•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’armée israélienne entre dans Khan Younès, l’ONU redoute un « scénario infernal »

Un enfant avec les mains sur le visage.

Un enfant palestinien assiste à la découverte de victimes d'un bombardement israélien à Khan Younès.

Photo : Getty Images / Ahmad Hasaballah

Agence France-Presse

L'armée israélienne a dit mardi être aux prises avec le Hamas dans Khan Younès, grande ville du sud de la bande de Gaza assiégée, où l'ONU redoute un « scénario infernal » pour les civils, confinés dans un périmètre de plus en plus réduit.

Engagée depuis le 27 octobre dans une offensive terrestre contre le mouvement islamiste palestinien dans le nord de la bande de Gaza, l'armée a étendu ses opérations au sol à l'ensemble du territoire, près de deux mois après le début de la guerre déclenchée par l'attaque sanglante du Hamas contre Israël.

Depuis la reprise des combats, le 1er décembre, à l'expiration d'une trêve de sept jours, l'armée a resserré l'étau sur le sud de Gaza, où des centaines de milliers de civils venus se réfugier lors de la première phase de la guerre sont désormais contraints de fuir sur quelques kilomètres pour tenter d'échapper aux bombes et aux combats.

Nous sommes au cœur de Jabaliya, au cœur de Choujaïya [deux localités du nord de Gaza] et désormais aussi au cœur de Khan Younès, a affirmé mardi le général israélien Yaron Finkelman, chef du commandement sud, estimant qu'il s'agit du jour le plus intense depuis le début de l'offensive terrestre israélienne.

La terre a tremblé à Khan Younès et Jabaliya, a lancé le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou. Aujourd'hui, nous avons agi avec une puissance immense, s'est-il félicité.

Proche-Orient, l’éternel conflit

Consulter le dossier complet

Un panache de fumée s'élève à la suite d'une frappe aérienne israélienne, dans la ville de Gaza, le samedi 7 octobre 2023.

Les Palestiniens poussés plus au sud

Plus tôt, le responsable de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dans les territoires palestiniens occupés, le Dr Richard Peeperkorn, s'inquiétait du fait que la situation empire d'heure en heure à Gaza.

Nous sommes proches de l'heure la plus sombre de l'humanité.

Une citation de Dr Richard Peeperkorn, responsable de l'OMS dans les territoires palestiniens occupés

À pied, à moto, entassés dans des charrettes ou leurs bagages empilés sur le toit de leur voiture, de nombreux civils ont continué de fuir mardi Khan Younès, nouvel épicentre de la guerre, vers la ville voisine de Rafah, encore plus au sud, près de la frontière fermée avec l'Égypte, selon des images de l'AFP.

La nuit précédente, des témoins avaient signalé à l'AFP des frappes aériennes et des tirs d'artillerie dans le secteur de Khan Younès et de Rafah ainsi qu'à Deir Al-Balah, plus au nord, après le déploiement lundi de dizaines de chars et de bulldozers israéliens dans le sud de Gaza.

Les frappes de la nuit ont fait des dizaines de morts dans la bande de Gaza, selon le Hamas. Un bombardement a notamment fait 25 morts dans une école de Khan Younès abritant des déplacés, selon le ministère de la Santé du Hamas.

Des hommes cherchent au milieu de décombres.

Des Palestiniens cherchent dans les décombres d'un édifice démoli par un raid israélien à Khan Younès.

Photo : Getty Images / Ahmad Hasaballah

L'armée israélienne largue chaque jour sur la ville des tracts avertissant de l'imminence d'un bombardement, ordonnant aux habitants de quitter leur quartier. Mais l'ONU a jugé impossible de mettre en œuvre des zones sécurisées telles que désignées par Israël.

Mardi, de nouvelles scènes de chaos se sont répétées à l'hôpital Nasser de Khan Younès, le plus grand du sud de la bande de Gaza, où des patients sont soignés à même le sol.

Au son des sirènes des ambulances, des blessés étaient transportés, parfois allongés dans de simples remorques ou portés par leurs proches, selon des images de l'AFP.

Un scénario encore plus infernal

Selon l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), l'hôpital, à court de personnel et de fournitures, abrite plus de 1000 patients et 17 000 déplacés.

Un scénario encore plus infernal est sur le point de se réaliser, auquel les opérations humanitaires ne pourront peut-être pas répondre, a averti la coordonnatrice humanitaire de l'ONU pour les territoires palestiniens, la Canadienne Lynn Hastings.

Jan Egeland, secrétaire général du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), a quant à lui affirmé que l'anéantissement de Gaza figure désormais parmi les pires attaques de notre époque à l'encontre de populations civiles.

Une rangée de corps recouverts de linceuls avec des gens agenouillés près d'eux.

Funérailles des victimes d'un bombardement israélien à Khan Younès

Photo : Getty Images / Ahmad Hasaballah

Selon le ministère de la Santé du Hamas, 16 248 personnes, à plus de 70 % des femmes, des enfants et des adolescents, ont été tuées depuis le début des bombardements israéliens sur la bande de Gaza le 7 octobre.

