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Aucun otage ne s’en sortira à Gaza s’il n’y a pas de négociations, menace le Hamas

Un homme pleure, penché sur un corps partiellement recouvert d'un drap, alors qu'une autre personne dépose sur son dos une main consolatrice.

Les dépouilles de Palestiniens qui ont perdu la vie dans les raids menés par Israël à Gaza sont rassemblées à Khan Younès.

Photo : Getty Images / Ahmad Hasaballah

Agence France-Presse

La bande de Gaza assiégée est le théâtre lundi de raids aériens israéliens meurtriers et d'intenses combats après des menaces du mouvement islamiste palestinien Hamas de ne pas libérer « vivants » sans négociations les otages qu'il détient.

De nouvelles frappes, selon des témoins, ont visé les villes de Khan Younès et de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, où sont massés des centaines de milliers de civils après avoir fui les combats dans le nord.

Le ministère de la Santé du Hamas a fait état de dizaines de morts à travers le territoire palestinien, notamment à Khan Younès et à Rafah, dans la ville de Gaza et le camp de réfugiés voisin de Jabalia, dans le nord, ainsi que dans les camps de Nuseirat et de Maghazi (centre).

L'armée a fait état lundi de tirs de roquettes depuis Gaza vers Israël, qui ont provoqué des dégâts et fait un blessé léger à Holon, dans la banlieue de Tel-Aviv, selon la police.

Je dis aux terroristes du Hamas : c'est la fin, avait lancé dimanche le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, aux combattants du Hamas en les appelant à déposer les armes, affirmant que beaucoup d'entre eux s'étaient rendus ces derniers jours.

Proche-Orient, l’éternel conflit

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Un panache de fumée s'élève à la suite d'une frappe aérienne israélienne, dans la ville de Gaza, le samedi 7 octobre 2023.

La guerre a été déclenchée le 7 octobre après une attaque d'une ampleur sans précédent lancée par des commandos du Hamas infiltrés en Israël depuis Gaza, durant laquelle 1200 personnes, en majorité des civils, ont été tuées, selon les autorités israéliennes.

Des blindés en déplacement dans une zone enfumée avec des hommes postés à côté.

Des blindés israéliens se déplacent dans le sud de l'État hébreu, non loin de la frontière avec la bande de Gaza.

Photo : Getty Images / MENAHEM KAHANA(AFP)

En riposte, Israël a promis de détruire le Hamas, au pouvoir depuis 2007 dans la bande de Gaza, considéré comme une organisation terroriste par les États-Unis, l'Union européenne et Israël notamment. En parallèle à sa campagne de frappes aériennes dévastatrices, l'armée mène depuis le 27 octobre une offensive terrestre contre le Hamas, concentrée dans un premier temps dans le nord de Gaza puis étendue à l'ensemble du territoire.

L'armée a annoncé lundi que 101 soldats étaient morts depuis le début de l'offensive terrestre.

Une trêve de sept jours, du 24 novembre au 1er décembre, a permis de libérer 105 otages aux mains du Hamas et de groupes affiliés depuis le 7 octobre, dont 80 ont été échangés contre 240 prisonniers palestiniens détenus par Israël.

Le Hamas a prévenu dimanche qu'aucun des 137 otages encore détenus à Gaza n'en sortirait vivant sans un échange et une négociation, et sans répondre aux exigences de la résistance.

Selon le ministère de la Santé du Hamas, plus de 18 200 personnes sont mortes dans le territoire palestinien, en grande majorité des femmes et des moins de 18 ans, tués par les bombardements israéliens déclenchés le 7 octobre par l'attaque sanglante du mouvement islamiste contre Israël.

Dans le sud, des centaines de milliers de civils sont désormais acculés dans un périmètre exigu près de la frontière fermée avec l'Égypte, une partie d'entre eux contraints de se déplacer plusieurs fois à mesure que les combats s'étendent.

Selon l'ONU, plus de la moitié des habitations ont été détruites ou endommagées par la guerre dans la bande de Gaza, où 1,9 million de personnes ont été déplacées, soit 85 % de la population.

L'armée israélienne a demandé aux civils de se rendre dans des zones sûres pour échapper aux combats.

Une déclaration unilatérale d'une puissance occupante selon laquelle des terres sans infrastructures, nourriture, eau, soins de santé [...] sont des "zones sûres" ne signifie pas qu'elles le soient, a déclaré la coordonnatrice des opérations humanitaires de l'ONU pour les territoires palestiniens, Lynn Hastings, dont le visa n'a pas été renouvelé par Israël.

