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Robert Guy Scully devant la commission Gomery

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2004 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Entre 1995 et 2000, les sociétés de production de M. Scully ont touché 14 millions de dollars en 10 ans des programmes de commandites du fédéral pour des séries télévisées.

La commission d'enquête sur le scandale des commandites a entendu le témoignage de l'animateur et producteur de télévision Robert Guy Scully, lundi à Ottawa. Personnalité de la télévision bien connue au Canada, M. Scully a notamment produit les vignettes Les minutes du patrimoine, qui relatent des faits importants de l'histoire canadienne.

Entre 1995 et 2000, les sociétés de production de M. Scully ont touché 14 millions de dollars en 10 ans des programmes de commandites du fédéral pour des séries télévisées.

Des témoignages antérieurs produits devant la commission avaient établi que Robert Guy Scully faisait affaire directement avec le responsable du programme des commandites, Charles Guité, pour le financement de ses productions.

Devant le juge Gomery, M. Scully a dépeint l'ancien haut-fonctionnaire comme la « banque centrale » du programme des commandites. Il a précisé que, dès leur première rencontre, M. Guité s'était engagé à aplanir tous les obstacles pour qu'il obtienne un financement.

Dans son rapport de février dernier, la vérificatrice générale Sheila Fraser notait que, dans au moins trois séries, dont celle portant sur la vie du hockeyeur Maurice Richard, Ottawa s'était engagé verbalement à verser des millions de dollars sans signer de contrat.

Selon M. Scully, la signature d'un contrat n'était pas essentielle puisqu'il livrait la marchandise. « On ne voulait pas entrer dans les dédales de négociations qui seraient extraordinairement épuisantes et qui auraient constitué des distractions pour une petite entreprise [comme la nôtre] », a-t-il expliqué.

Des commissions colossales

Des agences de publicité ont aussi reçu plus de 665 000 $ en commissions pour transférer les sommes du fédéral aux entreprises détenues par Robert Guy Scully, et ce, sans effectuer aucun travail direct dans les productions. Uniquement dans le cas de la série sur Maurice Richard, quatre agences se sont partagé 350 000 $ pour transmettre les chèques d'Ottawa.

Outre la série sur Maurice Richard, les entreprises de M. Scully ont aussi obtenu des commandites pour réaliser Le Canada du millénaire, Les entrepreneurs du Canada, Canada moderne, Le monde de Gabrielle Roy et la série Capitales et métropoles.

Dans tous les cas, des agences de publicités ont reçu d'importantes commissions.

Pas question de transformer la salle en plateau de télévision

Vendredi, la commission Gomery a opposé une fin de non recevoir à M. Scully, qui voulait utiliser son propre témoignage devant le juge John Gomery dans une série télévisée à venir.

La maison de production de l'ancien journaliste de Radio-Canada prévoit réaliser une série de six heures, en anglais et en français, sur les grands scandales politiques des récentes années, dont, bien sûr, le scandale des commandites.

M. Scully demandait notamment à la commission Gomery de modifier l'éclairage et de lui fournir un autre type de microphone.

Dans une lettre, le procureur en chef de la commission Gomery, Me Bernard Roy, a rappelé à M. Scully qu'il comparaîtrait à titre de témoin, et non comme producteur délégué ou réalisateur d'une émission portant sur la commission.

Il lui suggère d'oublier toute velléité d'adapter la salle d'audiences à ses besoins. Il précise que la commission n'accepte pas de participer, de s'associer directement ou indirectement, à un projet de production ou d'être utilisée aux fins d'un quelconque projet de cette nature.

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