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Le député d’Orford aussi dans l’embarras pour ses méthodes de financement

Gilles Bélanger sur le parquet de l'Assemblée nationale.

Le député caquiste d'Orford, Gilles Bélanger. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Radio-Canada

Comme d'autres élus de la Coalition avenir Québec (CAQ), le député d'Orford, Gilles Bélanger, se retrouve dans l'embarras en raison de messages de sollicitation.

La Presse canadienne a appris mardi que le député d'Orford, Gilles Bélanger, est dans l'embarras, à l'instar de son collègue de René-Lévesque, Yves Montigny, alors que deux enquêtes de la commissaire à l'éthique sont déjà en cours sur les pratiques de financement d'autres membres du caucus caquiste, Sylvain Lévesque et Louis-Charles Thouin.

La Presse canadienne avait révélé lundi que près de la moitié des maires du Québec avaient financé la CAQ depuis 2021, pour un total de près de 100 000 $.

L'opposition y voit un système, mais la CAQ s'est défendue mardi d'avoir érigé un système de collecte de fonds qui monnaie l'accès à ses ministres.

Rappelons que les élus ont le droit comme tout citoyen de contribuer au financement d'un parti, mais qu'il est illégal de verser de l'argent à la caisse d'un parti pour obtenir une contrepartie.

Dans un message obtenu par La Presse canadienne mardi après-midi, M. Bélanger a invité les maires de la MRC de Memphrémagog en novembre dernier à rencontrer la ministre des Transports, Geneviève Guilbault, en échange d'une contribution de 100 $.

M. Gilles Bélanger recevra pour son financement annuel la ministre responsable du Transport et de la Mobilité durable, Geneviève Guilbault, à sa demande je vous fais parvenir cette invitation, il serait honorer (sic) de votre présence, peut-on lire.

Vous aurez l'occasion d'échanger sur les sujets d'actualité comme la connectivité, l'innovation et l'intelligence artificielle, dans une ambiance décontractée.

L'élu municipal de la région qui a transmis le message à La Presse canadienne a exprimé son malaise devant ce genre de sollicitation et a indiqué qu'il n'avait pas participé à l'activité.

En outre, selon une capture d'écran obtenue par Québec solidaire (QS), le député de René-Lévesque, Yves Montigny, a invité un entrepreneur de sa région à rencontrer le ministre de l'Agriculture, André Lamontagne, dans un cocktail en échange d'une contribution de 100 $ à la caisse du parti.

Je sais que nous n'avons pas toujours fait ce que tu voulais, mais c'est une belle occasion pour parler à un ministre, peut-on lire.

Le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon soupçonne la CAQ d'avoir recours à un modus operandi pour recueillir les dons, soit faire miroiter l'accès à un décideur en échange de 100 $.

Est-ce que les Québécois ont raison de s'inquiéter de voir la CAQ monnayer l'accès à ses ministres?, a demandé le député Vincent Marissal, de Québec solidaire (QS), à la période de questions.

La CAQ a mis en place un système de sollicitation basé sur l'accès à ses ministres, s'est-il indigné, provoquant l'irritation des élus du gouvernement.

Ce n'est pas une pratique que je connais, a assuré le leader du gouvernement et ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, en mêlée de presse, tout en refusant de répondre à la question à savoir pourquoi près de la moitié des maires versent des fonds à la caisse caquiste.

M. [François] Legault plaide la coïncidence, je trouve qu'il commence à y avoir beaucoup de coïncidences, a pour sa part lancé avec ironie le chef parlementaire de QS, Gabriel Nadeau-Dubois, en point de presse mardi matin.

Peu après, le Parti québécois (PQ) a fait adopter une motion à l'unanimité, les élus de la CAQ inclus, pour interdire aux ministres de solliciter des contributions politiques aux fournisseurs et bénéficiaires d'aide financière de leur ministère – une recommandation de la commission Charbonneau.

Le PQ a fait savoir qu'un éventuel gouvernement péquiste interdirait à ses ministres de participer à des activités de financement partisanes.

Le financement politique ne devrait pas placer les élus en conflit d'intérêts, a plaidé M. St-Pierre Plamondon en mêlée de presse.

Un député ne devrait pas envoyer de messages aux élus municipaux en disant : "quelle belle occasion de faire avancer ton dossier, quelle belle occasion de rencontrer la ministre que tu n'es jamais arrivé à rencontrer si tu nous offres 100 $ et que tu participes à notre cocktail de financement."

M. Jolin-Barrette a affirmé qu'autant le PQ et le Parti libéral avaient aussi autrefois, quand ils formaient le gouvernement, organisé des activités de financement en invitant des ministres.

Il a rappelé notamment que la députée QS de Sherbrooke, Christine Labrie, avait reçu une contribution de la mairesse de Sherbrooke.

Même la directrice générale de la CAQ, Brigitte Legault, a publié une lettre ouverte mardi pour défendre l'intégrité du parti et ses méthodes de collecte de fonds.

La loi électorale stipule que le donateur à un parti politique doit attester que sa contribution est faite à même ses propres biens, volontairement, sans compensation ni contrepartie, et qu'elle n'a fait ni ne fera l'objet d'un quelconque remboursement.

Avec les informations de La Presse canadienne

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