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Compressions à Radio-Canada : Catherine Tait ne s’avance pas au sujet des primes

Piétons qui traversent l’ombre du logo de CBC/Radio-Canada.

Comme plusieurs sociétés d'État fédérales, CBC/Radio-Canada doit effectuer des compressions budgétaires.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

CBC/Radio-Canada, qui doit réduire son budget de 125 millions de dollars, a annoncé lundi la suppression de 800 postes, mais la PDG du diffuseur public ne dit pas, pour le moment, ce qu'il adviendra des primes versées à certains employés.

C’est ce qui ressort d’une entrevue accordée par Catherine Tait à la présentatrice du téléjournal de CBC, Adrienne Arsenault, lundi soir, à la suite de l'annonce de l’ampleur des compressions qui attendent la société d’État. Un échange de 34 secondes, en particulier, a été abondamment commenté sur les réseaux sociaux.

Les documents obtenus par la Fédération canadienne des contribuables en vertu de la Loi sur l’accès à l’information montrent que 16 millions de dollars de primes ont été versés en 2022. Est-ce qu’on peut établir que cela n’arrivera pas cette année? a demandé la présentatrice du National à Mme Tait.

Il est trop tôt pour dire où on en est rendus pour cette année. On va regarder cela comme on le fait pour toutes nos opérations dans les mois qui viennent, a répondu la PDG du diffuseur public à la journaliste de CBC.

Catherine Tait en entrevue.

Catherine Tait s'est expliquée en entrevue à CBC et à Radio-Canada, lundi.

Photo : Radio-Canada / Christian Patry

Alors, il y a une chance que des primes soient versées alors que des emplois auront été supprimés? a renchéri Adrienne Arsenault. Là encore, je ne peux pas commenter quelque chose qui n’a pas encore fait l’objet de discussions, a répondu Catherine Tait.

Les 16 millions de dollars versés en primes en 2022 représentent l'équivalent en moyenne de 14 056 $ versés à 1142 employés, selon les calculs de la Fédération canadienne des contribuables (FCC) dévoilés au printemps.

La ministre évite de se mouiller

Interrogée en mêlée de presse mardi, la ministre du Patrimoine canadien, Pascale St-Onge, à la tête du ministère dont dépend CBC/Radio-Canada, est restée évasive. CBC/Radio-Canada doit rendre des comptes au grand public à qui la société appartient. Vous devriez rediriger cette question vers eux, a répondu la ministre, qui a ajouté plus tard qu’en tant que gouvernement, on n'a pas à se mêler de leur gestion interne.

Au sujet des compressions de 3 % demandées à toutes les sociétés d’État (soit 38 millions $ pour CBC/Radio-Canada), la ministre St-Onge a laissé une porte ouverte. Ce n’est pas nécessairement une chose qui va être appliquée sans prendre en considération les impacts que ça peut avoir, donc la décision n’a pas été prise, a-t-elle déclaré.

À Québec comme à Ottawa, l’annonce de ces compressions a fait réagir. Le ministre québécois de la Langue française, Jean-François Roberge, a déploré que l’ampleur des coupes soit identique à Radio-Canada et à CBC.

Le droit d’être informé et diverti en français, c’est important. [...] Des coupes comme ça n'ont pas de sens : on fait payer Radio-Canada français pour les déboires de CBC.

Une citation de Jean-François Roberge, ministre québécois de la Langue française

Un avis partagé par le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon. ICI Télé a 25 % d’audience, alors que c’est 6 % à la CBC. La CBC ne perce pas… Ce n’est pas à Radio-Canada de payer, a affirmé le chef du PQ, qui croit qu’aucune somme obtenue de la part de Google ne devrait être versée à la société d’État.

Compressions à CBC/Radio-Canada : le regard des Mordus de politique

De son côté, le chef du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre, qui a promis, s'il est élu, de mettre la hache dans la société d'État – davantage à CBC qu'à Radio-Canada –, n'a pas manqué de commenter l'annonce des compressions.

CBC dit qu’elle est de nouveau en faillite et licencie du personnel. Et cela après avoir versé 99 millions de dollars en primes à des dirigeants incompétents et à des porte-paroles libéraux. Je parie qu’aucun des porte-paroles préférés de Trudeau ne sera abandonné : ils recevront davantage de primes, a-t-il écrit sur X (ex-Twitter), lundi.

Cette somme de 99 millions de dollars correspond aux primes versées entre 2015 et 2022 par CBC/Radio-Canada, selon les calculs de la FCC.

Plan de sauvetage en vue?

Le ministre québécois de la Culture et des Communications, Mathieu Lacombe, travaille à un nouveau plan de sauvetage des médias, à en juger par les documents qu’il transportait avec lui mardi à l’Assemblée nationale.

Lorsqu’un journaliste lui a demandé pourquoi il tenait dans ses bras, à la vue de tous, un document intitulé Faire une proposition de plan temporaire d’aide aux médias, il a répondu, légèrement gêné : Vous avez une bonne vue. Je vais cacher ça.

Le ministre Lacombe a par la suite souligné que le secteur des télécommunications, qui relève traditionnellement d’Ottawa, vivait des heures sombres et que Québec était prêt à prendre le relais – à condition, bien sûr, que des transferts fédéraux soient au rendez-vous.

Ce n’est pas une cachette, je l’ai dit publiquement : on doit mieux se concerter avec Ottawa, parce qu’effectivement, en ce moment, il y a un trou, a-t-il répété.

Ce plan de sauvetage, dont le destin est inconnu pour l’instant, viendrait vraisemblablement s’ajouter aux mesures d’aide à la presse écrite décrétées dans les dernières années par le gouvernement de la Coalition avenir Québec pour aider les médias traditionnels dont les revenus publicitaires fondent.

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