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Intenses bombardements sur le sud de Gaza, craintes pour les civils

Des pompiers palestiniens s'efforcent d'éteindre un incendie dans les décombres d'un immeuble à logement à Khan Younis.

Des pompiers palestiniens s'efforcent d'éteindre un incendie dans les décombres d'une maison après une frappe israélienne, à Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 9 décembre 2023.

Photo : Reuters / IBRAHEEM ABU MUSTAFA

Agence France-Presse

L'armée israélienne resserre son emprise sur le sud de la bande de Gaza, où des centaines de milliers de personnes tentent désespérément de se protéger des combats acharnés contre le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Tôt dimanche, l'aviation israélienne menait des raids aériens très violents près de Khan Younès, et sur la route entre cette ville et celle de Rafah, près de la frontière avec l'Égypte, a indiqué l'administration du Hamas. Un journaliste de l'AFP a pu constater les frappes dans le sud de Gaza.

L'armée israélienne a dit avoir intensifié ses opérations dans ces secteurs du sud de la bande de Gaza. Nous devons accentuer la pression, a lancé son chef d'état-major de l'armée Herzi Halevi, faisant état d'un nombre croissant de combattants du Hamas tués.

Au tout début de son offensive terrestre, l'armée israélienne avait demandé à la population du nord de la bande de Gaza de se rendre au sud.

Mais avec l'intensification des combats dans le sud, et après un véto américain à l'ONU sur une résolution proposant un cessez-le-feu, les craintes vont croissant pour les civils dans la bande de Gaza et notamment dans le sud.

Des soldats israéliens dans la bande de Gaza.

Les forces armées israéliennes ont publié de nouvelles images de ses forces au combat, sur le terrain, samedi.

Photo : Reuters / Forces armées israéliennes

Proche-Orient, l’éternel conflit

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Un panache de fumée s'élève à la suite d'une frappe aérienne israélienne, dans la ville de Gaza, le samedi 7 octobre 2023.

Des enfants déplacés de force

Une grande partie des 1,9 million de Gazaouis qui ont fui les combats et les bombes se retrouvent acculés à Rafah, transformé en vaste camp de réfugiés.

Des maladies se propagent en raison de la surpopulation et des mauvaises conditions sanitaires au sein des abris de l'agence de l'ONU vouée aux réfugiés palestiniens (UNRWA) dans le sud du territoire.

Près d'un million d'enfants ont été déplacés de force et sont poussés de plus en plus vers le sud, dans des zones minuscules, surpeuplées, sans eau, sans nourriture et sans protection, a déclaré la directrice de l'Unicef pour le Moyen-Orient, Adele Khodr.

Les restrictions liées à l'acheminement d'une aide vitale à travers la bande de Gaza sont une peine de mort supplémentaire pour les enfants.

Une citation de Adele Khodr, directrice de l'Unicef pour le Moyen-Orient

Selon le ministère de la Santé du Hamas, le bilan des victimes dépasse 17 700 morts dans l'étroite bande de terre, pour la plupart des femmes et des enfants, depuis le début de l'offensive israélienne à Gaza qui vise à anéantir ce mouvement classé organisation terroriste par les États-Unis et l'Union européenne.

Israël a lancé cette opération après l'attaque inédite perpétrée le 7 octobre par des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza sur le territoire israélien, au cours de laquelle 1200 personnes, en majorité des civils, ont été tuées, selon les autorités. Environ 240 personnes avaient été prises en otage et emmenées à Gaza, où 137 sont toujours retenues, selon l'armée.

Fin novembre, 105 otages, dont 80 Israéliens, ont été relâchés dans le cadre d'un accord de trêve de sept jours, en échange de 240 prisonniers palestiniens détenus en Israël.

Des enfants palestiniens remplissent des récipients d'eau dans la bande de Gaza.

Des enfants palestiniens remplissent des récipients d'eau au milieu de bâtiments détruits par des bombardements israéliens dans le centre de la bande de Gaza, le 14 novembre 2023.

Photo : Getty Images / MOHAMMED ABED

Samedi soir, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Tel-Aviv pour appeler le gouvernement à négocier la libération des autres otages dont les familles sont toujours rongées par l'angoisse.

Je préfère voir mes enfants libérés par des négociations, pas des actions militaires, car j'ai peur qu'ils soient tués par l'armée, a confié à l'AFP Yechi Yehud, père d'Arbel et de Dolev, une sœur et son frère.

Chaque jour, leur vie est en danger, que ce soit à cause du Hamas ou des activités des Forces de défense d'Israël dans la bande de Gaza. Les tentatives de sauvetage ne les sauveront pas, a déclaré Naama Weinberg, cousine d'Itay Svirsky, otage à Gaza.

Mia Schem, une Israélienne kidnappée lors du festival de musique Nova, puis libérée dans le cadre de la trêve fin novembre, a publié sur Instagram une photo montrant un nouveau tatouage à l'avant-bras : We will dance again 71023 (Nous danserons à nouveau, 7 octobre 2023).

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Sur les réseaux sociaux arabes, la vidéo d'un soldat israélien brisant des objets dans un petit commerce de Gaza tournait en boucle. Interrogée par l'AFP, l'armée israélienne a qualifié d'inapproprié ce comportement, qui fait l'objet d'un examen.

Après un peu plus de deux mois de guerre, des quartiers entiers de Gaza sont désormais des champs de ruines et plus de la moitié des habitations ont été détruites ou endommagées, selon l'ONU.

Des milliers de personnes ont trouvé abri à l'hôpital Al-Shifa, hors service après avoir été évacué par l'armée israélienne il y a une quinzaine de jours, selon un journaliste de l'AFP. Des déplacés ont installé des centaines de tentes de fortune faites de tissu recouvert de plastique ou de nylon dans les jardins et les cours intérieures.

Nous nous sommes réfugiés à l'hôpital Al-Shifa. [...] Nous ne savons pas s'ils prendront d'assaut l'hôpital de nouveau. Qu'importe où nous allons, la mort nous suit, a raconté à l'AFP Suheil Abou Dalfa, 56 ans, dont la maison a été touchée par un obus et le fils de 20 ans a été blessé.

Une partie des édifices de l'hôpital et un grand campement à l'extérieur.

Vue aérienne du complexe hospitalier Al-Shifa, dans la bande de Gaza, avec des campements de déplacés, le 7 novembre, avant l'incursion de l'armée israélienne dans l'hôpital.

Photo : Getty Images / AFP / BASHAR TALEB

Soutien ferme de la part des États-Unis

Le gouvernement américain a approuvé d'urgence, sans passer par le Congrès, la vente à Israël de près de 14 000 obus de 120 mm équipant les chars de combat Merkava engagés dans l'offensive contre le Hamas à Gaza.

Les tensions hors de Gaza font toujours planer le spectre d'un élargissement du conflit.

L'Iran, soutien clé du Hamas, a mis en garde contre la possibilité d'une explosion incontrôlable au Moyen-Orient, tandis que les rebelles houthis du Yémen, soutenus par Téhéran, ont menacé d'attaquer tout navire dans la mer Rouge se dirigeant vers Israël si la population de la bande de Gaza ne recevait pas l'aide dont elle a besoin.

À la frontière nord d'Israël, les échanges de tirs se sont multipliés entre l'armée israélienne et le mouvement libanais Hezbollah, allié du Hamas soutenu par l'Iran, depuis le début de la guerre.

Une position de maintien de la paix de l'ONU dans le sud du Liban a été touchée samedi sans faire de victimes, a déclaré la force des Nations unies, ajoutant qu'elle vérifiait l'origine des tirs.

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