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La « drogue du zombie » inquiète les intervenants en réduction des méfaits à Ottawa

Une personne testant une poudre blanche.

Mélangée avec du fentanyl, la xylazine peut provoquer de graves dommages, allant jusqu'à l'amputation.

Photo : La Presse canadienne / Jimmy Jeong

Radio-Canada

Des intervenants en réduction des méfaits à Ottawa affirment que la xylazine, un puissant tranquillisant pour animaux, détecté dans plusieurs drogues illicites, expose ses consommateurs à de graves dommages.

Le Centre de santé communautaire du centre-ville et le Centre de santé communautaire Côte-de-Sable ont dit avoir découvert le puissant sédatif vétérinaire, surnommé la drogue du zombie, en circulation au cours des dernières années.

Généralement utilisée pour endormir les chevaux et les bovins, la xylazine peut avoir des effets dangereux chez les humains, notamment des évanouissements prolongés, selon Santé publique Ottawa.

Un appareil qui permet de tester le contenu des drogues.

Cet appareil permet d'analyser les composants des échantillons de drogues pour que les intervenants en réduction des méfaits puissent avertir les gens de la présence d'ingrédients inattendus.

Photo : Radio-Canada / Guy Quenneville

En tant que dépresseur du système nerveux central, il a un effet dangereux sur les signes vitaux, comme la fréquence cardiaque et la tension artérielle. Sa consommation chez les humains n’est pas approuvée au Canada, et ses effets à long terme sur la santé humaine sont inconnus.

Mélangé avec du fentanyl, le sédatif peut provoquer des dommages pouvant conduire à l’amputation. Son émergence dans les communautés de tout le Canada est également inquiétante, d’autant plus que la naloxone, qui inverse les effets des surdoses d'opioïdes, n’a aucun effet sur la drogue du zombie.

Six échantillons de fentanyl soumis volontairement pour analyse au Centre de santé communautaire du centre-ville depuis le début de l’année se sont révélés positifs à la xylazine. Le Centre de santé communautaire Côte-de-Sable a trouvé le tranquillisant pour la première fois dans des échantillons de fentanyl apportés au centre par les utilisateurs, la semaine dernière.

C’est plutôt nouveau pour nous, a déclaré Derrick St John, un infirmier chargé du site de consommation supervisée de la Côte-de-Sable et d’autres services de réduction des méfaits.

Portrait de Derrick St John.

Derrick St John travaille pour le Centre de santé communautaire du centre-ville.

Photo : Radio-Canada / Guy Quenneville

Surdoses atypiques

Membre du groupe communautaire Overdose Prevention Ottawa, Leah Podobnik a mentionné que la xylazine circule à Ottawa depuis deux ans, même si elle n’a été détectée que récemment dans les cliniques.

Nous avons vu des surdoses atypiques, où nous ne pouvons pas réanimer la personne avec uniquement de la naloxone, explique Leah Podobnik, qui avait auparavant travaillé six ans dans des sites de consommation supervisée.

L’utilisation d’appareils de dépistage de drogues récemment acquis dans les cliniques d’Ottawa a aidé à la fois les consommateurs de drogues et les intervenants en réduction des méfaits à mieux s'y retrouver dans un contexte où, comme l’a dit Derrick St John, les utilisateurs s’exposent involontairement à un cocktail d'opioïdes et de stimulants sans aucun contrôle de qualité.

Le Centre de santé communautaire Côte-de-Sable.

Le Centre de santé communautaire Côte-de-Sable est situé sur la rue Nelson, juste au nord de la rue Rideau.

Photo : Radio-Canada / Guy Quenneville

Les deux centres de santé communautaire testent désormais régulièrement des médicaments et détectent des composants inattendus, comme la xylazine.

M. St John a fait une démonstration de la machine d’analyse de Côte-de-Sable vendredi après-midi, lorsque le centre de santé a reçu trois échantillons de fentanyl à analyser.

Portant des gants, il a pris dans un sac un morceau de fentanyl d'un vert cristallin, l’a placé sur un lecteur de puce de la taille d’une boîte d’allumettes, puis a inséré la puce dans une tour d’ordinateur équipée d’un numériseur laser.

Les résultats, affichés sur un ordinateur portable environ cinq minutes plus tard, ont confirmé la présence de xylazine.

Le principal intéressé a rappelé que les consommateurs peuvent tester les drogues pour diverses raisons, et que d’autres médicaments seront bientôt ajoutés à la base de données. Il est possible de faire tester sa drogue au centre, 7 jours sur 7, entre 8 h et 20 h.

Médicaments restitués après test

Après la réception des résultats, certaines personnes font le choix de renoncer à leur drogue, mais elles peuvent aussi la conserver.

Ceux qui la gardent sont encouragés à se munir d’une dose de naloxone. Pensez à la réduction des méfaits comme une ceinture de sécurité. Cela ne veut pas dire que vous n’aurez pas d’accident, mais les conséquences ne seront pas aussi graves, a-t-il donné en exemple.

Le PDG du Centre de santé communautaire du centre-ville, Rob Boyd, a expliqué que sa clinique espère avoir amélioré le contrôle de la qualité maintenant qu’elle obtient de meilleures données.

Avec des informations de Guy Quenneville et de Nick Persaud, de CBC News

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