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Des mères de la Péninsule acadienne inquiètes pour l’avenir de leurs enfants autistes

Des enfants assis en cercle par terre sur un tapis, dans une classe.

Des parents sont incapables d'obtenir un suivi pour leur enfant atteint d'un retard de développement, malgré le dépistage.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Des mères de la Péninsule acadienne sont préoccupées pour l’avenir de leurs enfants atteints du trouble du spectre de l’autisme. Elles affirment que le District scolaire francophone nord-est (DSFNE) exige que leur parcours scolaire se termine en juin alors qu’elles pensaient pouvoir bénéficier des services disponibles à l’école pendant encore plusieurs années.

Dans un courriel adressé à Annie Haché, que Radio-Canada a pu consulter, un salarié du DSFNE dit que le district maintient sa position : son fils, qui est à l'aube de ses 18 ans, ne sera pas autorisé à revenir en classe en septembre 2024.

Sa mère envisageait cependant qu'il poursuive sa scolarité jusqu'à ses 21 ans, conformément à la loi provinciale qui permet à tous les enfants, sans distinction, de rester à l’école jusqu’à cet âge.

Au sein du système scolaire, les enfants autistes ont accès à de l'aide adaptée à leurs besoins spéciaux et bénéficient d'une éducation adaptée. Pour eux, la fin de l’école veut dire la fin de ces services.

Un adolescent tenant un téléphone portable dans une main.

Annie Haché a été bouleversée d'apprendre que son fils autiste, en douzième année cette année, pourrait être forcé à quitter l'école en juin.

Photo : Radio-Canada / Mario Mercier

Cette annonce jugée brutale énerve Annie Haché. Ils n'ont même pas eu, en plus, le respect de nous dire la décision qui a été prise, regrette-t-elle.

Liza Duguay, qui est dans la même situation qu’Annie Haché, déplore également le manque de considération pour leurs enfants. On s'est fait dire "De toute façon, ces élèves-là, qu’on les maintienne [à l'école] un an de plus ou pas, ça ne change pas grand-chose pour eux".

Cindy Doiron en entrevue.

Cindy Doiron peut compter sur ses parents qui peuvent s'occuper de son enfant mais s'inquiète de la suite quand ils ne seront plus en mesure de s'occuper de lui.

Photo : Radio-Canada / Mario Mercier

À un peu plus de six mois de la fin de l’année scolaire, ces mères sont inquiètes de savoir si elles vont pouvoir être en mesure de trouver une solution pour accueillir leurs enfants d’ici à la rentrée prochaine.

J'ai beaucoup de difficulté à trouver quelqu'un. Tout de suite, j'ai mes parents, mais ils vont arriver à un certain âge et éventuellement, ce ne sera pas possible. Qu'est-ce qu'on a après?, s’interroge Cindy Doiron, dont l’enfant devra également quitter l’école en juin.

Les élèves au-delà de la 12e année, une exception assure le DSFNE

De son côté, le district scolaire francophone nord-est indique ne pas systématiquement refuser tous les enfants une fois leurs 18 ans passés.

Non, ce n'est pas nécessairement qu'après la 12ᵉ année, c'est terminé. On a des jeunes qui ont 18 ans, il y a des jeunes qui ont 19 ans. Exceptionnellement, on a 19 et 20 ans, explique Susan Arseneault, directrice de services de soutien à l'apprentissage au sein du DSFNE.

Elle explique que le district évalue les situations cas par cas, mais qu’il encourage les élèves de 18 ans à trouver une solution de rechange à la salle de classe.

Susan Arseneault assisse à son bureau.

Susan Arseneault assure que le district ne refuse pas systématiquement les élèves après leur douzième année.

Photo : Radio-Canada / Mario Mercier

À un moment donné, l'école est peut-être plus la meilleure place pour le jeune. Dès la neuvième année, on encourage toujours l'école à commencer à avoir une communication dès que possible avec les parents, puis aussi de s'asseoir avec les partenaires, assure Susan Arsenault.

Pas de concertation, selon une mère

Selon le DSFNE, la décision définitive est toujours prise en concertation avec la famille et les organismes communautaires en fonction du meilleur intérêt de l’apprenant.

Liza Duguay assure, pour sa part, qu’elle n’a pas été impliquée dans une concertation concernant l’avenir de son enfant.

Je peux vous dire que mon fils est en 13e année, puis on est déjà rendu en décembre. Il n'y a aucune démarche dans ce sens-là qui a été amorcée. Donc, ce n'est pas vrai qu'ils sont prêts non plus pour la transition postsecondaire, dit la mère de famille.

Une salle de classe vide.

Selon la loi provinciale, tous les enfants sans distinction ont le droit d'aller à l'école jusqu'à leur 21 ans.

Photo : Getty Images/iStock/DONGSEON KIM

Marc Pelletier, directeur général du DSFNE, le regrette : les communications qui n’ont pas été les plus formidables, confie-t-il lors d'une entrevue accordée vendredi matin à La matinale d'ICI Acadie.

Je reconnais que les parents ne peuvent pas apprendre cette décision-là à la dernière minute. C’est un processus qui doit prendre une certaine période de temps, admet le directeur, qui laisse la porte-ouverte à ce que les enfants concernés continuent à être scolarisés à la rentrée.

Les deux autres districts scolaires francophones de la province confirment qu’ils accueillent tous les élèves sans distinction jusqu’à leurs 21 ans.

Avec des informations de Mario Mercier

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