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Code de conduite des épiciers : « prix plus élevés » et « tablettes vides », selon Loblaw

Un portrait de Galen Weston durant son témoignage.

Le patron de Loblaw, Galen Weston, a déclaré au comité que le code pourrait mener à des augmentations de prix.

Photo : capture d'écran de noscommunes.ca

Radio-Canada

Loblaw et Walmart demandent au comité qui rédige le code de conduite du secteur des produits d’épicerie de retourner à sa table à dessin.

Tel que le code est actuellement rédigé, nous avons la ferme conviction qu'il va mener à une augmentation des prix, a déclaré Galen Weston, président de Loblaw, au Comité permanent de l'agriculture et de l'agroalimentaire de la Chambre des communes jeudi.

Le principe est bon, mais c'est la rédaction qui nous pose problème.

Le Comité se réunissait dans le but d’interroger M. Weston et Gonzalo Gebara, PDG de Walmart Canada, sur les prix des produits alimentaires. Or, ce sont les commentaires de ces deux dirigeants au sujet du code de conduite, en rédaction depuis plusieurs années déjà, qui ont retenu l’attention.

Bien que les principes du code tel qu'il est actuellement conçu soient solides, lorsqu'on entre dans les détails, on constate un risque non négligeable de prix plus élevés et de tablettes vides, a déclaré M. Weston.

Si Walmart et Loblaw sont réticentes à l’idée de ratifier le code tel qu’il est rédigé, d’autres détaillants, dont le patron de Sobeys et le représentant des épiceries indépendantes, s’y disent favorables.

Or, le ministre de l’Agriculture a publié une déclaration jeudi qui presse les géants de l’alimentation de s’engager à signer le code.

Jamais été le but

M. Weston a rappelé avec insistance que le but d’un tel code n’a jamais été de faire baisser les prix de l’alimentation au pays.

Il a ajouté que Loblaw a été un participant actif dans les discussions avec le gouvernement sur le sujet des prix alimentaires.

La création de ce code de conduite a été proposée comme moyen de résoudre des problèmes de longue date tels que l’imposition de frais arbitraires, des augmentations de coûts imposées sans préavis et des retards de paiement. Ce code vise à offrir aux détaillants et aux fournisseurs un mécanisme sur la façon dont les amendes et les frais sont perçus dans le secteur de l'épicerie, entre autres principes directeurs, selon La Presse canadienne.

Or, selon M. Weston, le libellé du code doit être revu. Le code de conduite contient un ensemble de clauses qui réduisent la capacité des épiciers à négocier fermement contre les [grandes multinationales manufacturières]. M. Weston a nommé en exemple Pepsi, Nestlé, Kraft Heinz et Procter & Gamble.

Un magasin Supercentre de Walmart.

Le géant Walmart détient 8 % du marché canadien des épiceries, selon des données de 2021. (Archives)

Photo : Radio-Canada

M. Gebara de Walmart a exprimé un avis similaire. Nous voulons nous assurer que le code comprenne toutes les dispositions et toutes les conditions nécessaires pour que nous puissions mener nos affaires afin d'offrir des prix bas tous les jours à nos clients partout au Canada, a-t-il dit. Nous pensons que le code n'est pas en posture pour que nous nous engagions à le signer.

Devant le Comité lundi, le patron d'Empire (Sobeys et IGA), Michael Medline, avait réfuté les dires de M. Weston.

Bien que nous soyons prêts, disposés et habilités à signer le code aujourd'hui, nous avons maintenant de sérieux doutes quant à savoir si ce code entrera vraiment en vigueur en raison de l'opposition récente de certains détaillants. En aucun cas nous ne croyons – et les preuves ne le montrent pas – qu'un code de conduite entraînera des prix alimentaires plus élevés ou moins de choix pour les Canadiens. Au contraire, avait-il alors déclaré.

Principes de bonne conduite

Gary Sands, vice-président de la Fédération canadienne des épiciers indépendants, a déclaré lundi au comité que le code est nécessaire pour équilibrer les forces entre les grands acteurs comme Loblaw et les 7000 petites épiceries qu'il représente.

Gary Sands en entrevue.

Gary Sands est le vice-président principal de la Fédération canadienne des épiciers indépendants. (Archives)

Photo : CBC

Nous ne pointons pas du doigt nos partenaires fournisseurs, nous comprenons les pressions qui font augmenter leurs coûts, a-t-il déclaré au Comité. Il a précisé que le code éliminera les pratiques de marché tordues [...] et les frais onéreux imposés par certains grands détaillants.

Ce code est [...] un ensemble de principes de bonne conduite élaborés par l'industrie elle-même. Il ne fera pas augmenter les prix alimentaires, comme l'a affirmé Loblaw : personne dans l'industrie ne soutiendrait une mesure qui ferait cela.

Des ministres s’impatientent

Le ministre fédéral de l'Agriculture, Lawrence MacAulay, et le ministre québécois de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, André Lamontagne, ont déclaré jeudi dans un communiqué conjoint être déçus de voir que le code de conduite des épiceries n'est toujours pas en vigueur.

À un moment où les familles canadiennes font face au coût élevé des aliments, il est essentiel que les grands épiciers ainsi que tous les partenaires de la chaîne d’approvisionnement adoptent le code et y adhèrent. Le code est un moyen tangible d’assurer plus d’équité, plus de transparence et plus de prévisibilité dans la chaîne d’approvisionnement, lit-on dans la déclaration.

Nous examinerons, dans les prochains jours, toutes les options qui s’offrent à nous. Nous encourageons tous les partenaires de l’industrie à s’engager rapidement à signer le code de conduite du secteur des produits d’épicerie afin que les consommateurs puissent en bénéficier.

Avec des informations de La Presse canadienne et de CBC

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