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Frais de scolarité hors Québec : les universités anglophones font une offre à Legault

La porte d'entrée d'un bâtiment universitaire et un étudiant qui en sort.

La devanture d'un bâtiment de l'Université McGill en octobre 2023 à Montréal. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

La Presse canadienne

Les universités anglophones du Québec ont fait une proposition qualifiée de « bonifiée » au gouvernement Legault en ce qui concerne les hausses de frais de scolarité pour les nouveaux étudiants originaires de l'étranger et des autres provinces canadiennes.

Le gouvernement provincial a annoncé le 13 octobre que les étudiants canadiens qui entameront leurs études à l'automne 2024 paieront l'équivalent de ce que leur formation coûte au gouvernement, soit 17 000 $ par année, au lieu de 9000 $ à l'heure actuelle. Les étudiants étrangers devraient quant à eux débourser 20 000 $ en frais de scolarité.

Samedi matin, les universités Bishop's, Concordia et McGill ont présenté au gouvernement caquiste une nouvelle offre qui propose des augmentations de frais de scolarité pour les étudiants canadiens originaires de l'extérieur du Québec en fonction des différents domaines d'études.

Concrètement, cette proposition suggère que les étudiants en arts, en sciences, en éducation, en sciences infirmières, en psychologie et en agriculture – qui représentent 79 % des étudiants originaires de l'extérieur du Québec dans ces établissements – paient 9000 $ de droits de scolarité.

Lors d'une conférence de presse samedi matin, Fabrice Labeau, premier vice-principal adjoint à l'Université McGill, a indiqué que les frais pour ces programmes dans les autres provinces s'élèvent à environ 6000 $ par année.

Dans la proposition des universités anglophones, les étudiants en génie, en informatique eten administration devraient payer 14 000 $. Ce groupe représente 16 % des étudiants canadiens originaires de l'extérieur du Québec dans les universités concernées. À titre comparatif, les étudiants des universités de Toronto et de la Colombie-Britannique doivent payer respectivement 14 500 $ et près de 8000 $.

Le plus haut palier, qui vise les étudiants en médecine, en médecine dentaire, en droit et en pharmacie, s'élèverait à 20 000 $, soit bien en dessous des frais des autres provinces, a reconnu M. Labeau, qui a toutefois souligné qu'ils ne représentent que 5 % de leur clientèle canadienne originaire de l'extérieur du Québec.

Lors de l'annonce du gouvernement, en octobre, la ministre de l'Enseignement supérieur Pascale Déry avait précisé qu'il s'agissait d'un tarif plancher, les universités conservant le droit de facturer des montants discrétionnaires.

Toutefois, selon les universités McGill, Concordia et Bishop's, il est presque impossible d'attirer des étudiants originaires de l'extérieur Québec si les frais annuels s'élèvent à 17 000 $.

Ils affirment que les frais de scolarité moyens sont déjà plus élevés au Québec qu'ailleurs au pays, à 9000 $ contre 7500 $. Ils soulignent par ailleurs que les droits de scolarité sont les mêmes pour toutes les disciplines au Québec, contrairement au reste du Canada.

La différence entre les frais [facturés] au Québec et dans les autres provinces devient telle qu'il est quasiment impossible d'imaginer que des étudiants viendraient encore au Québec s'ils viennent d'autres provinces.

Une citation de Fabrice Labeau, premier vice-principal adjoint à l'Université McGill

Chute du nombre d'inscriptions

Les universités anglophones affirment que l'annonce du gouvernement provincial sur les augmentations potentielles a déjà des répercussions sur le nombre de demandes d'admission des étudiants canadiens originaires de l'extérieur du Québec. L'Université McGill a fait savoir que le nombre de ces demandes a chuté de 20 % comparativement au même moment l'an dernier. À l'Université Concordia, cette diminution est de l'ordre de 16 %.

M. Labeau a indiqué que l'Université McGill reçoit le son de cloche des parents d'étudiants qui se désistent. Cette incertitude, cette possibilité de devoir payer jusqu'à trois fois plus que ce qu'ils devraient payer s'ils [allaient] à l'Université de Toronto [...], il n'y a aucun doute sur la provenance de [cette baisse du nombre d'inscriptions], a-t-il souligné.

Par ailleurs, l'agence de cotation Moody's, qui évalue notamment la capacité financière des universités, a publié un communiqué de presse cette semaine dans lequel elle indique que les universités McGill et Concordia sont à risque de voir leur cote de crédit se dégrader. Cela affecte inévitablement les coûts de financement pour nos universités, a affirmé samedi Deep Saini, principal et vice-chancelier de l'Université McGill.

L'heure est grave pour McGill, Concordia et Bishop's et c'est également grave pour les autres universités du Québec. La hausse des droits de scolarité pour les étudiants canadiens non résidents du Québec annoncée par la ministre Déry aura des effets catastrophiques pour McGill et pour le Québec.

Une citation de Deep Saini, principal et vice-chancelier de l'Université McGill

Améliorer le français

Les universités McGill, Concordia et Bishop's soutiennent que leur proposition est un compromis visant à atteindre les objectifs de promotion et de protection de la langue française.

Pour ce faire, elles comptent mettre en œuvre un programme de francisation destiné à faire en sorte que 40 % des étudiants non francophones au premier cycle atteignent un niveau 6 en français à leur diplomation, considéré comme un niveau intermédiaire selon l'Échelle québécoise des niveaux de compétence en français.

Dans une proposition que les universités anglophones ont présentée au gouvernement le 6 novembre, celles-ci détaillent les façons dont elles voudraient améliorer le français.

Il faudrait d'abord, selon elles, rendre les cours de français langue seconde plus accessibles en les intégrant dans les programmes. Les universités McGill et Concordia ont affirmé qu'elles seraient prêtes à rendre obligatoires des cours de français pour les étudiants canadiens originaires de l'extérieur du Québec.

Elles suggèrent aussi de bonifier l'offre de stages en français et souhaitent offrir des activités de nature à favoriser une meilleure compréhension de la culture québécoise.

Par rapport à la rétention des étudiants, les universités ne possèdent pas de données. Ça fait partie de nos propositions, a mentionné M. Labeau.

On veut un cadre d'étude pour connaître la rétention des étudiants. Avant de se lancer dans des politiques basées sur cette hypothèse [selon laquelle] tout le monde repart [dans sa province ou dans son pays d'origine], il faudrait qu'on ait des données.

Une citation de Fabrice Labeau, premier vice-principal adjoint à l'Université McGill

M. Labeau estime que l'amélioration de la connaissance de la culture québécoise et de la langue française contribuera à retenir davantage les étudiants de l'extérieur du Québec dans la province.

Le Québec est un pôle d'attraction. On a la force d'attirer des étudiants de partout dans le monde, y compris de partout au Canada, parce qu'entre autres Montréal est une des villes universitaires les plus vivantes du monde. On est la deuxième ville universitaire la plus grande après Boston en Amérique [...]. On a tout ce qu'il faut pour retenir les gens ici, a conclu M. Labeau.

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