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Des dizaines de traitements contre le cancer annulés chaque jour de grève au Québec

Une médecin à l'extérieur.

La Dre Laura Masucci, présidente de l’Association des radio-oncologues du Québec

Photo : Ivanoh Demers

Depuis le début des moyens de pression dans le contexte des négociations du secteur public, il a beaucoup été question des opérations chirurgicales et des examens reportés par centaines chaque jour de grève. Or, selon les informations obtenues par Radio-Canada, les traitements de plusieurs patients atteints d’un cancer sont également annulés ou reportés.

Dans la grande région de Montréal, pour la grève qui est présentement en cours, on parle de 20 à 25 traitements par jour qui sont annulés, constate la présidente de l’Association des radio-oncologues du Québec, la Dre Laura Masucci. Selon elle, le début du traitement de presque autant de patients est reporté.

Des manifestants avec des pancartes devant un hôpital.

Des employés de l'État manifestent pour l'amélioration de leurs conditions de travail devant le CHUM à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Les professionnels de la santé en grève doivent assurer des services essentiels, mais certains traitements de curiethérapie pour traiter le cancer de la prostate, par exemple, nécessitent la présence simultanée d'une équipe multidisciplinaire qui inclut des inhalothérapeutes, des anesthésistes ainsi que des infirmières, explique la Dre Masucci.

Ces absences à tour de rôle s’ajoutent à la pénurie actuelle de technologues.

En ce moment, on n'arrive plus à pallier, l'équilibre est trop précaire [...]. Les listes d'attente vont augmenter, c'est inévitable.

Une citation de La Dre Laura Masucci, présidente de l’Association des radio-oncologues du Québec

Au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), la porte-parole Andrée-Anne Toussaint précise que pour les traitements effectués au Centre intégré de cancérologie, un maximum de 10 patients par jour de grève ont vu leur rendez-vous reporté à l'intérieur d'un délai d'une semaine.

En temps normal, la plupart des 3800 patients annuels en radio-oncologie au CHUM commencent leur traitement à l’intérieur de quatre semaines.

Le Centre universitaire de santé McGill, à Montréal.

Le Centre universitaire de santé McGill (CUSM), à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Gauvin Blanchet

Son de cloche similaire au Centre universitaire de santé McGill (CUSM), dans l'ouest de Montréal, où des traitements et des examens en oncologie ont été déplacés à une date ultérieure, et ce, dans une fenêtre de sept jours, explique par courriel la porte-parole Bianca Ledoux-Cancilla. Quatre chirurgies oncologiques ont été annulées à l'Hôpital général de Montréal.

Il devient plus difficile de programmer les opérations hors délai et les interventions chirurgicales liées au cancer au fur et à mesure que le nombre de jours de grève augmente.

Une citation de Bianca Ledoux-Cancilla, porte-parole du CUSM

L’an dernier, le CUSM a traité 3300 patients en radio-oncologie.

À l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, dans l’est de Montréal, des répercussions se font également sentir.

Nous avons cette semaine 15 traitements de radio-oncologie qui ont été reportés sur 60 mais qui demeurent dans les délais médicalement prescrits, indique un porte-parole du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal. Nous avons également 20 traitements de chimiothérapie qui ont été reportés, ce qui représente 25 % du volume.

L’an dernier, l’établissement a traité 2800 patients en radio-oncologie.

Entrevue avec le Dr Denis Soulières, hématologue et oncologue médical au Centre hospitalier de l’Université de Montréal.

Conséquences humaines

À ce jour, les cancers les plus virulents sont traités en priorité.

Ceux pour lesquels il y a un retard de traitement, ce sont les patients qu'on considère moins à risque, mais moins à risque, c'est une relativité en cancérologie, car tous les patients sont à risque, explique la présidente de l’Association des radio-oncologues du Québec.

Comme le souligne la Dre Masucci, derrière chaque chiffre, il y a un patient, il y a une famille.

Retards en chirurgie oncologique

Selon le plan stratégique du ministère de la Santé publié récemment, le réseau souhaite revenir à la situation prépandémique avec 65 % des patients qui subissent une opération chirurgicale oncologique dans un délai inférieur ou égal à 28 jours.

À ce jour, en 2023-2024, à peine 45 % des 7200 patients ont été opérés dans les 28 jours, selon les données du ministère.

Le nombre de nouveaux cas de cancer devrait approcher les 68 000 cette année, que ce soit pour des atteintes aux poumons, aux seins, à la prostate ou à la zone colorectale.

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