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Crise du logement et coût de la vie : les coops d’habitation, une piste de solution?

Une maquette d'architecte qui montre trois immeubles de plusieurs étages.

Le nouveau développement doit être construit au 2444 avenue Eglinton Est, à Scarborough.

Photo : offerte par CreateTO

Radio-Canada

La Ville de Toronto investit des millions de dollars dans un nouveau projet immobilier qui doit comprendre plus de 600 appartements gérés en coopérative.

Ce nouveau complexe deviendrait le plus grand projet de lotissement coopératif de la province, affirme la Municipalité.

Une résidente de longue date d’une des plus anciennes coopératives d’habitation de Toronto affirme que la vie dans de tels logements offre une tranquillité d’esprit dans un monde où le coût de la vie est en constante augmentation.

J'ai vu mes enfants essayer de trouver un appartement à Toronto. Les appartements à Toronto sont incroyablement chers, explique Jennifer Hazel.

Or, selon la Fédération de l'habitation coopérative du Canada, ce type d'habitation a surtout été à la mode entre les années 1970 et 1990. Récemment, il y aurait eu un regain d'intérêt de la part des gouvernements, précise-t-on.

Et si la Ville de Toronto annonce ses couleurs avec ce projet, le gouvernement ontarien affirme lui aussi qu'il est en faveur d’une augmentation du nombre de coopératives.

Le projet

Le mois dernier, la Ville de Toronto a annoncé un partenariat avec Civic Developments, Windmill Developments et Co-operative Housing Federation of Toronto qui a pour but de construire un complexe résidentiel à Scarborough, dans l’est de la ville.

Ce projet [...] est un des plus grands projets de logements abordables en Ontario au cours des 25 dernières années et le plus grand projet de lotissement coopératif de la province, lit-on dans le communiqué publié le 9 janvier.

Une illustration d'architecture comporte trois immeubles de plusieurs étages.

Deux des trois tours du complexe du 2444, avenue Eglinton Est doivent être gérées en coopérative.

Photo : offerte par CreateTO

Le projet doit comprendre trois immeubles d'habitation et un total de 918 logements. Deux des trois immeubles seront des coopératives, pour un total de 612 unités. La Ville a investi environ 40 millions de dollars, y précise-t-on.

Qu'est-ce qu'une coopérative de logement?

Une coopérative de logement est un groupe de personnes qui forment une entreprise afin de fournir des services de logement pour eux-mêmes. [...]

La gestion démocratique est l'élément vital d'une coopérative saine et les personnes qui vivent dans la coopérative, et qui possèdent et gèrent collectivement le logement, sont des membres qui ont droit de vote. Les membres élisent un conseil d'administration parmi eux et l'autorisent à gérer les affaires courantes de la coopérative de manière à satisfaire à toutes les exigences de sa charte, des règlements municipaux, de ses accords et de ses politiques.

Tous les membres d'une coopérative partagent les avantages et les responsabilités de la vie en coopérative, ce qui en fait plus qu'un simple lieu de vie.

Source : Site web de la coopérative du 100 rue Bain, à Toronto

Tranquillité d’esprit

La coop du 100 rue Bain, dans East York, est une des plus anciennes de la province, selon Mme Hazel, qui y habite et qui fait partie du conseil résidentiel. Nous célébrons notre 50e anniversaire cette année, précise-t-elle.

Elle ajoute que les gens qui y emménagent ont tendance à y rester­.

Un portrait de John Sharkey et de Jennifer Hazel, assis côte à côte.

John Sharkey (à gauche) et Jennifer Hazel habitent dans la coopérative d'habitation du 100, rue Bain depuis des décennies.

Photo : Radio-Canada / CBC

J'ai emménagé ici quand mon fils avait deux ans, il en a maintenant 35 et ma fille vient d'emménager ici, en décembre. J'ai des petits-enfants [qui habitent] ici aussi, explique-t-elle.

John Sharkey, lui, y habite depuis les années 1980. Il apprécie tout particulièrement l’effet de communauté inhérent au mode de gestion des coopératives. C'est une expérience étonnante et riche que de vivre ici. C'est vraiment, vraiment le cas.

Je suis particulièrement attiré par le processus d'autogestion. On nous encourage toujours à faire partie de ces comités.

Une citation de John Sharkey

M. Sharkey et Mme Hazel s’entendent sur un aspect en particulier : habiter en coopérative, ça procure une grande tranquillité d’esprit. Ça signifie qu'on obtient un logement abordable, ont-ils tous deux répété durant l’entrevue.

Un aspect de stabilité

Amina Dibe, gestionnaire principale aux relations gouvernementales à la Fédération de l'habitation coopérative du Canada, abonde dans ce sens. Les personnes qui vivent dans des coopératives finissent par y rester pendant 20 ou 30 ans. Il y a donc certainement un aspect de stabilité et c'est un avantage vraiment attrayant dans un pays [où avoir un toit devient] de plus en plus cher.

Un portrait d'Amina Dibe.

Amina Dibe est gestionnaire principale aux relations gouvernementales à la Fédération de l'habitation coopérative du Canada.

Photo : Radio-Canada / CBC

Selon elle, en Ontario, il y a environ 550 coopératives, où vivent 125 000 personnes.

La plupart des coopératives d'habitation ont été créées entre les années 1970 et 1990 grâce à des partenariats avec les gouvernements et à des programmes ciblés pour la construction de ce type de logements. [...] Ce financement [...] a diminué après les années 1990.

Mme Dibe ajoute que selon elle, les gouvernements ont un regain d'intérêt. Au cours des deux dernières années, il y a eu un réengagement de la part de plusieurs ordres de gouvernement pour essayer de construire davantage de logements coopératifs, car il s'agit d'une forme de logement très stable pour de nombreux Canadiens.

Rob Flack, ministre associé du Logement de l’Ontario, explique que la seule solution à la crise, selon lui, consiste à accroître le nombre de logements dans la province. Nous devons enfoncer plus de pelles dans le sol, construire plus de maisons, toutes sortes de maisons.

Un portrait de Rob Flack.

Rob Flack est le ministre associé du Logement de l’Ontario.

Photo : Radio-Canada / CBC

Il y a 15 millions et demi d'habitants [en Ontario] et nous atteindrons rapidement les 20 millions. Nous avons besoin de toutes sortes de logements. Or, le modèle coopératif [...] est un élément important de cette stratégie et il doit se développer.

M. Flack soutient que son gouvernement aide les coopératives de la province. Il souligne une annonce du 18 janvier selon laquelle le gouvernement de l’Ontario versera à la Fédération de l’habitation coopérative du Canada (FHCC) 646 790 $ sur trois ans.

Avec les informations de Talia Ricci, de CBC

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