•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Deux morts aux urgences de l’Hôpital Anna-Laberge de Châteauguay

L'entrée de l'urgence de l'hôpital Anna-Laberge.

L’un des patients décédés a attendu 12 heures, alors qu’il devait voir un médecin dans les 30 minutes suivant son arrivée.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Deux patients sont morts aux urgences de l'Hôpital Anna-Laberge de Châteauguay, sans avoir pu voir un médecin, les 29 et 30 novembre derniers. L'un de ces patients a attendu 12 heures, alors qu’il devait voir un médecin dans les 30 minutes suivant son arrivée. Les responsables de l’hôpital et le coroner ont déclenché une enquête.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, s’est rendu à cet hôpital dimanche.

C’est complètement inacceptable qu’on vive ces situations-là dans nos urgences au Québec, a-t-il déclaré aux médias mardi, en précisant qu’il ne pouvait en dire plus puisque cette affaire fait l’objet d’une enquête.

Les employés et les urgentologues, qui reconnaissent n’avoir jamais vu pareille situation dans ce centre hospitalier, lancent un appel à l’aide. Ils se disent épuisés par la surcharge de travail.

En entrevue à ICI RDI, le président de l’Association des spécialistes en médecine d’urgence du Québec, le Dr Gilbert Boucher, a dressé un tableau peu reluisant de la situation.

Être à 150, à 200 % [de taux d’occupation sur civière] pendant deux ou trois jours, on a appris à vivre avec ça. Mais on sait aussi que lorsque ça fait deux, quatre et six semaines que ça perdure, c’est là qu’il y a des erreurs, c’est là qu’il arrive des choses désastreuses pour les patients.

Une citation de Dr Gilbert Boucher, président de l’Association des spécialistes en médecine d’urgence du Québec

Les soignants travaillent excessivement fort, mais on les met dans des situations impossibles, a-t-il ajouté avant d'indiquer espérer que les enquêtes ne se finiront pas avec du pointage de doigt.

L'Hôpital Anna-Laberge de Châteauguay est l’un des centres hospitaliers les plus achalandés de la région et son taux d’occupation sur civière, qui atteint 184 %, est l’un des plus élevés.

Tableau du taux d'occupation des urgences à Châteauguay.

Tableau du taux d'occupation des urgences à Châteauguay.

Photo : Radio-Canada

Il y a des actions qui se prennent actuellement pour se donner plus de capacité à l'urgence, a de son côté souligné Bernard Cyr, directeur général adjoint au CISSS de la Montérégie-Ouest. Mardi en soirée, le taux d'occupation était descendu à 156 %.

Des taux comme ça, cela a un impact sur la qualité des soins des patients et on le décrit dans les études : mortalité, morbidité, séjours prolongés et un paquet d'autres complications qui peuvent survenir, a souligné la Dre Judy Morris, présidente de l'Association des médecins d'urgence du Québec, en entrevue à l'émission Le 15-18 sur ICI Première.

Selon elle, le défi actuel consiste à appliquer les recommandations de la cellule de crise dans les différents centres hospitaliers. Questionné par l'opposition lors de la période de questions, le ministre Dubé a affirmé que l'Hôpital Anna-Laberge faisait partie des établissements qui n'avaient pas implanté ces recommandations, mais qu'il avait confiance que la nouvelle direction s'y attellerait.

Pas de progrès selon le PLQ

Le ministre Dubé a aussi annoncé mardi après-midi l’ouverture de 200 lits supplémentaires dans les CHSLD et les ressources intermédiaires. Il vise également, à moyen terme, l'ouverture de 300 autres lits pour alléger la pression, particulièrement dans le Grand Montréal.

Mais selon Marc Tanguay, chef intérimaire du Parti libéral du Québec, le gouvernement a échoué à faire baisser la pression dans les urgences. Il y a un an, le taux d'occupation c'était 121 %. Aujourd'hui, c'est plus de 127 %, a-t-il déclaré en chambre lors de la période de questions.

De son côté, le Dr Boucher n’a pas manqué de critiquer le rapatriement des instances décisionnelles au ministère [de la Santé].

Nous, les gens du terrain, on s’est fait écarter. […] Les avancées ont diminué.

Une citation de Dr Gilbert Boucher, président de l'Association des spécialistes en médecine d'urgence du Québec

La situation est aussi difficile dans les urgences pédiatriques qui tiendront une conférence de presse mercredi. À l'Hôpital Sainte-Justine, par exemple, le taux d'occupation a varié ces dernières semaines entre 150 % et 260 %, selon le chef de l'urgence qui évoque notamment les nombreux virus respiratoires qui circulent actuellement.

La section Commentaires est fermée

Compte tenu de la nature délicate ou juridique de cet article, nous nous réservons le droit de fermer la section Commentaires. Nous vous invitons à consulter nos conditions d’utilisation. (Nouvelle fenêtre)

Vous souhaitez signaler une erreur?Écrivez-nous (Nouvelle fenêtre)

Vous voulez signaler un événement dont vous êtes témoin?Écrivez-nous en toute confidentialité (Nouvelle fenêtre)

Vous aimeriez en savoir plus sur le travail de journaliste?Consultez nos normes et pratiques journalistiques (Nouvelle fenêtre)

Chargement en cours

Infolettre Info nationale

Nouvelles, analyses, reportages : deux fois par jour, recevez l’essentiel de l’actualité.

Formulaire pour s’abonner à l’infolettre Info nationale.