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Abus sexuels au diocèse de Hearst-Moosonee : un ex-juge pour le processus extrajudiciaire

Monseigneur Pierre-Olivier Tremblay assis dans le choeur de la catédrale Notre-Dame de l’Assomption à Hearst.

Mgr Pierre-Olivier Tremblay a été installé dans le diocèse de Hearst-Moosonee le 24 août 2022. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Le diocèse de Hearst-Moosonee, qui veut s'entendre à l'amiable avec de présumées victimes d'agressions sexuelles, nommera bientôt un ex-juge pour présider le processus, selon l’évêque du diocèse, Mgr Pierre-Olivier Tremblay.

Cette démarche vise à offrir aux survivants qui le désirent une compensation financière, a-t-il expliqué en entrevue à Radio-Canada.

Selon Mgr Tremblay, les victimes présumées seront tout de même invitées à discuter avec un avocat afin de décider si elles préfèrent participer au processus à l'amiable ou entamer des procédures judiciaires contre l'Église.

Un reportage de l'émission Enquête a révélé que le diocèse avait protégé jusqu’à tout récemment des abuseurs sexuels présumés. Depuis l'été dernier, 15  personnes se sont manifestées pour raconter leur expérience à la travailleuse sociale Mona Comeau, nommée par le diocèse pour suivre ce dossier.

De plus, Mgr Tremblay promet qu'un plan d'action en lien avec les abus sexuels sera bientôt dévoilé.

Un montant monétaire

L’évêque Tremblay, qui est entré en fonction en 2022 en provenance de la Mauricie, indique avoir lui-même rencontré plusieurs présumées victimes.

[Les survivants] m’ont raconté ce qu’ils ont vécu. En même temps, ça a été pour eux important que je puisse les entendre, les écouter, les recevoir, indique-t-il.

Pierre-Olivier Tremblay devant une carte du diocèse.

L'évêque Pierre-Olivier Tremblay souhaite rebâtir la confiance entre le diocèse et la communauté.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

En se basant sur les témoignages des victimes présumées, l’ex-magistrat qui sera bientôt nommé aura donc la responsabilité de déterminer un montant monétaire qui va être alloué en fonction de la gravité de ce qu’ils ont eu à traverser, affirme Mgr Tremblay.

Pourquoi un juge à la retraite pour diriger cet exercice? Parce qu’ils sont souvent mieux placés pour aider dans ces circonstances, répond l’évêque. Celui-ci dit s'appuyer sur des exemples de dossiers similaires, notamment en Acadie.

Ça va être fait par une instance qui n’est pas le diocèse, qui est extérieure au diocèse. [...] C’était la pièce manquante, l’élément le plus important pour assurer l’indépendance, la rigueur, la légitimité du processus.

Une citation de Mgr Pierre-Olivier Tremblay, évêque du diocèse de Hearst-Moosonee

Dans un message aux victimes présumées daté du 16 janvier, Mgr Tremblay écrit que parce qu’il n’est pas impliqué au diocèse, [un juge] pourra être neutre et impartial.

Poursuite ou entente à l’amiable? Le choix va revenir aux survivants

L’évêque assure qu’une entente à l’amiable ne demeure qu’une option que le diocèse présente aux survivants.

Lorsque le juge à la retraite [sera en fonction] et qu’on va pouvoir entreprendre les rencontres, chacun des survivants va être invité à aller rencontrer un avocat et se faire une opinion. Donc ils ont le choix de nous poursuivre ou d’accepter une médiation pour un processus qui va être accéléré, fait-il savoir.

Mgr Tremblay insiste que les ententes à l'amiable ont plusieurs avantages.

Ce qu’on veut, nous, c’est quelque chose qui soit délicat, qui ne soit pas intrusif, qui ne soit pas antagoniste, quelque chose qui est discret, quelque chose qui est dans la mesure de ce que les survivants ont le goût de vivre. Alors, le choix va leur revenir. Chacun d’eux va avoir à décider le moment venu.

Une citation de Mgr Pierre-Olivier Tremblay, évêque du diocèse de Hearst-Moosonee

Bientôt un plan d’action contre les abus sexuels

Peu importe le choix que feront les victimes présumées, la dimension financière n’est qu’un élément, reconnaît l’évêque.

Ce qu’ils veulent, c’est de s’assurer que ce genre d’épreuves terribles qu’ils ont eu à traverser ne se reproduise pas sur d’autres personnes évidemment, note-t-il.

À cet effet, dans les prochains jours, il compte publier un plan d’action sur [...] tout ce [que] fait [le diocèse], toutes les démarches qui touchent à la fois la réparation, la prévention et la formation.

Il dit être conscient du scepticisme, présent même chez certains fidèles qui doutent de la capacité du diocèse de mener une réforme efficace.

Moi, je [leur] dis que je comprends très bien [leur] hésitation, [leurs] doutes, [leurs] réactions et je les ai entendues, je continue de les recevoir. Ce que je souhaite, c’est que nos gestes parlent, et si vous avez le goût d’embarquer avec nous, de nous faire confiance, avance Mgr Tremblay.

C’est pas facile de faire confiance dans un contexte où tu as vécu des bris de confiance. La confiance, comme je l’ai dit souvent à plusieurs personnes dans les derniers mois, c’est très long à construire et encore plus à reconstruire, mais c’est ça que je veux faire jour après jour et je vais continuer à le faire.

Une citation de Mgr Pierre-Olivier Tremblay, évêque du diocèse de Hearst-Moosonee

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