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Chefferie du PLC : Freeland lance une campagne pour « défendre le Canada » contre Trump

Chrystia Freeland parle lors d'un rassemblement.

« Le Canada n’est pas à vendre et notre souveraineté n'est pas négociable », a affirmé Chrystia Freeland en référence aux propos répétés de Donald Trump, qui dit vouloir faire du Canada le 51e État américain.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.

« C'est le moment de se battre pour le Canada » : l’ex-vice-première ministre Chrystia Freeland a officiellement lancé sa campagne afin de succéder à Justin Trudeau dimanche après-midi lors d'un rassemblement à Toronto. Or, son discours a été interrompu à plusieurs reprises par des protestataires présents dans la salle.

Dès son arrivée sur scène, des manifestants propalestiniens mêlés à ses militants ont perturbé le déroulement de la cérémonie, se faisant entendre bruyamment. Ils ont ensuite été escortés hors du rassemblement.

Une fois le calme rétabli, la candidate à la chefferie du Parti libéral du Canada s’est posée comme la meilleure candidate pour affronter Donald Trump, qui menace d'imposer des tarifs douaniers de 25 % sur les importations canadiennes et de recourir à la force économique pour annexer le Canada.

Notre pays est exposé à ce qui pourrait bien être une menace existentielle, a dit estimer l'ex-ministre des Finances, qui a du même souffle rappelé qu'elle a déjà réussi à négocier avec le président américain en 2018 pour aboutir à l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).

Donald Trump sait exactement qui je suis. Il y a une raison pour laquelle il ne m‘aime pas beaucoup : la dernière fois qu’on s’est retrouvés face à face, je me suis battue pour le Canada. Et nous avons gagné.

Une citation de Chrystia Freeland, candidate à la chefferie du Parti libéral du Canada
Course à la chefferie du PLC
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M. Trudeau, sur scène, salue les délégués de la main.

Voici ma promesse : si vous me choisissez comme cheffe du Parti libéral et comme première ministre, je vais diriger une vraie riposte canadienne à la menace qui pèse sur nous. Nous serons unis, nous serons forts et nous serons intelligents. C’est pourquoi nous gagnerons, a-t-elle ajouté.

J'ai un message aujourd'hui pour le président Trump : [...] nous ne voulons pas nous battre avec vous, mais si le combat vient à nos portes, rappelez-vous que nous aimons notre pays autant que vous aimez le vôtre. Si vous nous frappez, nous riposterons. [...] Nous vous infligerons le plus grand coup commercial que les États-Unis auront jamais subi, a affirmé la députée libérale.

Chrystia Freeland parle dans un micro.

Chrystia Freeland a promis, si elle est élue, de se centrer sur l'économie.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Elle a également vanté quelques-unes de ses réalisations en tant que ministre, notamment la négociation d'un accord commercial avec l'Union européenne, la mise en œuvre du programme fédéral de garderies à 10 $ par jour ou encore la gestion de la pandémie de COVID-19.

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Mme Freeland a aussi profité de ce lancement de campagne pour écorcher les conservateurs, qualifiant Pierre Poilievre de leader faible qui ne s'opposera jamais à Donald Trump.

Qui plus est, la députée s'est engagée à se présenter aux prochaines élections fédérales même si elle devait essuyer une défaite lors de cette course à la chefferie. Tous les autres candidats à la chefferie devraient prendre le même engagement. Aux prochaines élections, tout le monde devra mettre la main à la pâte, a-t-elle plaidé.

Nous ne laisserons personne étouffer notre voix

Chrystia Freeland est revenue sur les manifestants qui l'ont empêchée de prononcer son discours, ce qui a retardé le déroulement de la rencontre.

La protestation est importante et nous vivons dans un pays libre. Les gens sont libres d'exprimer des points de vue divergents. Ce qui n'est pas acceptable, c'est d'empêcher d'autres personnes d'exprimer leur point de vue. [...] Nous ne laisserons personne perturber notre démocratie, a-t-elle affirmé.

Je n'ai pas peur et je ne vais pas reculer.

Une citation de Chrystia Freeland, candidate à la chefferie du Parti libéral du Canada

Nous ne laisserons personne étouffer notre voix [...]. Maintenant, c’est le moment de lancer notre campagne. C'est le moment de se battre pour le Canada, a-t-elle lancé.

Un manifestant qui tenait un drapeau palestinien a été évacué de la scène.

Un manifestant qui tenait un drapeau palestinien a tenté de monter sur scène.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Depuis 15 mois, nous avons essayé par tous les moyens possibles de joindre [Chrystia Freeland] et de la tenir responsable de la complicité du Canada dans les violences israéliennes, ont écrit les manifestants dans un communiqué de presse.

