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Tortures à Abou Graib: 10 ans de prison pour Graner

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2005 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le soldat américain Charles Graner est condamné à 10 ans de prison pour son rôle dans les sévices commis contre des prisonniers de la prison irakienne d'Abou Graib.

Le soldat américain Charles Graner est condamné à 10 ans de prison et est radié de l'armée américaine. Vendredi, il a été reconnu coupable par une cour martiale du Texas de mauvais traitements infligés à des prisonniers de la prison irakienne d'Abou Graib.

Les 10 officiers du jury l'ont aussi reconnu coupable de complot pour mauvais traitements aux détenus, incapacité à protéger des détenus contre des abus, actes de cruauté, agressions et actes d'indécence. Charles Graner, âgé de 36 ans, risquait 17 ans et demi de prison.

Pour la première fois, samedi, il a exprimé des remords. « J'ai fait ce que j'ai fait. Beaucoup de choses étaient mauvaises, beaucoup étaient criminelles. [...] Je ne me félicite pas d'avoir fait ça », a dit le soldat au cours d'un long plaidoyer devant les 10 officiers du jury de la cour martiale de Fort Hood.

Charles Graner avait d'abord expliqué qu'il avait refusé de traiter les prisonniers d'une manière « irrégulière » mais qu'il avait dû céder aux ordres des services du renseignement militaire.

Meneur ou sous les ordres?

Pendant le procès, deux thèses se sont opposées. L'accusation présentait le soldat Graner comme « l'instigateur » des sévices infligés dans la prison d'Abou Graib, tandis que la défense estimait qu'il ne faisait qu'obéir aux ordres.

Le capitaine Chris Graveline, de l'accusation, présentait les actes posés par Charles Graner comme « de l'abus pur et simple ». Selon lui, « il n'existe pas de justifications, c'était pour le jeu, pour s'amuser ».

L'avocat de Charles Graner affirmait, au contraire, qu'il n'y avait aucun mal à déshabiller les détenus. Pour lui, les obliger à se masturber ou à mimer des fellations n'étaient que des façons légitimes de jouer sur les différences culturelles pour obtenir des informations. Guy Womacks a ajouté à la fin de sa plaidoierie que les exactions perpétrées ont « aidé la mission en Irak ».

Charles Graner est le premier militaire américain à être jugé par une cour martiale aux États-Unis. Il a plaidé non coupable.

Le scandale dans lequel il est impliqué a éclaté au printemps dernier, quand des journaux ont publié des photos montrant des soldats américains infligeant des sévices ou humiliant les prisonniers irakiens.

Au total, sept soldats ont été inculpés dans cette affaire. Deux autres soldats américains comparaîtront en février et en mars devant la même cour martiale que Graner. Quant à la soldate Lynndie England, qui vient d'avoir un enfant avec Graner, la date de son procès n'a pas encore été fixée.

Condoleezza Rice mise en cause

Jeudi, l'administration Bush a reconnu avoir fait pression sur des membres du Congrès pour qu'ils rejettent une loi interdisant le recours à la torture lors d'interrogatoires de détenus soupçonnés d'activités terroristes.

La Maison-Blanche a fait ces aveux à la suite de révélations parues dans le New York Times. Elle a toutefois tenu à réitérer, par la voix de son porte-parole, que le président Bush était opposé à la torture en toutes circonstances.

Le quotidien affirmait que Condoleezza Rice, conseillère à la Sécurité nationale du président et future secrétaire d'État, a exercé elle-même ces pressions. Dans sa missive aux sénateurs, Condoleezza Rice faisait valoir que ce projet de loi accordait aux détenus étrangers une protection légale à laquelle ils n'avaient pas droit.

Ces pressions ont, semble-t-il, porté leurs fruits puisque le Congrès a rejeté le mois dernier un amendement législatif restreignant le recours à des techniques d'interrogatoire « extrêmes et inhumaines » par les services de renseignement du pays. Ce texte avait auparavant été adopté par 96 voix au Sénat.

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