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L’espadon se déplace vers le nord dans les eaux canadiennes

Espadon qui sort de l'eau.

On a recensé 1900 tonnes d'espadon pêché au Canada l'année dernière.

Photo : X/Pêches et Océans Canada

Radio-Canada

Les scientifiques et les pêcheurs canadiens suivent le mouvement de l'espadon vers le nord dans les eaux de Terre-Neuve, où ce poisson prisé est capturé en grand nombre.

On ignore si ces données sont la conséquence du réchauffement des océans ou d’un événement cyclique et temporaire.

On ne sait toujours pas si ce sera la nouvelle norme à cause du changement climatique ou si la biomasse finira par reculer, affirme Kyle Gillespie, un biologiste du ministère de Pêches et Océans Canada (MPO).

Mille neuf cents tonnes d'espadon ont été pêchées au Canada l'année dernière. Le tiers a été capturé au large de Terre-Neuve, où des palangriers de Nouvelle-Écosse ont traîné des hameçons appâtés pendant une grande partie de l'été.

Kyle Gillespie dit qu'il s'agit d'un changement rapide par rapport à la décennie précédente, lorsque la totalité des captures canadiennes était concentrée le long du plateau néo-écossais et du banc Georges, au large du sud de la Nouvelle-Écosse.

Ce qui est particulièrement intéressant lorsque nous analysons les données de Terre-Neuve, c'est que pour 1000 hameçons, nous avons beaucoup plus de poissons, et ils sont de plus grande taille, dit-il.

L'espadon se prélasse moins

Ce changement de répartition a coïncidé avec un effondrement des débarquements de la pêche au harpon au large du sud de la Nouvelle-Écosse au cours des trois dernières années.

Entre 2011 et 2020, les prises au harpon représentaient en moyenne environ 9 % des captures canadiennes. Les harponneurs comptent sur le fait que l'espadon remonte normalement à la surface pendant la journée.

La question est de savoir s’ils se prélassent moins en raison des températures plus chaudes sous la surface.

Troy Atkinson, de l'association des pêcheurs d'espadon de la N.-É

Troy Atkinson représente l'association des pêcheurs d'espadon de la N.-É.

Photo : CBC

Le vétéran de l'industrie, Troy Atkinson, rapporte que l'espadon était capturé au large de Terre-Neuve il y a 20 ans et qu'il était peut-être sous le nez de tout le monde depuis le début.

Nous soupçonnons que le poisson a toujours été présent sur les Grands Bancs, mais ça ne faisait aucun sens sur le plan économique de voyager quatre jours et d’assumer des dépenses supplémentaires alors que l'on pouvait le pêcher plus près de chez soi, explique Troy Atkinson, président de l’Association des pêcheurs d'espadon de la Nouvelle-Écosse. Il se demande lui aussi si la situation est permanente.

Si nous continuons à constater une réduction des débarquements sur le banc Georges et une augmentation des débarquements sur les Grands Bancs au cours des cinq prochaines années, alors nous le saurons, dit-il.

L'espadon suit le Gulf Stream, le grand courant régulateur de l'Atlantique, jusqu'au Canada et se nourrit de calmars et d'autres poissons dans les eaux froides autour.

Kyle Gillespie et Alex Hanke, un autre scientifique de Pêches et Océans, veulent savoir si le changement dans leur répartition est lié à des changements de température ou à des changements dans le mouvement du courant.

C'est probablement une combinaison de températures de l'eau, d'autres facteurs environnementaux et de proies, reconnaît Kyle Gillespie.

Un bateau de pêche en mer entouré de mouettes et goélands.

Le MPO veut traquer l'espadon pour mieux comprendre ces déplacements.

Photo : Jason van Bruggen

Pour suivre le mouvement de l’espadon, les scientifiques du MPO voulaient attacher des étiquettes satellites sur une douzaine d’entre eux. Ils sont allés au banc Browns et au banc Georges, en septembre 2023, mais ils n’en ont pas vu un seul dans des endroits qui étaient des points chauds il y a six ou sept ans.

L’opération de marquage de l’espadon sera donc transférée à Terre-Neuve.

Les balises satellites contiennent des capteurs qui révèlent l'emplacement, les modèles de plongée et la température de l'eau.

Une fois les capteurs récupérés, ils permettront aux chercheurs de suivre les mouvements sur une année et de les comparer aux conditions océanographiques.

Le but est de construire des modèles sur l’habitat de l’espadon pour des bassins océaniques entiers.

Kyle Gillespie travaille avec des centres de recherches américains et portugais pour y arriver.

D'après un reportage de Paul Withers de CBC

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