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Une croissance de la population « insoutenable », avertissent des économistes

La forte croissance démographique au Canada risque d'aggraver les problèmes d'abordabilité en 2024, selon des économistes.

Des gens participent à une cérémonie de citoyenneté; certains ont de petits drapeaux canadiens.

Des économistes de grandes banques canadiennes mettent Ottawa en garde contre une trop forte croissance de la population canadienne.

Photo : CBC News / Stephen Lubig

Des économistes en chef de grandes banques canadiennes lancent une mise en garde au gouvernement fédéral : sur le plan économique, la croissance record de la population au moyen de l’immigration est insoutenable, voire injustifiable, et ne pourra pas continuer à ce rythme en 2024.

L’économiste en chef de la Banque Nationale du Canada, Stéfane Marion, est catégorique.

L’économie canadienne a une capacité d’accueillir 300 000 à 500 000 individus par année, dit-il. Passé ce niveau-là, ça crée toutes sortes de pressions : des problèmes d’infrastructures, de places en garderie, dans les écoles, dans le développement immobilier.

Un point de vue partagé par l’économiste en chef de la Banque Scotia, Jean-François Perrault. On n’a pas fait les investissements nécessaires, croit-il, pour pouvoir accueillir tous ces gens sans créer de perte d’abordabilité.

Graphique présentant deux courbes, l'une rouge pour la croissance de la population et l'autre bleue pour les mises en chantier.

Graphique comparant la croissance de la population en âge de travailler avec la progression des mises en chantier.

Photo : Radio-Canada / Banque Nationale

Les deux économistes en chef, réunis pour le déjeuner annuel de l'Economic Club du Canada avec leurs homologues des autres grandes banques canadiennes jeudi matin, soulignent la pression que la croissance de la population met sur le marché immobilier, alors que l’offre est déjà largement insuffisante pour combler les besoins.

Ce n’est pas que l’immigration est mauvaise pour le Canada, précise Stéfane Marion. Au contraire, c’est très bon, mais il y a des niveaux qui ont été surpassés qu’on n’avait jamais connus auparavant. Donc, oui, il y a un problème de perte de contrôle au niveau de la politique d’immigration qu’on doit corriger.

Impact sur le chômage

Une partie de l’augmentation du taux de chômage, ajoute Stéfane Marion, est exacerbée par la croissance fulgurante de la population au Canada. Ça fait en sorte que des gens entrent dans le marché du travail mais auront plus de difficulté à se trouver un emploi.

Malgré la création de presque 500 000 emplois l’an dernier, selon les données de Statistique Canada, le taux de chômage, lui, est passé de 5 % en janvier à 5,8 % en décembre.

Il s'agit d'une situation inusitée aux yeux de Jean-François Perrault. C’est arrivé parce qu’il y a beaucoup plus de travailleurs au Canada maintenant qu’il y en avait il y a un an et ces gens-là ne se sont pas encore tous trouvé un emploi, explique-t-il.

Jean-François Perrault devant une bibliothèque et un panneau publicitaire.

Jean-François Perrault, premier vice-président et économiste en chef à la Banque Scotia.

Photo : Radio-Canada

La Banque Nationale prévoit que le taux de chômage pourrait monter à 7 % en 2024. Les prévisions de Jean-François Perrault, de la Banque Scotia, sont un peu plus optimistes avec un taux de chômage prévu de 6,7 % cette année.

Forcément, l’économie ralentit : on s’attend à ce que les employeurs mettent un peu des gens à la porte, c’est typique, mais c’est davantage influencé par le fait que la population active augmente.

Vieillissement de la population

Desjardins soulignait récemment dans une analyse (Nouvelle fenêtre) que les répercussions de la forte croissance démographique sont partagées. L’économiste principal Marc Desormeaux écrivait que cette croissance de la population risquait de stimuler la consommation et de potentiellement raviver l’inflation.

Par contre, en comblant en partie la pénurie de main-d'œuvre causée par le vieillissement de la population, une explosion démographique peut aussi aider à augmenter l’offre de travailleurs disponibles et à réduire une possible inflation par augmentation salariale, ajoutait-il dans son analyse.

Le visage d'un homme.

Stéfane Marion, économiste et stratège en chef à la Banque Nationale

Photo : Banque Nationale

Stéfane Marion, de la Banque Nationale du Canada, soutient que le remplacement des travailleurs qui prennent leur retraite ne peut pas justifier les niveaux d’immigration observés en 2023.

Il y a 200 000 travailleurs qui prennent leur retraite tous les ans au Canada, puis on parle d’une politique de croissance de la population présentement de 1,2 million. Donc, clairement, on est bien au-delà des chiffres de vieillissement de la population.

Au troisième trimestre, la croissance démographique au Canada a une fois de plus fracassé un record. Avec l’ajout de 430 635 personnes, dont 96 % sont attribuables à l’immigration, la population canadienne est désormais estimée à 40 528 396 habitants.

Le rythme de croissance de la population canadienne est plus de cinq fois plus élevé que le rythme moyen de croissance démographique des pays de l’OCDE.

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