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Cohere, le ChatGPT fait au Canada qui veut changer le monde du travail

Une porte en verre sur laquelle on peut lire « Cohere ».

Les bureaux de Cohere occupent deux étages d'un immeuble en briques du centre-ville de Toronto.

Photo : Radio-Canada / Yasmine Mehdi

« Nous sommes un assez gros joueur », lance Nick Frosst, sourire en coin. La jeune entreprise qu’il a cofondée en 2020 est aujourd’hui une multinationale évaluée à plus de 2 milliards de dollars. Assez pour permettre à Cohere de s’imposer comme un compétiteur sérieux d'OpenAI – l’entreprise américaine à l'origine de ChatGPT.

M. Frosst ne s’offusque pas lorsqu’on compare Cohere à OpenAI. Nous utilisons la même technologie, explique-t-il à partir des bureaux de son entreprise. L’ambiance y est décontractée : les employés portent des pantoufles et les chiens sont permis. On se croirait à San Francisco, mais le siège social de Cohere est à Toronto.

Nick Frosst dans les bureaux de Cohere.

Nick Frosst a grandi à Ottawa. Il a fait ses études à l'Université de Toronto.

Photo : Radio-Canada / Maxime Beauchemin

Comme OpenAI, Cohere a créé un robot conversationnel – ou chatbot – qui utilise les grands modèles de langage pour répondre aux questions de ses utilisateurs.

Mais contrairement à ChatGPT, Coral (le chatbot de Cohere) ne s’adresse pas au grand public. La jeune pousse a plutôt choisi de cibler les entreprises pour résoudre les problèmes propres au monde du travail , dit le patron. Cohere compte aujourd’hui des centaines de clients partout dans le monde, y compris des géants comme Oracle, Spotify et McKenzie.

Je pense qu’un changement similaire s’est produit lorsque les entreprises ont réalisé qu’elles devaient créer des sites web ou des applications pour les téléphones intelligents.

Une citation de Nick Frosst, cofondateur de Cohere

Un robot personnalisé... et confidentiel

À l'opposé de ChatGPT, donc, Coral ne se contente pas de chercher des réponses sur Internet. Le logiciel peut directement être intégré aux serveurs de ses clients, ce qui permet de générer des réponses personnalisées tout en assurant la confidentialité des données.

On voit les serveurs informatiques en gros plan, avec des diodes qui s'illuminent.

Des serveurs dans un centre de données

Photo : Reuters / Benoit Tessier

Si on veut que cette technologie soit utile, il faut qu’elle ait accès aux mêmes informations que les employés d’une entreprise [documents internes, bases de données, courriels, etc.], explique Nick Frosst. L’entrepreneur raconte avoir utilisé Coral pour obtenir le mot de passe wi-fi des bureaux londoniens de Cohere, lors d’un récent voyage d’affaires.

Coral peut aussi être utilisé pour résumer des documents, classifier des données, trier des CV, écrire du code informatique ou modérer des commentaires. En d’autres mots, automatiser les tâches ennuyantes et répétitives du quotidien, résume M. Frosst, qui croit que sa technologie changera profondément le monde du travail sans pour autant supprimer des postes.

Une révolution industrielle

Jordan Jacobs a été le premier investisseur de Cohere. Nous leur avons fait un chèque le premier jour, raconte le cofondateur de Radical Ventures. Le Torontois gravite dans les sphères de l’IA depuis des années. En 2017, il a lancé une firme de capital-risque pour repérer et financer les jeunes pousses les plus prometteuses.

Jordan Jacobs dans les bureaux de Radical Ventures.

Jordan Jacobs croit que le Canada a les moyens de devenir un leader mondial en intelligence artificielle.

Photo : Radio-Canada / Maxime Beauchemin

C’est extrêmement rare d’être face à quelque chose de tout petit, une idée minuscule, qui pourrait devenir une entreprise de la taille de Google. C’est le cas de Cohere, affirme Jordan, qui n’hésite pas à comparer l’IA à la révolution industrielle ou à l’invention de l’électricité.

Un talent torontois

En plus d’être canadiens, les trois fondateurs de Cohere sont passés par l’Université de Toronto. Nick Frosst et Aidan Gomez ont travaillé dans le laboratoire du professeur Geoffrey Hinton, souvent décrit comme le père fondateur de l’IA. Bon nombre de ses étudiants sont devenus des vedettes de la Silicon Valley.

Une des raisons pour lesquelles des chercheurs [comme Geoffrey Hinton] venaient au Canada est que leurs recherches étaient financées par des agences comme l’Institut canadien de recherches avancées, souligne Jordan, qui espère que le Canada continuera à se tailler une place comme leader en IA.

Nick Frosst croit aussi que Cohere fera partie de cette révolution. Avec plus de 200 employés et des bureaux à Toronto, Londres, Palo Alto et San Francisco, l’entreprise canadienne semble bien partie pour avoir une part du gâteau.

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