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Des urgences pointées du doigt par les coroners depuis 25 ans

L'urgence d'un hôpital.

Les hôpitaux du Québec enregistrent autour de 3,5 millions de visites par année.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Dumas

Le décès de patients à l’urgence, comme ceux survenus à l’hôpital Anna-Laberge qui ont récemment fait les manchettes, n’est pas un phénomène rare. En fait, les décès aux urgences ne sont pas des situations exceptionnelles.

Chaque année, plus de 6000 décès y surviennent pour toutes sortes de raisons, selon les données du ministère de la Santé. Cela correspond à environ 0,20 % des millions de visites dans les urgences au Québec chaque année.

Certains de ces décès font parfois l'objet d'enquêtes du coroner, comme dans le cas de l'hôpital Anna-Laberge, afin de mettre en lumière les raisons des décès, les circonstances, et de formuler, s’il y a lieu, des recommandations.

À ce jour, en 2023, le Bureau du coroner précise avoir publié trois rapports, dont deux contiennent des recommandations.

Nous en avons parcouru plusieurs produits au fil des ans, notamment un en 2021 lié à l’hôpital de Hull.

Arrivé par ambulance, l’homme de 60 ans sera retrouvé sans signes de vie sur sa civière par le médecin qui allait le rencontrer pour la toute première fois près de sept heures après son admission à l’urgence.

Le patient est décédé d’insuffisance myocardique aiguë. Il avait un dossier médical chargé et selon le coroner, il aurait dû être réévalué deux fois plus souvent par les infirmières. Ce dernier recommandera également d’améliorer les délais de prise en charge médicale à l’urgence pour tendre vers les temps recommandés par les ordres professionnels .

La question du délai de prise en charge médical ne date pas d’hier. Déjà en 1997, un coroner avait reproché à l’hôpital de Jonquière d’avoir tardé à prendre en charge un patient de 55 ans qui décédera d’un hémopéricarde massif secondaire à une rupture d'anévrisme.

Je trouve qu'un délai de sept heures après qu'un patient ait été référé à une urgence par un autre médecin, avant qu'il ne soit vu par le médecin de l'urgence, est difficilement acceptable, écrira-t-il.

Dans un cas plus récent à l’hôpital de Granby, en 2022, une patiente de 66 ans a été découverte sans vie près de deux heures après avoir été installée dans une salle. Classée P2 au triage, sa situation était considérée comme très urgente, ce qui aurait dû impliquer une prise en charge rapide et un suivi du patient effectué aux 15 minutes.

La dame est décédée d’une hémorragie cérébrale massive. Des recommandations ont été formulées à l’établissement, qui a déclenché un audit interne.

Illustration montrant la file dans une urgence d'hôpital. Un homme bien habillé paye le médecin pour aller plus vite.

Le délai moyen de prise en charge par un médecin après le triage est actuellement de trois heures.

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Mercier

En Ontario, un rapport d’audit sur les urgences publié cette semaine par le Bureau du vérificateur général de l’Ontario citait une étude ontarienne de l’Institut de recherche en services de santé.

Les patients qui attendent plus longtemps pour une évaluation initiale effectuée par un médecin sont plus susceptibles de devoir être hospitalisés, écrit-on.

L’étude a également révélé un risque légèrement plus élevé de décès pour chaque heure d’attente aux services d’urgence

Une citation de Bureau du vérificateur général de l’Ontario

Le risque de rediriger

Rediriger des patients vers les médecins de famille GMF lors du triage à l’urgence peut aussi s'avérer risqué pour certains patients.

En 2022, une patiente de 65 ans de Trois-Rivières sera retrouvée inconsciente chez elle le lendemain matin après s’être présentée à l’urgence du Centre hospitalier affilié universitaire régional de Trois-Rivières (CHAUR). La dame, décédée d’une broncho-pneumonie aigüe, avait des antécédents de maladie pulmonaire en plus d’être suivie au CHAUR.

Considérant les symptômes de madame (température élevée, toux, faiblesse, saturation abaissée) et à la lumière de ses antécédents, il y avait un lien potentiel avec le diagnostic de pneumonie, diagnostic qui a été posé au terme de l’autopsie et qui est causal du décès, conclura le coroner.

À l’étape du triage, il est primordial de bien documenter les antécédents pour mieux établir le risque que le patient présente.

Dans d’autres dossiers, le décès aura un lien avec une erreur médicale, comme à la Cité-de-la-Santé de Laval en 2022 où un homme de 76 ans est décédé d’une intoxication au Propofol, dans le contexte d’une erreur de dosage.

D’autres rapports que nous avons consultés ne mènent à aucune recommandation du coroner.

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