Grève en Cisjordanie et à Jérusalem-Est en solidarité avec Gaza

Magasins, écoles et bâtiments gouvernementaux étaient fermés lundi en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est, le secteur palestinien de la ville occupé et annexé par Israël, pour protester contre les raids meurtriers de l'armée israélienne dans la bande de Gaza.

À l'appel de syndicats, de nombreux Palestiniens se sont mis en grève et ont participé à des rassemblements dans plusieurs villes de Cisjordanie.

La grève d'aujourd'hui n'est pas seulement en solidarité avec Gaza, mais aussi contre les États-Unis qui ont utilisé leur veto au Conseil de sécurité contre une trêve, a déclaré Issam Abou Baker, membre du Fatah, le parti du président Mahmoud Abbas, au pouvoir au sein de l'Autorité palestinienne.

À Ramallah, siège de l'Autorité palestinienne, des manifestants ont déployé une imposante banderole avec une liste de noms de victimes à Gaza. De nombreuses familles participaient à l'événement.

Tout ce que nous pouvons faire, c'est participer [à la manifestation]. Nous ne pouvons rien faire d'autre, a confié un manifestant à l'AFP.

Des grèves ont également été observées à Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie, et à Hébron (sud), ont constaté des photographes de l'AFP.

À Jérusalem-Est, où vivent quelque 300 000 Palestiniens, de nombreux magasins sont restés portes closes, selon un journaliste de l'AFP.

Au Liban, administrations, banques et écoles ont aussi fermé leurs portes en solidarité avec Gaza et le sud du pays frontalier avec Israël, théâtre d'échanges de tirs de plus en plus nourris, principalement entre l'armée israélienne et le puissant mouvement libanais Hezbollah, allié du Hamas.

L'appel à la grève a aussi été suivi dans le quartier d'Esenyurt, dans l'ouest d'Istanbul, où de nombreuses entreprises appartiennent à des Palestiniens.

Des images de rues désertes et de drapeaux palestiniens accrochés sur les devantures de boutiques aux rideaux fermés ont été partagées sur les réseaux sociaux.

Il n'y a pas d'endroit sûr

Des milliers de Gazaouis fuient comme ils le peuvent : en voiture ou en camion, parfois en charrette ou à pied.

Rafah, à la frontière égyptienne, s'est transformée en gigantesque camp de déplacés où des centaines de tentes ont été montées à la hâte avec des bouts de bois, des bâches en plastique et des draps.

Oum Mohammed al-Jabri, une femme de 56 ans hébergée chez son frère à Rafah, a perdu sept enfants dans une frappe sur leur maison en pleine nuit.

Tout est parti. Il me reste 4 enfants sur 11. Nous sommes allés de Gaza jusqu'à Khan Younès puis nous avons été déplacés jusqu'à Rafah. Cette nuit, ils ont bombardé la maison et l'ont détruite. Ils avaient dit que Rafah serait un endroit sûr. Il n'y a pas d'endroit sûr, a-t-elle témoigné à l'AFP.

Selon Abu Tareq Sobh, le propriétaire âgé de 55 ans, la maison a été atteinte par deux missiles à deux heures du matin. Le bombardement a fait dix morts et des dizaines de blessés, selon le ministère de la Santé du Hamas.

D'après le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), des dizaines de milliers de déplacés arrivés à Rafah depuis le 3 décembre font face à des conditions désastreuses, dans des lieux surpeuplés, à la fois à l'intérieur et à l'extérieur des abris.

Des foules attendent pendant des heures autour des centres de distribution d'aide, les gens ont désespérément besoin de nourriture, d'eau, d'un abri, de soins et de protection, tandis que l'absence de latrines ajoute aux risques de propagation de maladies, a ajouté l'OCHA.

Depuis le 9 octobre, Israël a imposé un siège total à la bande de Gaza. Les arrivées depuis l'Égypte de vivres, de médicaments et de carburant restent très insuffisantes, selon l'ONU, et ne parviennent pas à être acheminées au-delà de Rafah.

Le récit de Carla Oliveira

Destruction et dévastation dans le nord de Gaza

Dans le nord, des milliers de déplacés ont aussi installé des tentes autour des locaux de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) dans le secteur d'Al-Rimal, à l'ouest de la ville de Gaza, fuyant les bombardements incessants, selon un correspondant de l'AFP.

