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Traque sans frontières des régimes autoritaires contre les journalistes critiques

Un portrait brandi par un manifestant.

Portrait de Gurpatwant Singh Pannun brandi par des manifestants l'organisation du Front hindou unifié à New Delhi en septembre 2023. (Photo d'archives)

Photo : afp via getty images / ARUN SANKAR

Agence France-Presse

Les États autoritaires visent particulièrement les journalistes en exil dans leur campagne de répression de leurs citoyens hors de leurs frontières, affirme dans un rapport publié mercredi l'organisation américaine de promotion de la démocratie Freedom House.

Connue sous le nom de répression transnationale, la volonté de ces régimes de projection de leur appareil coercitif sur leurs ressortissants à l'étranger est revenue dans l'actualité. Les autorités judiciaires américaines ont annoncé la semaine dernière l'arrestation et l'inculpation d'un Indien pour avoir commandité le projet d'assassinat à New York d'un dirigeant séparatiste sikh, à l'instigation d'un agent de New Delhi.

Le concept est apparu au grand jour avec l'assassinat d'un journaliste : celui de Jamal Khashoggi dans le consulat saoudien à Istanbul en octobre 2018, rappelle Freedom House.

Une policière turque devant une image de Jamal Khashoggi.

Une policière turque devant une image de Jamal Khashoggi peinte près des locaux du consulat saoudien à Istanbul, où il a été assassiné et démembré le 2 octobre 2018. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / AP/Lefteris Pitarakis

À mesure que les attaques contre les médias libres et indépendants augmentent dans le monde, de plus en plus de journalistes sont obligés de travailler en exil et sont confrontés à une menace croissante de répression transnationale sur leur nouvelle terre d'accueil, selon le rapport.

112 actes en 10 ans

En une dizaine d'années, entre 2014 et 2023, l'organisation a dénombré 112 actes physiques de répression transnationale contre des journalistes perpétrés par 26 gouvernements, dont la Chine, la Russie, le Bélarus, l'Iran, le Pakistan, l'Arabie saoudite ou le Cambodge.

Mais ces données ne reflètent qu'une fraction du phénomène, beaucoup d'incidents n'étant pas recensés ou extrêmement difficiles à vérifier, souligne-t-elle.

C'est un moment important pour examiner le ciblage spécifique des journalistes, parce qu'ils sont de plus en plus nombreux à fuir la répression dans leur pays, explique à l'AFP Jessica White, une rédactrice du rapport.

Nous constatons des tentatives physiques de faire taire les journalistes, qu'il s'agisse d'agressions ou d'assassinats. Mais ces États utilisent aussi d'autres types de tactiques, comme le harcèlement en ligne, les campagnes de calomnies ou les représailles contre la famille au pays.

Une citation de Jessica White, une rédactrice du rapport de Freedom house

En matière de répression transnationale, nous voyons de tout : de la modération de contenu au harcèlement et à la filature, et même des projets de recrutements de tueurs à gages contre des Américains en territoire américain, indiquait vendredi une vice-secrétaire américaine de la Justice, Eun Young Choi.

Une montée alarmante

Dans ce discours prononcé deux jours après la révélation du projet d'assassinat contre le dirigeant séparatiste sikh Gurpatwant Singh Pannun, elle pointait une montée alarmante des actes de répression transnationale de la part de gouvernements étrangers pour porter atteinte à la liberté d'expression et punir leurs critiques et dissidents, y compris dans les diasporas aux États-Unis.

Pour protéger les journalistes en exil visés, la première étape est de reconnaître qu'il s'agit d'une menace particulière, afin d'en faire prendre conscience à l'ensemble des services de police, estime Jessica White.

Il faut aussi garantir leur sécurité physique, ajoute-t-elle, citant l'exemple du Royaume-Uni ou de la Norvège, où ceux qui font l'objet de menaces physiques reçoivent des montres équipées de dispositifs d'alerte.

Parmi ses recommandations aux États démocratiques, Freedom House prône des sanctions ciblées, coordonnées et multilatérales contre les auteurs et les commanditaires de la répression transnationale contre les journalistes en exil.

L'organisation souhaite à ce titre des interdictions de visa et des gels d'avoirs, précise la chercheuse.

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