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Nous ne nous arrêterons pas tant que le Canada n'aura pas mis fin à son aide militaire à Israël [et] rompu ses liens diplomatiques avec Israël, ont-ils ajouté.

Carney et Gould sur la ligne de départ

Dans une lettre publiée vendredi dans les pages des quotidiens Le Devoir et Toronto Star, la députée de la circonscription University-Rosedale, à Toronto, avait déjà confirmé qu'elle serait sur les rangs.

Mark Carney, ex-gouverneur de la Banque du Canada, et Karina Gould, leader du gouvernement libéral à la Chambre des communes, sont eux aussi de la partie, entre autres candidats potentiels.

Le premier a reçu un appui de taille : celui de Mélanie Joly, ministre des Affaires étrangères, qui a dit estimer que son bagage économique fait de lui le candidat le mieux équipé pour gérer les relations avec Donald Trump.

Mark Carney et Mélanie Joly.

Mark Carney et Mélanie Joly

Photo : Radio-Canada

À l'instar de ses adversaires Mark Carney et Karina Gould, Chrystia Freeland abandonnerait, si elle était élue, la taxe carbone destinée aux particuliers, une mesure environnementale clé du gouvernement libéral.

Les ministres Dominic LeBlanc, Mélanie Joly et François-Philippe Champagne ont quant à eux décidé de ne pas briguer la chefferie, préférant se concentrer sur leur rôle au sein du Cabinet et sur la gestion des relations avec la nouvelle administration Trump.

La course à la direction du Parti libéral du Canada doit prendre fin le 9 mars. Les travaux du Parlement sont quant à eux prorogés jusqu'au 24 mars.

Démission choc

Chrystia Freeland a claqué la porte du Cabinet avec fracas il y a un mois, citant des désaccords avec le premier ministre Justin Trudeau.

En entrevue avec LCN vendredi, cette ex-proche alliée de M. Trudeau a expliqué que les chèques électoralistes de 250 $ promis par le premier ministre – finalement écartés de l'énoncé économique – ont été la goutte de trop qui l'a poussée à démissionner.

Justin Trudeau et Chrystia Freeland lors d'une conférence de presse.

Le premier ministre Justin Trudeau avait proposé à Chrystia Freeland un autre poste sans portefeuille au sein du Cabinet avant sa démission.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Selon Mme Freeland, le Canada devait plutôt garder des réserves financières pour contrer les menaces tarifaires de M. Trump.

Peu avant sa démission, M. Trudeau lui avait annoncé son intention de la remplacer aux Finances une fois l’énoncé économique passé. La ministre a plutôt fait un coup d’éclat en démissionnant le matin même de la présentation de l'énoncé économique.

Le premier ministre lui avait proposé de rester vice-première ministre et lui avait offert un poste de ministre sans portefeuille pour gérer les relations canado-américaines. Or, Mme Freeland craignait de ne pas avoir les coudées franches dans de telles fonctions pour affronter la nouvelle administration Trump.

Une suite de promotions

Journaliste de métier, Chrystia Freeland a fait son entrée à la Chambre des communes après une élection partielle dans Toronto-Centre en 2013.

À l'arrivée au pouvoir des libéraux, deux ans plus tard, elle s'est rapidement imposée comme une figure de proue du gouvernement Trudeau, d'abord comme ministre du Commerce international. En 2017, elle est devenue ministre des Affaires étrangères.

Elle a alors dû faire face à l'administration de Donald Trump, qui avait imposé une renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). Le nouvel accord, baptisé l'ACEUM, ratifié à l'arraché en 2018, contenait certains gains pour le Canada mais ouvrait davantage le marché canadien aux producteurs américains, ce qui faisait grincer des dents plusieurs agriculteurs.

Des dirigeants applaudissent et montrent des accords signés.

Chrystia Freeland (en haut à droite) était présente lorsque les dirigeants nord-américains ont signé le nouvel Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), en novembre 2018.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Les années suivantes ont cimenté son rôle comme bras droit de Justin Trudeau. En 2019, elle a obtenu non seulement le rôle de ministre des Affaires intergouvernementales mais aussi celui de vice-première ministre du pays.

Un an plus tard, elle a pris la tête du ministère des Finances, la première femme à accéder à ce poste, souvent considéré comme le plus important du Conseil des ministres.

Cette suite de promotions a rendu d'autant plus dramatique la rupture entre Mme Freeland et M. Trudeau, à l'origine de la crise politique qui plombe le gouvernement libéral depuis la fin de 2024.

Avec les informations de Jean-François Thériault

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