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Des infirmières contraintes d’utiliser des seringues qui se brisent

Une seringue utilisée à plus d’un million d’exemplaires chaque année préoccupe le réseau de la santé au Québec.

Une seringue sur un plateau.

La seringue Noromby fait l'objet de rapports d'intervention de la CNESST et de plaintes à Santé Canada.

Photo : CISSS de Laval, «déclaration d'une situation dangereuse», nov 2023

Des seringues employées pour injecter un médicament devant prévenir thromboses et infarctus présentent des risques de bris et d’infection pour le personnel soignant.

Selon les informations obtenues par Radio-Canada, la CNESST a produit cet automne deux rapports d’intervention à la suite d’incidents survenus dans un hôpital de Laval.

L’un d'eux s'est produit le 15 novembre dernier.

Dans sa déclaration d’une situation dangereuse, l’infirmière auxiliaire explique qu'après avoir administré la dose de façon adéquate, elle a retiré la seringue de l'abdomen du patient et elle s'est brisée dans [sa] main avant même d'appuyer sur le piston pour faire sortir la gaine de protection.

Lors du bris, l'aiguille a été éjectée par le ressort et est tombée souillée au sol, précise-t-elle.

Une personne dans son bureau.

Déreck Cyr, président du Syndicat des infirmières, inhalothérapeutes et infirmières auxiliaires de Laval (SIIIAL-CSQ)

Photo : Radio-Canada

Comme le déplore le président du Syndicat des infirmières, inhalothérapeutes et infirmières auxiliaires de Laval (SIIIAL-CSQ), Déreck Cyr, les infirmières ont peur de s’infecter, d’attraper soit le VIH, soit l’hépatite, soit la syphilis chaque fois que la seringue éclate parce que le mécanisme ne fonctionne pas bien.

On remet en question l’utilisation de la seringue, qui devrait avoir un ressort permettant d’éviter de se piquer.

Une citation de Déreck Cyr, président du Syndicat des infirmières, inhalothérapeutes et infirmières auxiliaires de Laval

Dans son rapport de suivi du mois de novembre, l’inspectrice au dossier à la CNESST signale que les seringues poseraient problème dans 15 % des cas, selon l’employeur.

À l’hôpital de réadaptation de Laval, par exemple, 65 patients reçoivent le médicament une ou deux fois par jour.

Nous avons pu consulter d’autres déclarations d’une situation dangereuse ainsi que des plaintes acheminées à Santé Canada.

Au CISSS de Laval, on dit faire des rappels auprès des travailleurs sur la procédure d’utilisation de la seringue et avoir avisé Santé Canada ainsi que le fournisseur de la seringue, l'entreprise Juno.

Des bacs biorisques ont également été installés à proximité de tous les lits et chaises des usagers.

Pas de solution de rechange depuis 2022

Jusqu’au début de 2022, l’administration du médicament ne posait pas de problème particulier.

Le fabricant Sanofi distribuait chaque année dans les établissements de santé du Québec plus de 1,3 million de seringues du médicament appelé Lovenox.

Or, comme l’explique l’inspectrice de la CNESST dans son rapport d’octobre dernier, l’arrêt de la commercialisation du Lovenox a mené le ministère de la Santé à obliger les hôpitaux à passer à deux produits de substitution utilisant le même système de seringue, notamment le Noromby de la pharmaceutique Juno.

Des plaintes à Santé Canada

À Ottawa, Santé Canada se dit au fait du dossier depuis plus d’un an.

Au début du mois de novembre, près d’une dizaine de plaintes avaient été reçues à l'agence fédérale pour le Noromby.

Le distributeur canadien Juno Pharmaceuticals Corp. est au courant de ces plaintes et met en place des mesures correctives, écrit le porte-parole Nicholas Janveau. Santé Canada surveille le problème de près et s’assure que l'entreprise prend toutes les mesures correctives appropriées.

Par courriel, Juno Pharmaceuticals souligne que dans le cadre d'initiatives d’amélioration continue, nous travaillons avec notre fabricant de seringues pour améliorer le processus de production et réduire la force nécessaire à l'activation du mécanisme de sécurité de nos produits Noromby.

L’entreprise a également produit une vidéo et modifié la monographie en ajoutant des photos sur l’utilisation de la seringue. Elle souligne qu’une période d’adaptation peut durer un an.

Une porte-parole du CISSS de Laval précise que l'établissement a aussi demandé au MSSS d’évaluer la possibilité d'importer le produit d'un fournisseur conforme, possiblement à l'extérieur du Canada, ce qui relève aussi de Santé Canada.

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