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L’impact de 100 jours de guerre entre Israël et le Hamas, en chiffres et en cartes

Un panache de fumée au-dessus d'une ville en ruine.

Le centre de la ville de Gaza est ciblé par des frappes aériennes. (Photo d'archives)

Photo : Reuters / AMIR COHEN

Quatorze semaines se sont écoulées depuis l’attaque inédite du Hamas en sol israélien. Depuis, Israël a juré de « détruire » le mouvement palestinien et a annoncé que la guerre allait se poursuivre « tout au long » de 2024. Portrait de la situation, après maintenant 100 jours de conflit.


Un lourd bilan

Le 7 octobre, 685 civils israéliens, 373 membres des forces de l’ordre et 71 ressortissants étrangers ont été tués lors d'une attaque-surprise du Hamas. Environ 240 personnes ont été prises en otages. De ce nombre, 105 ont été relâchées pendant la courte trêve en échange de 240 prisonniers palestiniens.

Depuis le début de l'opération terrestre dans la bande de Gaza, 187 soldats israéliens ont été tués et environ 1100 ont été blessés.

Proche-Orient, l’éternel conflit

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Un panache de fumée s'élève à la suite d'une frappe aérienne israélienne, dans la ville de Gaza, le samedi 7 octobre 2023.

Depuis le début des bombardements israéliens et de l'incursion terrestre le 27 octobre, au moins 23 400 personnes ont été tuées dans la bande de Gaza, soit environ 1 % des 2,27 millions d'habitants de l'enclave palestinienne. Les deux tiers des victimes sont des enfants et des femmes. Plus d’un Gazaoui sur 40 a été blessé.

La situation est aussi tendue en Cisjordanie, où plus de 300 Palestiniens ont été tués par les forces israéliennes.

De plus, en date du 11 janvier 2024, 79 journalistes avaient été tués, 16 avaient été blessés et 3 étaient portés disparus, selon le Comité pour la protection des journalistes. (Nouvelle fenêtre)

Selon Oxfam (Nouvelle fenêtre), en moyenne, 250 Palestiniens sont tués chaque jour, un nombre qui dépasse largement les bilans quotidiens de tout autre conflit majeur des dernières années (en moyenne 96,5 en Syrie, 51,6 au Soudan, 50,8 en Irak, 43,9 en Ukraine, 23,8 en Afghanistan et 15,8 au Yémen).

Des responsables israéliens ont affirmé en entrevue à l’Agence France-Presse et à CNN (Nouvelle fenêtre) que, pour chaque combattant du Hamas tué, deux civils palestiniens avaient été tués.

Le bilan de cette guerre éclipse aussi ceux des conflits qui ont eu cours entre Israël et le Hamas depuis 2008.

La 100e journée de conflit coïncide avec le début des audiences de la Cour internationale de justice (CIJ) sur la demande de l'Afrique du Sud pour faire suspendre immédiatement les actions militaires d’Israël dans la bande de Gaza. Pretoria accuse Israël de manquer à ses obligations en vertu de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948.

L'Afrique du Sud estime qu'Israël s'est livré, se livre et risque de continuer à se livrer à des actes de génocide contre le peuple palestinien à Gaza et que la campagne de bombardements vise la destruction de la vie des Palestiniens et pousse ceux-ci au bord de la famine.

Des propos qu'Israël a qualifiés de diffamation sanglante absurde.


Des dommages étendus

Des images satellitaires compilées par des chercheurs américains montrent qu’en date du 9 janvier 2024 entre 138 000 et 172 000 bâtiments de la bande de Gaza auraient été endommagés ou détruits, ce qui représente entre 48 et 60 % de tous les bâtiments de l’enclave.

Les chercheurs observent des dommages sur environ 68 kilomètres carrés du territoire gazaoui, dont la superficie totale est de 365 kilomètres carrés.

Glissez pour voir l'évolution des dommages

Dans la ville de Gaza, environ les trois quarts des bâtiments seraient endommagés ou détruits. Depuis la trêve, on observe de plus en plus de dommages dans le sud, particulièrement à Khan Younès, où environ la moitié des bâtiments auraient été endommagés ou détruits. Même à Rafah, la ville la moins touchée, par le conflit, on estime qu’environ le quart des bâtiments auraient été endommagés.

L'ampleur des dégâts à Gaza et le rythme et la cadence [des bombardements] ne sont comparables qu'à ce qui s'est passé dans les villes les plus durement touchées en Ukraine, a déclaré à CBC News Corey Scher, de l'École doctorale de l'université de la ville de New York (CUNY), l'un des chercheurs participant à l'analyse des images satellitaires.

Près de 400 écoles auraient été détruites et 70 % de tous les bâtiments scolaires auraient été endommagés. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) affirme que 23 des 36 hôpitaux du territoire ne sont plus en fonction.

Au cours des 20 premiers jours de la guerre, Israël aurait frappé 7000 cibles. Puis, le 12 décembre, l’armée israélienne affirmait (Nouvelle fenêtre) avoir frappé 22 000 cibles. Pour sa part, l’armée américaine soutient qu’Israël aurait largué plus de 29 000 bombes depuis le 7 octobre.

Israël a déclaré le 9 janvier que l’armée commencerait à réduire son offensive aérienne et à retirer ses troupes dans le nord de Gaza. Toutefois, les combats continuent de faire rage et le risque d'embrasement régional est toujours présent.


Près de deux millions de déplacés

Selon l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), 1,9 million de personnes (Nouvelle fenêtre), soit près de 85 % de la population totale de Gaza, ont été déplacées par le conflit. Environ 1,4 million de personnes ont trouvé refuge dans l’une des 154 installations de l'UNRWA.

Depuis le début de l’offensive terrestre, le 27 octobre dernier, Israël a étendu ses opérations au sol du nord de l'enclave à l'ensemble de la bande de Gaza, poussant de plus en plus de Palestiniens vers le sud, à Khan Younès et à Rafah.

On dénombre plus de 12 000 déplacés dans chacun des camps de réfugiés du sud et du centre de la bande de Gaza, soit quatre fois plus que leur capacité en temps normal.

La ville de Rafah, qui comptait 300 000 habitants au début du conflit, a accueilli près d’un million de personnes depuis les 100 derniers jours. Selon l’UNRWA, dans les camps à Rafah, il y a désormais une seule toilette par tranche de 486 personnes.

Quitter la bande de Gaza demeure une tâche presque impossible à accomplir. L'enclave est hautement fortifiée par un mur de béton et une double clôture. Toute personne s'approchant à moins d'un kilomètre de cette barrière risque d’être abattue par l’armée israélienne, qui patrouille le long de la frontière.

Il existe seulement deux points de passage, l’un avec l’Égypte, à Rafah, et l’autre avec Israël, à Beit Hanoun. Celui de Rafah est contrôlé par l'Égypte, qui permet le passage quotidien d'une centaine de camions d'aide humanitaire et la sortie de ressortissants étrangers. Très peu de Palestiniens reçoivent une autorisation pour traverser la frontière.

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