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Des scientifiques recommandent de renforcer la protection du littoral de l’Î.-P.-É.

Une plage érodée à quelques pas d'une maison.

L'érosion côtière à Cape Cage.

Photo : Gracieuseté/Université de l’Île-du-Prince-Édouard

Des scientifiques de l'Université de l'Île-du-Prince-Édouard ont remis, mardi, au gouvernement une série de recommandations concernant les politiques de protection du rivage.

L'équipe d'une douzaine de personnes, dirigée par Aitazaz Farooque, Ph. D., a remis deux documents. Le premier constitue un état des lieux du littoral basé sur les données existantes, qui étaient disséminées un peu partout, selon le M. Farooque.

Ce rapport fournit des tendances, notamment concernant l'érosion, et dresse l'inventaire des stratégies mises en œuvre par les municipalités et les propriétaires pour se protéger. Il évalue aussi certaines mesures adoptées dans d'autres pays.

Le deuxième document recommande ni plus ni moins de remettre à plat toute la politique de gestion de la côte prince-édouardienne, en subdivisant le littoral en 17 zones, qui devront faire l'objet de plans de gestion particuliers.

Une vue aérienne d'un chantier le long du rivage.

Un mur de pierres en construction sur la plage de Point Deroche, à l'Î.-P.-É., soulève des discussions sur ce qui est acceptable pour prévenir l'érosion du rivage.

Photo : Radio-Canada / Shane Hennessey

Le développement côtier non contrôlé est également dans la mire des spécialistes. Ces derniers mois, différents projets ont fait polémique, mais aucun autant que la maison de vacances en cours de construction à Point DesRoches, derrière un enrochement massif visant à prévenir l'érosion.

La polémique à Point DesRoches sert d'étincelle

Rien n'a été mal fait parce qu'on a suivi les politiques à la lettre. La question qui est venue, c'est : est-ce que les politiques sont bonnes, explique le ministre de l'Environnement, de l'Énergie et de l'Action climatique, Steven Myers.

Cette construction, et le moratoire mis en place par la suite pour interdire tout développement dans les zones tampons, ont été l'étincelle qui a mené à la rédaction des deux rapports.

Tant que le développement se poursuivra dans les zones à haut risque, la vulnérabilité côtière de l'île continuera d'augmenter, ce qui risque d'aggraver la dégradation du littoral, préviennent les scientifiques, pour qui le statu quo n'est pas envisageable.

Sept personnes qui posent pour la photo en tenant dans les mains des documents.

Une partie de l'équipe de scientifiques du Centre de recherche sur les changements climatiques et l'adaptation, rattaché à l'Université de l'Î.-P.-É., qui a rédigé les recommandations à l'intention du gouvernement concernant la protection littorale.

Photo : Radio-Canada / Laurent Rigaux

Les auteurs du rapport s'alarment de la réglementation défaillante, qui permet de déroger aux règles concernant la végétation des zones tampons, qui devraient ressembler à une épaisse rangée d'arbres ou d'arbustes, des herbes hautes si les règles étaient suivies.

En réalité, les zones tampons adjacentes à la plupart des propriétés côtières résidentielles ne ressemblent pas à cela parce qu'il y a un vif désir d'obtenir une vue dégagée de la côte, lancent-ils.

Le moratoire reste en place

Interrogé sur ce point, Steven Myers vante la hausse des amendes, décidée l'année dernière, qui passent de 3000 à 50 000 dollars pour toute perturbation de ces zones écologiquement sensibles, et essentielles, selon Aitazaz Farooque, pour que notre côte tienne bon.

Le rapport recommande d'ailleurs de créer un programme de végétalisation des zones tampons, d'agrandir ces zones tampons pour mieux protéger les rivières et marais, ainsi que de mettre en place un programme d'achat de terrains le long du rivage afin de les protéger.

Deux hommes à une table lors d'une conférence de presse.

Le ministre Steven Myers (à droite) promet de mettre en œuvre toutes les recommandations de protection du littoral faites par une équipe de scientifiques du Centre de recherche sur les changements climatiques dirigée par Aitazaz Farooque, Ph. D. (à gauche).

Photo : Radio-Canada / Laurent Rigaux

Un plan de déplacement des chalets devrait aussi être créé afin d'aider les propriétaires les plus à risques. Un plafond sur l'aide financière reçue en cas de sinistres répétés est aussi évoqué.

Seize recommandations sont émises et seront toutes mises en œuvre, selon Steven Myers. Ça va être un grand changement pour les insulaires, prévient le ministre, qui s'attend à trois ans de travail.

Le moratoire sur les développements dans les zones tampons restera en vigueur jusqu'à ce que les plans de gestion des 17 zones régionales soient en place. Avant ce moratoire, plus de 7 km de littoral étaient enrochés chaque année.

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