réduit de 250 $.
  • Avec la formule proposée par le gouvernement, un étudiant ayant complété ses études collégiales et universitaires se retrouverait avec une dette de 10 400 $ plutôt que de 19 330 $ en vertu des paramètres actuels.

    Coût total des mesures en 2005: 41,5 millions de dollars, montant qui atteindra graduellement 95,5 millions en 2009.