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Négociations du secteur public : le Front commun dénonce l’inaction de Québec

Un drapeau du mouvement syndical est planté près d'une route.

Le Front commun mène actuellement sa troisième séquence de grève.

Photo : Radio-Canada / Patrick Bergeron

Radio-Canada

À quelques jours des Fêtes, des représentants du Front commun (CSN-FTQ-CSQ-APTS) déplorent l'absence du gouvernement en fin de semaine aux tables de négociation sectorielles.

Ils ont refusé de négocier en fin de semaine. C'est quoi, le problème? a lancé Sylvie Nelson, présidente du Syndicat québécois des employées et employés de services (SQEES-FTQ), à l'intention de la partie patronale.

Un avis partagé par Maxime Ste-Marie, président du Conseil provincial des affaires sociales, qui dit ne sentir aucun sentiment d'urgence au niveau patronal de négocier aux tables sectorielles.

Cette relative inertie aux sept tables sectorielles est aussi la principale chose qui frappe l'ex-syndicaliste Marc Ranger.

On est le 10 décembre et le Front commun a fait savoir que le 19, ils convoquaient toutes leurs instances. Voir qu'il n'y a pas de rencontres aux tables sectorielles, moi aussi, ça me sidère.

Une citation de Marc Ranger, ancien directeur québécois du SCFP

Grèves dans le secteur public au Québec

Consulter le dossier complet

Des manifestants sont massés devant l'Assemblée nationale et brandissent pancartes et banderoles.

En entrevue à ICI RDI, il a comparé les négociations syndicales à une forme de chorégraphie où il faut faire atterrir en même temps les négociations à la table centrale (salaires, retraites, assurances collectives) et les négociations aux tables sectorielles (conditions de travail).

Un homme à l'extérieur.

Marc Ranger.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Aux tables sectorielles, les représentants de l'intersyndicale en santé et en services sociaux du Front commun en ont contre la volonté gouvernementale de pouvoir déplacer le personnel à travers plusieurs services ou sites et à imposer des horaires avec plusieurs quarts de travail.

Ils dénoncent aussi le fait que le gouvernement, en pleine négociation, a mis fin au temps supplémentaire à taux double pour l’ensemble du personnel, ce qui était pourtant une mesure importante de rétention du personnel.

De telles mesures incitatives sont désormais temporaires et réservées à certains emplois.

Les travailleuses et travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux font la "split" depuis trop longtemps. Si on leur demande plus de flexibilité, ce que ça va provoquer, c'est que l'élastique va finir par péter.

Une citation de Réjean Leclerc, président de la Fédération de la santé et des services sociaux

Réjean Leclerc critique les demandes répétées de François Legault pour obtenir davantage de flexibilité de la part des syndiqués, y voyant une manœuvre pour donner « plus de contrôle » au patronat.

Mercredi, le gouvernement Legault a bonifié son offre salariale à +12,7 % pour la période 2023-2028 (contre +10,3 % dans son offre du 29 octobre).

Le gouvernement Legault estime que l'offre globale, qui inclut notamment les hausses sectorielles (+2,5 %) et le montant forfaitaire de 1000 $, représente maintenant une hausse de 16,7 % de la masse salariale.

Québec réitère son intérêt pour des offres différenciées

Dans une déclaration transmise par courriel, le cabinet de la présidente du Conseil du trésor rejette les affirmations selon lesquelles ses représentants n'ont pas voulu négocier au cours de la fin de semaine : Nos équipes sont disponibles [en tout temps] pour arriver à des ententes négociées et des rencontres ont eu lieu toute la fin de semaine avec les syndicats.

Par ailleurs, le Conseil du trésor indique qu'il tient aux offres différenciées, c'est-à-dire la capacité de moduler les offres salariales en fonction des postes occupés.

Nous réitérons que la souplesse est un incontournable pour le gouvernement, notamment en ce qui concerne la gestion des horaires et les déplacements sur une base volontaire, ajoute-t-on.

Menace de grève générale illimitée

Toutefois, les syndicats ne prennent pas en compte ces dernières sommes dans leurs calculs puisqu’elles ne sont pas récurrentes ou alors parce qu’elles sont généralement offertes dans le cadre de mesures de flexibilité (comme l'acceptation de quarts de nuit ou la fin de semaine).

Ils demandent une bonification de plus de 20 % sur trois ans afin de répondre à l'inflation et de faire une forme de rattrapage salarial par rapport à d'autres secteurs plus avantageux.

Désormais, le déclenchement d'une grève générale illimitée après les Fêtes n'est pas écarté.

Par ailleurs, le gouvernement caquiste a adopté samedi sa mégaréforme du système de santé.

Au-delà des réserves quant à l'utilisation du bâillon, des syndicats sont d'avis que cette énième réforme ne permettra pas de régler les problèmes les plus pressants du réseau de la santé, notamment la pénurie de personnel et les mauvaises conditions de travail du personnel.

Le SPGQ s'invite dans la grève

Outre le Front commun, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) sera elle aussi en grève du 11 au 14 décembre. La FIQ a indiqué dimanche qu'ellle a déposé une contre-offre vendredi.

Ces organisations seront rejointes par le personnel professionnel des 10 cégeps représentés par le SPGQ qui seront en grève du 13 au 15 décembre.

Rappelons que les enseignants de la FAE sont en grève illimitée depuis le 23 novembre.

Avec les informations de Gabrielle Proulx

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