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Démêlés de Stéphane Le Bouyonnec : Legault assure qu’il n’était pas au courant

Stéphane Le Bouyonnec en compagnie de deux autres hommes.

Stéphane Le Bouyonnec est l'ex-président de la CAQ et avait été candidat dans la circonscription de La Prairie en 2018. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

La Presse canadienne

Le premier ministre François Legault assure qu'il n'était pas au courant des démêlés du sous-ministre Stéphane Le Bouyonnec, un ancien élu de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Il réagissait ainsi à une enquête de La Presse, qui a révélé jeudi que M. Le Bouyonnec aurait toujours des liens avec une entreprise de prêts usuraires, des liens qui l'avaient pourtant forcé à démissionner à titre de président et de candidat de la CAQ durant la campagne électorale de 2018.

L'opposition a demandé jeudi la suspension du sous-ministre en attendant que la lumière soit faite.

M. Le Bouyonnec devra même justifier en cour des montants qui auraient été virés pour rembourser une dette des partenaires de l'entreprise au crime organisé, a fait savoir un ancien dirigeant de cette entreprise, Finabanx. La Presse canadienne n'a pas été en mesure de vérifier ces allégations jeudi.

Est-ce que le gouvernement est capable de vous dire qu'il n'était pas au courant des [problèmes] judiciaires? a demandé le député péquiste Pascal Bérubé. Si le gouvernement était au courant, puis le gardait, on entre dans une autre dimension. Dans tous les cas, c'est très grave.

M. Legault était-il au courant? Non, a-t-il répondu à la volée en se rendant à son bureau jeudi matin.

Il a dit qu'il a demandé à la secrétaire générale du Conseil exécutif, Dominique Savoie, de faire toutes les vérifications en insistant ensuite : Non, je n'étais pas au courant.

Mme Savoie est en quelque sorte la grande patronne de toute la fonction publique.

Que savait François Legault? a demandé jeudi matin le chef de l'opposition officielle, Marc Tanguay.

C'est un cas classique de nomination partisane

Dans une lettre transmise à Mme Savoie, le porte-parole libéral en matière d'éthique, Monsef Derraji, réclame une enquête sans délai afin de déterminer si [M. Le Bouyonnec] a contrevenu aux règles éthiques en vigueur pour les titulaires des emplois supérieurs.

Le chef libéral demande la suspension de ce sous-ministre qui officie au ministère de la Cybersécurité et du Numérique.

Je ne vois pas trop comment il peut rester en poste, a pour sa part renchéri peu après le député Vincent Marissal, de Québec solidaire (QS). C'est à son ami, M. Legault, qui l'a nommé là, de prendre les décisions.

François Legault.

François Legault répond à des journalistes.

Photo : The Canadian Press / Jacques Boissinot

Les amis de la CAQ, a aussi martelé Pascal Bérubé.

C'est une nomination partisane parce qu'il s'agit d'un ancien député caquiste et d'un ex-président du parti, a-t-il insisté en rappelant comment M. Legault, quand il était dans l'opposition, dénonçait pourtant les nominations partisanes.

Est-ce qu'il a une quelconque compétence qui est indispensable au gouvernement du Québec? Non. C'est un cas classique de nomination partisane.

Le gouvernement a fait passer le salaire annuel de M. Le Bouyonnec de 197 303 $ à 228 642 $ au début de l'année, s'est plu à préciser le député péquiste.

Récemment, le premier ministre a résilié le contrat d'une sous-ministre à l'Éducation en raison d'une controverse, donc il lui reste une décision à prendre concernant M. Le Bouyonnec, a jugé M. Bérubé, sans préciser s'il parlait de le démettre ou de le suspendre.

Si [M. Legault] ne le fait pas, il va devoir prouver que, parce que [M. Le Bouyonnec] est l'ancien président de la CAQ, ancien député de la CAQ et son ami, il est plus compétent que quiconque pour occuper un poste de sous-ministre.

Une affaire de prêts usuraires

En 2018, les médias de Québecor avaient révélé que M. Le Bouyonnec était à la fois actionnaire et président du conseil d'administration de Finabanx. Rappelons que le prêt usuraire est interdit au Québec, donc les activités de cette entreprise ont lieu dans le reste du pays.

Il avait alors quitté ses fonctions à la tête de Finabanx mais avait par la suite aussi renoncé à la présidence de la CAQ et même à sa candidature dans La Prairie.

Il avait été élu pour la première fois dans cette circonscription en 2012 pour la CAQ. Le parti fondé l'année précédente présentait pour la première fois des candidats.

M. Le Bouyonnec avait été battu aux élections de 2014 mais voulait regagner son siège au scrutin de 2018 jusqu'à ce que la controverse sur ses intérêts dans une société de prêts usuraires l'éclabousse.

Il a été secrétaire général associé au Conseil exécutif, le ministère du premier ministre, et est devenu sous-ministre du ministère de la Cybersécurité et du Numérique le 23 octobre 2023.

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