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COP28 : une nouvelle ébauche de texte élargit les avenues pour les énergies fossiles

Sultan Al-Jaber devant un micro.

Sultan Al-Jaber, par ailleurs patron de la compagnie pétrolière Adnoc, a prévenu les 197 pays participants qu'il voulait clôturer la COP à l'heure.

Photo : Associated Press / Peter Dejong

Agence France-Presse

À quatre jours du dénouement, les négociateurs du monde entier négocient vendredi à la COP28 à Dubaï l'avenir du pétrole, du gaz et du charbon, tentant de façonner un compromis entre l'impératif scientifique de sortie des énergies fossiles et le nécessaire développement économique des pays émergents.

Les négociateurs épluchent frénétiquement le dernier projet d'accord rendu public vendredi après-midi et qui est passé en une semaine de 108 à 206 articles, dans le but de terminer la COP à l'heure mardi. Ce document propose une, deux, trois options ou plus sur de nombreux articles.

Des formules inédites sont apparues : sur les énergies fossiles, au cœur des discussions, cinq options sont désormais proposées, dont celle de n'avoir aucun texte – rien sur le sujet – ou encore une sortie des énergies fossiles alignée sur les meilleures connaissances scientifiques disponibles.

Deux autres formulations de sortie des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) mettent plus spécifiquement l'accent sur le captage des émissions, un drapeau rouge agité par de nombreux pays, dont ceux de l'Union européenne.

Mais leur sort est aussi mentionné par ricochet ailleurs, en particulier dans le passage qui appelle à un triplement de la capacité des énergies renouvelables dans le monde d'ici à 2030. En bref, cette option dit : d'accord pour remplacer les énergies fossiles, mais seulement au fur et à mesure que les renouvelables montent en gamme.

COP28 : sommet sur le climat à Dubaï

Consulter le dossier complet

Dubaï au crépuscule.

Une phraséologie qui fait écho à une déclaration commune en novembre de la Chine et des États-Unis, les deux premiers émetteurs mondiaux de gaz à effet de serre. Pékin et Washington s'engageaient à accélérer suffisamment le déploiement des renouvelables [...] afin d'accélérer le remplacement de la production d'électricité à partir du charbon, du pétrole et du gaz.

Le président émirati de la COP28 et patron de la compagnie pétrolière nationale des Émirats arabes unis, Sultan Al-Jaber, n'a pas promis que charbon, gaz et pétrole figureraient dans le texte final, mais il a répété vendredi, comme il le fait depuis six mois, que la réduction de la place faite aux énergies fossiles était inévitable.

Il est certain que le déclin de la consommation d'énergies fossiles va se produire, à terme, a-t-il martelé en conférence de presse. Toutefois, dans une allusion à sa position habituelle selon laquelle il ne faut pas se débarrasser trop vite du pétrole, il s'est redit réaliste, pragmatique.

Nous devons être justes. Nous devons être équitables. Nous devons être ordonnés et responsables dans la transition énergétique

Une citation de Sultan Al-Jaber, président de la COP28

En filigrane : les pays pauvres ont besoin d'énergie pour donner accès à l'électricité, aux transports et au développement à leurs citoyens; si les pays riches veulent en finir avec le pétrole, ils doivent donner l'exemple et financer le solaire et les autres énergies renouvelables dans le reste du monde.

On ne trouvera pas un accord sans la Chine, souligne l'entourage de la ministre française de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher.

Malgré son opposition à une brusque sortie des énergies fossiles, dont elle est la première consommatrice mondiale, la Chine est considérée comme constructive, rapportent des participants, à l'inverse de l'Arabie saoudite accusée d'obstructionnisme.

Négociations engluées

Le négociateur chinois, Xie Zhenhua, multiplie les réunions, semblant indiquer que son pays ne souhaite pas de fiasco final.

Sa position de gros producteur mondial d'éolien et de solaire et son pied dans le monde des pays émergents et en développement pourraient permettre à la Chine de débloquer ces négociations engluées dans la deuxième semaine, souligne Yuan Ying, de Greenpeace East Asia.

Pour satisfaire Pékin, des formulations originales peuvent encore surgir : Ce n'est pas binaire ou trinaire, il faudra trouver quelque chose qui permette d'avoir un consensus, confie un négociateur du camp de la sortie des énergies fossiles.

Des manifestants portant des pancartes contre les énergies fossiles.

Des dizaines de jeunes activistes se sont rassemblés vendredi pour appeler à la fin des énergies fossiles, lors d'une manifestation organisée par les « Fridays for Future ».

Photo : Getty Images / Sean Gallup

Comme chaque jour, des rassemblements animent les allées de la COP28.

Des dizaines de jeunes militants se sont encore rassemblés pour appeler à la fin des énergies fossiles, au cours d'une manifestation organisée par les Fridays for Future, le mouvement de la grève de l'école lancée par la Suédoise Greta Thunberg, absente.

Si la COP28 ne parvient pas à appeler à sortir de celles-ci, cela remettra en question la crédibilité non seulement de la COP28, mais de l'ensemble du processus des COP, a par ailleurs mis en garde la jeune militante ougandaise Vanessa Nakate.

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