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Juppé à l'ENAP: des universitaires défendent l'éthique

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2005 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une trentaine de professeurs d'universités du Québec et d'Ottawa, dont le sociologue Guy Rocher, dénoncent l'embauche du politicien français Alain Juppé par l'École nationale d'administration publique.

Le quotidien Le Devoir a publié vendredi une lettre signée par 34 professeurs d'universités du Québec et d'Ottawa condamnant l'embauche par l'École nationale d'administration publique du politicien français Alain Juppé, à titre de professeur invité.

Ces enseignants, qui étudient l'administration et les politiques publiques, se disent « indignés » par l'invitation d'un homme condamné en France pour détournement de fonds publics pour enseigner les relations internationales aux étudiants québécois. « Quel message l'ENAP envoie-t-elle à ses étudiants qui se destinent à une carrière administrative de même qu'à l'ensemble de la population? », s'interrogent-ils.

En outre, ils affirment que la venue de M. Juppé fera un grand tort non seulement à l'ENAP, mais aussi « par ricochet, à l'ensemble des institutions universitaires québécoises et canadiennes », et demandent à l'ENAP de revenir sur son invitation au nom de « l'éthique ».

Guy Rocher parle du sens d'honneur

Dans une réflexion personnelle publiée également dans Le Devoir, le renommé sociologie Guy Rocher défend l'honneur attaché à la mission universitaire. Selon lui, cet honneur se mérite par trois exigences, dont celle de « l'exemplarité de la vie publique, dans tous les engagements que prend le professeur dans la cité et dans toutes les fonctions publiques qu'il en vient à occuper ».

Guy Rocher soutient qu'« une institution d'enseignement n'est pas le lieu où purger une peine d'emprisonnement ». Il avertit que « le déshonneur personnel de cet invité français éclaboussera l'institution universitaire québécoise qui l'accueillera ».

M. Juppé a été condamné à 14 mois de prison avec sursis et à un an d'inéligibilité à des fonctions électives pour détournement de fonds publics au profit de son parti politique. Il doit arriver à l'ENAP au mois d'août pour occuper pendant un an une nouvelle chaire de relations internationales.

L'Association étudiante de l'ENAP a convoqué ses membres à une assemblée générale, jeudi prochain, pour discuter des questions d'éthique soulevées par l'embauche du politicien français.

La majorité des professeurs de l'ENAP a estimé que l'expérience politique d'Alain Juppé sera un apport considérable pour l'ENAP, malgré sa condamnation en France pour avoir violé la loi sur le financement des partis politiques.

Passer outre son casier judiciaire

Il faudra une autorisation spéciale d'Ottawa pour que M. Juppé puisse travailler au Québec, en raison de son casier judiciaire. Une enquête de sécurité devra être faite, et son séjour, approuvé par le ministre fédéral de l'Immigration.

En tant qu'ancien chef du parti du président de la France, Jacques Chirac, Alain Juppé a en effet été mêlé à une affaire de financement occulte du parti le Rassemblement pour la République (RPR), devenu l'Union pour un mouvement populaire, UMP. Il a été inculpé dans un dossier d'emplois fictifs.

Député de la Gironde, Alain Juppé a été adjoint au maire, chargé des Finances de Jacques Chirac, à la mairie de Paris, et ministre des Affaires étrangères de mars 1993 à mai 1995, sous le gouvernement Balladur. En mai 1995, après l'élection de Jacques Chirac à la présidence, il a occupé le poste de premier ministre, jusqu'en juin 1997.

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