Les déchets s'amoncellent dans ce camp de fortune. Aux alentours, des dizaines de maisons et de magasins sont détruits, y compris les bâtiments de l'Université islamique et ceux de l'Université Al-Azhar voisine.

Nous avons fui samedi et installé une tente. Il n'y a pas d'eau. Il n'y a pas d'électricité, pas de pain, pas de lait ni de couches pour les enfants. C'est une calamité, raconte à l'AFP Rami Al-Dahdouh, un tailleur de 23 ans à présent sans emploi, venu du quartier de Tel al-Hawa.

Après l'échec vendredi du Conseil de sécurité de l'ONU à voter un cessez-le-feu humanitaire immédiat en raison du veto de Washington à la résolution, l'Assemblée générale doit se réunir mardi pour discuter de la situation à Gaza.

Le projet de texte vu par l'AFP dimanche reprend en grande partie la résolution rejetée vendredi. Faisant état de la situation humanitaire catastrophique dans la bande de Gaza, le texte exige un cessez-le-feu humanitaire immédiat et la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages.

Israël mettra en place deux nouveaux points de contrôle des camions d'aide

L'armée israélienne a annoncé lundi soir la mise en place de deux points de contrôle supplémentaires pour l'inspection de l'aide humanitaire internationale avant son entrée dans le territoire palestinien par Rafah.

Ce point de passage, en Égypte, est le seul que peuvent utiliser les organisations internationales afin d'acheminer de l'aide à destination de la population de Gaza.

Israël a souligné lundi qu'aucun nouvel accès ne serait ouvert, mais que les points de passage de Nitzana et de Kerem Shalom seraient utilisés pour effectuer des contrôles avant de faire passer les camions par Rafah.

Cette mesure permettra de doubler la quantité d'aide humanitaire pénétrant dans la bande de Gaza, a déclaré l'armée israélienne sur le site X (ex-Twitter).

L'agence humanitaire des Nations unies OCHA a déclaré dimanche qu'une centaine de camions pénétraient chaque jour dans Gaza depuis la fin d'une trêve d'une semaine le 1er décembre, alors que la moyenne quotidienne était de 500 camions avant la guerre.

Washington préoccupé par l'utilisation présumée par Israël de phosphore blanc américain

Le gouvernement américain s'est dit préoccupé, lundi, après la publication d'un article du Washington Post qui affirme, analyse de fragments à l'appui, qu'Israël a utilisé des munitions au phosphore blanc de fabrication américaine lors de frappes sur le sud du Liban en octobre.

Nous sommes au courant de cet article et nous sommes bien sûr préoccupés. Nous allons poser des questions pour essayer d'en savoir un peu plus, a déclaré John Kirby, porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche.

Les bombes au phosphore sont des armes incendiaires dont l'usage est interdit contre des civils, mais pas contre des cibles militaires, selon une Convention signée en 1980 à Genève.

Lorsque nous fournissons des matériaux tels que du phosphore blanc à une autre armée, c'est pour qu'il soit utilisé de cette manière légitime et en accord avec le droit des conflits armés, a ajouté M. Kirby.

Le Liban accuse Israël depuis plusieurs semaines d'avoir utilisé du phosphore blanc lors de frappes contre le Hezbollah, dans le sud du pays, qui ont provoqué de vastes incendies.

L'ONG Amnistie internationale a affirmé de son côté disposer de preuves de l'utilisation illégale par Israël du phosphore blanc entre le 10 et le 16 octobre et a réclamé une enquête pour crime de guerre.

Mi-octobre, Human Rights Watch avait également accusé Israël d'utiliser du phosphore blanc à Gaza et au Liban. Nous nions ces allégations, avait réagi dans la foulée un porte-parole de l'armée israélienne.

Des tensions dans la région

La guerre a aussi accru les tensions dans la région, notamment à la frontière nord d'Israël avec le sud du Liban, où le mouvement chiite Hezbollah, allié du Hamas, est très implanté. L'armée israélienne a signalé lundi de nouveaux tirs de roquettes depuis le Liban, provoquant une riposte à l'artillerie.

En Syrie, l'aviation israélienne a mené au cours de la nuit des frappes dans la banlieue de Damas, qui ont visé des sites du Hezbollah et fait quatre morts, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

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