En Israël, l'attaque menée par des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza a fait 1200 morts, en majorité des civils, selon les autorités.

En représailles, Israël a déclaré la guerre au Hamas et promis de détruire le mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza depuis 2007, classé organisation terroriste par les États-Unis, l'Union européenne et Israël.

D'après le gouvernement israélien, 138 otages enlevés en Israël le 7 octobre sont toujours retenus à Gaza, après la libération pendant la trêve de 105 otages, dont 80 en échange de 240 prisonniers palestiniens détenus par Israël.

Des familles d'otages ont de nouveau réclamé mardi une mobilisation internationale pour obtenir leur libération au 60e jour de leur captivité, marqué par une nouvelle rencontre avec Benyamin Nétanyahou, qui a répété œuvrer pour le retour de tout le monde.

Les combats se poursuivent dans le nord de Gaza

Les bombardements et les combats faisaient aussi rage dans le nord de Gaza, où l'armée a annoncé avoir pris le contrôle de positions importantes du Hamas, dont la branche armée continue de tirer des roquettes vers Israël, en grande majorité interceptées.

L'armée israélienne, qui y contrôle désormais plusieurs secteurs, a mené des opérations dans la région de Jabaliya (nord), le plus grand camp de réfugiés palestiniens du territoire, actuellement encerclé.

Quatre-vingt-deux soldats israéliens ont été tués à Gaza depuis le début des opérations israéliennes, a annoncé l'armée mardi soir.

Un char tire un obus.

Tir d'un obus par un char israélien près de la frontière de la bande de Gaza

Photo : afp via getty images / GIL COHEN-MAGEN

Selon des témoins, des dizaines de frappes ont visé plusieurs quartiers de la ville de Gaza, poussant des milliers de civils à fuir.

Maria Abou Assi, une jeune habitante de la ville de Gaza rescapée d'une frappe, a raconté à l'AFPTV avoir été réveillée par un bombardement.J'ai vu des décombres et des pierres m'entourer [...] J'avais tellement mal, a expliqué l'adolescente de 14 ans, qui a été extraite des décombres au bout de quatre jours.

1,8 million de Palestiniens déplacés

Selon l'ONU, 1,8 million de personnes, soit les trois quarts de la population, ont été déplacées par la guerre dans la bande de Gaza, où les frappes ont détruit ou endommagé plus de la moitié des habitations.

Les besoins sont immenses dans le territoire soumis à un siège total par Israël depuis le 9 octobre, siège qui a provoqué de graves pénuries d'eau, de nourriture, de médicaments, d'électricité et de carburant.

L'aide humanitaire, à l'exception des sept jours de trêve, n'y entre qu'au compte-gouttes depuis l'Égypte, soumise au feu vert d'Israël.

D’autres fronts en ébullition

La guerre à Gaza a aussi ravivé la tension à la frontière entre Israël et le Liban, où les échanges de tirs sont quotidiens entre l'armée israélienne et le Hezbollah chiite libanais, allié du Hamas. Mardi, deux personnes, dont un soldat, ont été tuées dans des frappes israéliennes sur le sud du Liban, selon l'armée et l'agence de presse officielle.

Trois soldats dans une rue.

Des soldats israéliens dans le camp de réfugiés de Jénine en Cisjordanie occupée.

Photo : afp via getty images / ZAIN JAAFAR

En Cisjordanie occupée, en proie également à une intensification des violences, un Palestinien a été tué mardi lors d'une opération de l'armée israélienne, selon les autorités palestiniennes et une ONG.

Depuis le 7 octobre, au moins 255 Palestiniens y ont été tués par l'armée ou des colons israéliens, selon l'Autorité palestinienne.

Washington impose des restrictions de visa aux colons israéliens

Les États-Unis ont annoncé mardi l'imposition de sanctions contre des colons juifs accusés d'attaques contre des Palestiniens, pour tenter d'enrayer les violences en Cisjordanie occupée.

Aujourd'hui, le département d'État met en œuvre une nouvelle politique de restriction des visas à l'encontre des personnes soupçonnées d'avoir contribué à saper la paix, la sécurité ou la stabilité en Cisjordanie, notamment en commettant des actes de violence envers des Palestiniens, affirme le secrétaire d'État Antony Blinken dans un communiqué.

Vous souhaitez signaler une erreur?Écrivez-nous (Nouvelle fenêtre)

Vous voulez signaler un événement dont vous êtes témoin?Écrivez-nous en toute confidentialité (Nouvelle fenêtre)

Vous aimeriez en savoir plus sur le travail de journaliste?Consultez nos normes et pratiques journalistiques (Nouvelle fenêtre)

Chargement en cours

Infolettre Info nationale

Nouvelles, analyses, reportages : deux fois par jour, recevez l’essentiel de l’actualité.

Formulaire pour s’abonner à l’infolettre Info nationale.