•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Grande manifestation étudiante à Montréal

Radio-Canada

Appuyés par des groupes sociaux et des syndicats, plusieurs milliers d'étudiants dénoncent les compressions de 103 millions de dollars dans le programme de prêts et bourses.

Plusieurs milliers d'étudiants québécois, appuyés par des représentants de groupes sociaux et de syndicats, ont manifesté samedi après-midi au centre-ville de Montréal pour dénoncer les compressions de 103 millions de dollars dans l'aide financière aux études décrétées par le gouvernement de Jean Charest.

La manifestation, organisée par la Coalition pour une solidarité syndicale étudiante élargie (CASSEE), a commencé au Square Dorchester dans une ambiance bon enfant et sous une neige qui tombait doucement. Aucun incident n'est à déplorer.

Les étudiants étaient venus d'un peu partout au Québec, mais essentiellement de Montréal et des régions environnantes de la Montérégie, de Lanaudière et des Laurentides. « On veut étudier, on veut pas s'endetter », ont-ils scandé à plusieurs reprises en brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « L'éducation est un droit, pas un luxe », « Hypothéquer notre avenir? Non merci! » ou encore « Charest endette une génération en coupant 103 millions de prêts et bourses ».

Une autre manifestation aura lieu mercredi, à Montréal, à l'initiative des fédérations étudiantes universitaire et collégiale.

Des appuis de plus en plus nombreux

Devant les jeunes péquistes réunis à Saguenay cette fin de semaine, Bernard Landry a de nouveau exhorté le gouvernement Charest à renoncer à sa réforme de l'aide financière aux étudiants. Selon lui, la solution au problème de l'endettement étudiant se trouve dans les surplus du gouvernement fédéral. « [Il y a] 50 millions par semaine de déséquilibre fiscal à Ottawa. Ça veut dire que 103 millions, c'est deux semaines », a-t-il mentionné.

Plus tôt cette semaine, la mobilisation étudiante avait reçu l'appui des recteurs de l'UQAM et de l'Université Laval.

Samedi, c'était au tour de l'Union des forces progressistes (UFP) et de la Ligue des droits et libertés de dénoncer la position du ministre de l'Éducation, Jean-Marc Fournier.

Le ministre prépare une nouvelle proposition

Des négociations devraient avoir lieu à la fin de la semaine prochaine entre le ministre Fournier et les fédérations étudiantes collégiales et universitaires afin de tenter de parvenir à un accord sur la question de l'aide financière.

Jeudi, le ministre Fournier a déclaré travailler activement avec le ministre des Finances, Michel Audet, afin de dégager les marges qui lui permettront de faire une « proposition porteuse » aux étudiants. Sans dévoiler la teneur de cette proposition, Jean-Marc Fournier a déclaré que la mesure proposée aura pour objectif de réduire l'endettement des étudiants les plus démunis.

Québec est en communication quotidienne avec la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), alors que la CASSEE est tenue à l'écart. Cette semaine, le ministre Fournier a rompu les liens avec les représentants de ce regroupement parce qu'ils ont refusé de condamner les actes de violence commis à son bureau de circonscription, à Châteauguay.

« Le ministre essaie clairement de nous éloigner de la table des négociations parce que nos revendications sont larges, qu'on est très déterminés à les défendre, et puis il veut négocier une entente à rabais avec les fédérations étudiantes », a affirmé samedi Xavier Lafrance, porte-parole de la CASSEE.

Depuis trois semaines, les débrayages, manifestations et grèves générales se multiplient dans les cégeps et les universités de la province. Environ 85 000 étudiants sont en grève générale illimitée et des milliers d'autres s'apprêtent à leur emboîter le pas.

Les quelque 4000 étudiants du Collège de l'Outaouais se joindront au mouvement de grève lundi.