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Enquête

Des présumées victimes de Robert Miller disent avoir été pressées de mentir par son avocat

L'avocat criminaliste Stephen Angers.

L'avocat criminaliste Stephen Angers.

Photo : Facebook

Un avocat mandaté par Robert Miller alors qu’il faisait l’objet d’une enquête policière il y a près de 15 ans aurait conseillé à de présumées victimes de mentir au bénéfice de son client, selon de nouvelles déclarations déposées dans le cadre de l’action collective contre le milliardaire.

Le 4 décembre, six témoignages ont été ajoutés aux procédures du recours collectif, qui n’a pas encore été autorisé mais qui compte maintenant 47 participantes. Ces femmes disent toutes avoir été exploitées sexuellement par l’homme d'affaires alors qu’elles étaient mineures, des allégations qui s’étendent sur plusieurs décennies.

Deux des nouvelles participantes, identifiées dans leurs déclarations comme Madame 47 et Madame 48, disent que le criminaliste Stephen Angers les a pressées de mentir aux autorités concernant l’âge qu’elles avaient lors de leurs interactions avec Robert Miller.

En février, l’émission Enquête de Radio-Canada avait révélé que Robert Miller, le richissime propriétaire de Future Electronics, avait passé des années à recruter de jeunes filles mineures, qu’il payait pour des relations sexuelles. Robert Miller a toujours nié les faits qui lui sont reprochés.

L’affaire avait fait l’objet d’une enquête du SPVM en 2008-2009, mais aucune accusation n'avait alors été déposée.

Ces récentes déclarations détaillent comment le travail de l’avocat Stephen Angers, qui était à l’époque mandaté par Robert Miller, pourrait avoir nui à l’effort policier.

En septembre dernier, l’avocat criminaliste avait été nommé codéfendeur dans une poursuite de 9,5 millions de dollars déposée contre le milliardaire. La demanderesse affirme que Me Angers aurait à l’époque empêch[é] les victimes de parler aux enquêteurs de leurs expériences au sein du réseau tenu par Miller.

Me Angers conteste ces procédures.

Or, le nom du criminaliste montréalais a refait surface cette semaine. Dans leurs témoignages, Madame 47 et Madame 48 racontent avoir été interrogées par le SPVM en 2008 ou 2009 dans le cadre de l’enquête policière visant Robert Miller.

Elles auraient alors toutes les deux avoué aux enquêteurs qu’elles avaient eu des relations sexuelles payées avec l’homme d'affaires alors qu’elles étaient mineures.

Après cette rencontre, elles disent avoir communiqué avec Robert Miller et son associé Joseph – surnom utilisé par Sam Abrams, proche de Miller et haut placé de Future Electronics – afin de leur expliquer ce qui s’était passé.

Madame 47 raconte que Joseph leur aurait alors ordonné de ne plus parler aux policiers, et que le clan Miller leur aurait chacune donné des milliers de dollars, pour acheter notre silence.

Puis, Joseph aurait organisé une rencontre avec Stephen Angers, que Madame 48 décrit comme étant l’avocat de Robert Miller à l’époque. Le criminaliste leur aurait expliqué comment procéder.

Il nous a aussi dit qu’il faudrait que l’on fasse une déclaration mensongère pour dire qu’on avait mal calculé et que nous étions en fait majeures lors de nos premières rencontres avec "Bob", affirme Madame 48 dans sa déclaration.

Me Angers les aurait ensuite accompagnées au palais de justice, où elles disent avoir parlé à une femme dont elles ne connaissaient pas l’identité.

Elle portait une tenue spéciale, mais je ne suis pas certaine si c’était une robe d’avocate ou de juge, dit Madame 48. Nous avons menti, comme M. Angers nous avait dit de faire, et nous avons dit que "Bob" nous avait aidées et que l’on avait été majeures lors de nos premières rencontres avec lui.

Madame 47 dit également s’être sentie obligée de mentir à cette femme : Je l’ai fait parce que j’avais peur.

En réponse aux questions de Radio-Canada, une porte-parole du Barreau du Québec écrit qu'aucun avocat ne peut inciter son client à mentir ou à commettre tout geste de nature illégale.

Le Barreau n’a pas pu confirmer ni infirmer les processus d’une enquête concernant Me Angers, pour des raisons de confidentialité.

Le SPVM n’a pas pu commenter ce dossier.

Ni Stephen Angers ni Sam Abrams n'ont donné suite aux questions de Radio-Canada.

En plus du recours collectif piloté par le Consumer Law Group, Robert Miller est aussi visé par trois poursuites individuelles, qui cumulent près de 30 millions de dollars en dommages.

Par courriel, Karim Renno, l'avocat de M. Miller, affirme qu'il s'agit de fausses allégations qui avaient déjà été rendues publiques par un autre média en septembre et démenties.

L’homme d’affaires, qui a toujours nié l'ensemble des allégations le concernant, conteste les procédures. Son avocat n’a pas répondu à nos questions concernant la relation entre Robert Miller et Stephen Angers et nous invite plutôt à contacter Me Angers pour les questions le concernant.

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