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Négociations avec le secteur public : les syndicats insatisfaits de la nouvelle offre

La Fédération autonome de l’enseignement a annoncé qu'elle s'apprêtait à déposer une contre-offre.

Sonia LeBel marche dans un corridor de l'Assemblée nationale.

La présidente du Conseil du Trésor, Sonia LeBel

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Radio-Canada

Dans le cadre de ses négociations avec le secteur public, le gouvernement Legault bonifie son offre salariale à +12,7 % pour la période 2023-2028, mais le Front commun syndical, la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) et la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) la jugent encore insuffisante.

Le gouvernement estime que l'offre globale, qui inclut notamment les hausses sectorielles et le montant forfaitaire de 1000 $, représente maintenant une hausse de 16,7 % de la masse salariale. La précédente offre globale était de +14,8 %.

Nous sommes déterminés à régler rapidement [la situation] et nous invitons les syndicats à avancer avec nous. Maintenant, le travail doit se poursuivre aux tables, a déclaré la présidente du Conseil du Trésor, Sonia LeBel, dans un communiqué de presse.

Voici les détails de l'offre globale déposée mercredi, comparée à celle du 29 octobre.

  • Offres salariales : +12,7 % (au lieu de +10,3 %)
  • Offres différenciées (ex. : infirmières la nuit) : +2,5 % (au lieu de +3 %)
  • Montant non récurrent de 1000 $ à tous les employés : 1,5 % (identique)

Grèves dans le secteur public au Québec

Consulter le dossier complet

Des manifestants sont massés devant l'Assemblée nationale et brandissent pancartes et banderoles.

Le Front commun n'a pas tardé à réagir. Les prévisions d'inflation actuelles étant de 18,1 % pour cette période, cette offre aura toujours pour effet d'appauvrir les travailleuses et les travailleurs du secteur public.

Sans une clause garantissant la protection du pouvoir d'achat et un enrichissement permettant un rattrapage salarial, il ne sera pas possible d'en arriver à une entente.

Une citation de Déclaration du Front commun syndical

La grève du 8 au 14 décembre est donc maintenue.

Une contre-offre de la FAE en vue

Une offre salariale globale a aussi été faite en après-midi à la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) et à la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ).

La FAE, dont les membres sont en grève générale illimitée depuis le 23 novembre, indique également avoir reçu une offre salariale de +12,7 % sur cinq ans.

Le regroupement syndical a annoncé mercredi en fin de soirée qu'il rejetait l'offre de Québec et déposerait une contre-offre dès que possible, afin de parvenir à une entente satisfaisante avant les Fêtes.

Il y a loin de la coupe aux lèvres, a déclaré Mélanie Hubert, présidente de la FAE, par voie de communiqué. L’écart demeure important entre cette nouvelle offre et notre demande d’obtenir entre 4 % ou l’IPC [indice des prix à la consommation] par année civile.

La FIQ dit non à son tour

La FIQ a quant à elle rejeté l'offre du gouvernement plus tôt en soirée, la jugeant nettement insuffisante.

On a toujours un manque à gagner de 6,6 % pour 2022 et également, à ne pas négliger, nous nous sommes fait enlever par le gouvernement notre prime FIQ de 3,5 %. Alors, si on calcule le tout, on est autour de 3 % d'augmentation. C’est nettement insuffisant. Les professionnels en soins en veulent plus que ça, a expliqué Julie Bouchard, présidente de la FIQ, en entrevue à l’émission 24•60.

L’association syndicale, qui ne fait pas partie du Front commun, maintient aussi ses quatre journées de grève prévues la semaine prochaine.

Les différentes organisations syndicales demandent autour de 20 % d'augmentation sur cinq ans. Le 29 octobre, elles avaient aussi rapidement rejeté l'offre gouvernementale, la qualifiant de dérisoire ou encore de décevante.

Mais il n’y a pas que l’offre salariale qui pose problème aux membres de la FIQ. La plus grande flexibilité demandée par le gouvernement Legault aux employés du secteur public pour faciliter l’organisation du travail et pour simplifier la tâche des gestionnaires dans le réseau est aussi problématique.

Cette flexibilité-là, les professionnels en soins n’en veulent pas, a indiqué Mme Bouchard. On l’a vu en Mauricie–Centre-du-Québec, où ça a mené à des centaines de départs du réseau public. Nous ne pouvons pas accepter ce genre de choses en contrepartie.

Pour sa part, la FAE n'a toujours pas réagi à l'offre patronale.

Propositions sectorielles aux enseignants

Plus tôt cette semaine, le gouvernement avait soumis une nouvelle offre sectorielle aux enseignants affiliés à la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) et à la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE).

Ces propositions exploratoires, qui touchent notamment aux conditions de travail, aux affectations ou à la composition de la classe, avaient été qualifiées en matinée de « loin, loin, loin d'être à la hauteur » par la présidente de la FSE, Josée Scalabrini.

À l'Assemblée nationale ce matin, le premier ministre François Legault avait qualifié la bonification offerte aux enseignants de très importante, mais avait dit qu'elle était conditionnelle à plus de souplesse de leur part.

Le premier ministre répondait aux questions du chef intérimaire du Parti libéral du Québec, Marc Tanguay, qui s'inquiétait d'une compilation de données du Journal de Montréal montrant que le nombre d’enseignants ayant démissionné avait doublé en quatre ans et qu'il était de près de 800 depuis la rentrée.

Le débrayage actuel de la FAE touche environ 368 000 élèves de quelque 800 écoles à Montréal, à Laval, en Outaouais, dans les Laurentides, dans la Capitale-Nationale et dans la grande région de Granby.

L'ensemble des établissements scolaires devront toutefois fermer leurs portes lorsque le Front commun entrera aussi en grève, à compter du 8 décembre.

Avec les informations de Mathieu Gohier et de La Presse canadienne

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