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L’Ordre des infirmières du Québec « met sur la glace » son projet de bac obligatoire

L’OIIQ renonce également à implanter l’examen américain NCLEX-RN.

Des infirmières marchent dans le corridor d'un hôpital.

Plus de la moitié (53 %) des 81 000 infirmières en service détiennent un baccalauréat en sciences infirmières.

Photo : Getty Images

L'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) change de cap. Alors qu'en mai 2022, il souhaitait que les prochaines générations d'infirmières obtiennent obligatoirement un diplôme universitaire pour pratiquer cette profession, voilà qu'il renonce pour le moment à cette révision des exigences.

L’OIIQ avait déposé en 2022 un dossier de 300 pages à l’Office des professions, dans lequel il affirmait que les seuls diplômes donnant accès au permis de l’OIIQ doivent être de niveau universitaire à l’issue d’un baccalauréat en sciences infirmières ou d’un parcours DEC-bac.

Or, à la suite de la tourmente des deux dernières années, liée aux taux de réussite à ses examens d’admission, la direction de l’OIIQ revoit son approche.

La révision des mécanismes d’accès à la profession est formellement mise sur la glace, a confirmé à Radio-Canada le chef du bureau de la présidence de l'Ordre, Alexandre Banville.

M. Banville explique que l’OIIQcollabore avec ses partenaires institutionnels pour l’amélioration des programmes existants, en particulier en ce qui a trait au DEC.

La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) a salué cette décision.

La FIQ invite l'OIIQ à concentrer désormais ses énergies sur les problèmes fondamentaux de la profession infirmière. Ces problèmes ont été dénoncés par l'OIIQ par le passé. Par exemple, l'employeur déplace les infirmières d'une unité de soins à une autre sans préparation adéquate.

Une citation de Julie Bouchard, présidente de la FIQ

De son côté, la Fédération des cégeps a souligné une rétractation très encourageante, surtout dans le contexte de pénurie de main-d'œuvre que l’on connaît actuellement.

Une chose est sûre : la formation technique en soins infirmiers dispensée au niveau collégial permet de former adéquatement des infirmiers et des infirmières dans 46 cégeps partout au Québec. Nos jeunes peuvent s’inscrire au DEC en toute confiance en sachant qu’ils pourront exercer la profession d’infirmière à laquelle ils aspirent, a indiqué Bernard Tremblay, président-directeur de la Fédération des cégeps, par voie de communiqué.

À la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), on se réjouit aussi de cette décision.

Nous espérons par ailleurs que l’analyse de profession entamée il y a quelques semaines confirmera une fois pour toutes que le DEC en soins infirmiers permet de former des infirmières ayant toutes les compétences requises pour accomplir les tâches qu’on attend d’elles, affirme le vice-président responsable du regroupement cégep à la FNEEQ-CSN, Yves de Repentigny.

Yves de Repentigny, assis.

Yves de Repentigny, vice-président responsable du regroupement cégep à la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN)

Photo : FNEEQ–CSN

Le Québec compte sur un effectif infirmier en service d’environ 81 000 personnes.

La proportion de titulaires d’un baccalauréat en sciences infirmières est de 53 %.

Prochain examen le 26 mars

Radio-Canada a par ailleurs appris que l’OIIQsuspend indéfiniment son projet de recourir à un examen américain NCLEX-RN afin d’évaluer de 5000 à 6000 candidats à la profession chaque année.

Il est recommandé aux candidates et aux candidats à l'exercice de la profession infirmière de ne pas attendre le NCLEX-RN pour s'inscrire à l'examen professionnel, souligne Alexandre Banville, de l’OIIQ.

Le prochain examen est prévu le 26 mars et sera ouvert à tous, peu importe le nombre d'essais.

Dans un geste exceptionnel, l’Office des professions du Québec avait annoncé en novembre dernier son intention de forcer l’OIIQ à revoir les examens d’admission effectués depuis septembre 2022. Il avait du coup mandaté l’ex-protectrice du citoyen Marie Rinfret pour accompagner l’ordre professionnel.

Le plus bas niveau d'effectifs en 10 ans au Québec

Ces décisions surviennent au moment où la pénurie d'infirmières demeure au cœur de l’actualité dans le réseau de la santé.

Dans son dernier rapport annuel sur les effectifs de la profession, l'OIIQ confirmait qu'il n’avait jamais délivré si peu de nouveaux permis d'exercice depuis 2013.

En 2022-2023, l’OIIQ a octroyé 2864 nouveaux permis, contre 3600 en moyenne annuellement depuis 2013-2014. C’est 730 permis de moins que la moyenne des années précédentes.

Ce nombre modeste de permis octroyés en 2022-2023 survient au moment où les besoins n’ont jamais été aussi grands dans le réseau, notamment pour désengorger les urgences et pour mettre en œuvre le plan de rattrapage des opérations chirurgicales.

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