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Dans l’œil d’Ivanoh : le dilemme de montrer l’horreur

Ivanoh Demers, photojournaliste depuis plus de 20 ans, nous parle cette semaine du défi d’illustrer un conflit sanglant.

Une femme enlace le corps de sa fille.

Une Palestinienne enlace le corps de sa fille de 5 ans qui a été tuée lors de bombardements des forces israéliennes. Photo prise le 17 octobre 2023 à l’hôpital Nasser, à Gaza.

Photo : Reuters / Mohammed Salem

Les photos depuis le début de la guerre entre le Hamas et Israël sont dures, parfois insupportables. Montrer l’horreur avec justesse est un exercice nécessaire mais difficile.

J’ai choisi quelques images qui démontrent le défi de publier une image qui reste moralement acceptable à la majorité de notre auditoire, mais qui témoigne de la violence vécue sur le terrain.

Une mère enlace la dépouille de sa fillette de cinq ans qui est décédée à la suite d’un bombardement israélien. La photo a été prise à l’hôpital Nasser, situé à Gaza.

La photo a été largement publiée. Pourquoi? L’image se démarque par sa sobriété et illustre bien le propos. Elle reste une image très forte et difficile à regarder.

J’ai vu des centaines de photos et de vidéos percutantes et sanglantes d’enfants prises à l’intérieur de cet hôpital. Comment illustrer l’horreur, informer adéquatement notre public, sans montrer à répétition des images d’une violence inouïe? La ligne est parfois mince entre ce qui est publiable et ce qui ne l’est pas. Est-ce de la censure? Non.

C’est le défi pour nous, les photographes de presse qui sont sur le terrain et les pupitreurs dans les salles de nouvelles, de trouver un certain équilibre.

Des taches de sang sur un mur.

Des taches de sang sur le mur d’une résidence attaquée par le Hamas dans le Kibboutz Be'eri, dans le sud d'Israël, le 17 octobre 2023.

Photo : Reuters / Ronen Zvulun

Plusieurs images ont été publiées à la suite du massacre perpétré par le Hamas dans le Kibboutz Be'eri, dans le sud d'Israël. Les premières images de multiples cadavres lors du massacre ont fait le tour du monde.

Cette image a été prise le 17 octobre, dix jours après le massacre de Be’eri en Israël. Un mur ensanglanté nous rappelle ce triste évènement. Chacun d'entre nous va envisager son scénario de l’horreur qui s’est vécue, sans le voir explicitement.

C’est un exemple probant du fait qu’on n’a pas toujours besoin de montrer des scènes insupportables pour raconter une tragédie adéquatement.

Des Palestiniens près d'un cratère.

Des centaines de Palestiniens à proximité d’un cratère géant causé par des bombardements israéliens à Rafah, dans le sud de Gaza, le 3 décembre 2023

Photo : Getty Images / Said Khatib/AFP

Au-dessus d’un cratère immense, on aperçoit des centaines de Palestiniens qui regardent la dévastation. Les conséquences des bombardements des forces israéliennes sont dramatiques. La foule, nombreuse, nous fait comprendre la densité de la population.

Le photographe s’est déplacé au bas de la scène pour nous aider à saisir la force de l’impact, réalisant une photo percutante et informative.

Il faut se demander si les images violentes sont pertinentes. Je crois que oui! Mais à quelle fréquence? Qu’est ce qui est violent et acceptable pour l'un et insoutenable pour l’autre?

La ligne est mince, je l’avoue.

Si l’on veut rejoindre le plus grand auditoire possible, il faut que la photo soit publiable! Je peux vous assurer que certaines images ne sont pas publiables. Ce n’est pas de la censure, c’est une question de respecter la tolérance au traumatisme de la moyenne de la population.

Mon clin d'œil de la semaine

Justin Trudeau vu de dos, devant 14 faisceaux de lumière montant vers le ciel.

Une cérémonie en hommage aux 14 victimes de la tuerie de Polytechnique a eu lieu le 6 décembre sur le mont Royal, à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le 6 décembre 1989, 14 femmes sont mortes à l’École polytechnique de Montréal. Une tragédie qui a marqué l’histoire du Québec. Un hommage sobre a eu lieu avec des dignitaires afin de souligner la mémoire des victimes.

34 ans plus tard, les images sont tout aussi parlantes.

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