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Craintes pour le sud de Gaza, au cœur des affrontements

Des soldats armés avancent dans les décombres d'une ville.

L'armée israélienne a élargi ses opérations au sol à l'ensemble de la bande de Gaza mardi.

Photo : via reuters / ISRAEL DEFENSE FORCES

Agence France-Presse

Après des semaines de combat contre le Hamas dans le nord de Gaza, l'armée israélienne intensifie mardi son déploiement dans le sud du territoire, faisant craindre un « scénario encore plus infernal » pour les civils.

Engagée depuis le 27 octobre dans une campagne terrestre dans le nord du territoire palestinien, l'armée israélienne a élargi ses opérations au sol à l'ensemble de la bande de Gaza, avec des tanks déployés près de Khan Younès, nouvel épicentre des tensions.

Au début de son opération terrestre, l'armée israélienne avait demandé à la population du nord de Gaza de migrer vers le sud du territoire, devenu encore plus densément peuplé avec l'afflux de centaines de milliers de déplacés.

Des organisations internationales s'alarment des risques pour les civils à Gaza, où tous les services de télécommunications sont à l'arrêt en raison d'une coupure des principaux réseaux de fibre du côté israélien, selon le groupe de télécommunications palestinien Paltel.

Un scénario encore plus infernal est sur le point de se réaliser, auquel les opérations humanitaires ne pourront peut-être pas répondre, a déclaré la coordinatrice humanitaire de l'ONU pour les Territoires palestiniens, la Canadienne Lynn Hastings, dont Israël avait annoncé la semaine dernière qu'il ne renouvellera pas le visa.

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Un panache de fumée s'élève à la suite d'une frappe aérienne israélienne, dans la ville de Gaza, le samedi 7 octobre 2023.

Des souffrances intolérables

La présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Mirjana Spoljaric, arrivée lundi dans la bande de Gaza, a dénoncé les souffrances intolérables de la population.

Ce qui m'a le plus choqué, ce sont les enfants qui ont des blessures atroces et qui ont également perdu leurs parents et n'ont personne pour s'occuper d'eux, a-t-elle ajouté, soulignant que des civils n'ont nulle part où aller.

D'après l'ONU, 1,8 million de personnes, soit les trois quarts environ de la population totale de Gaza, ont déjà été déplacées par la guerre.

Nous avons vu ce qui s'est passé dans le nord de Gaza. Cela ne peut pas servir de modèle pour le sud, a renchéri Ahmed Al-Mandhari, directeur régional de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Des gens dans des décombres.

Des Palestiniens fouillent dans les décombres après une attaque israélienne à Rafah.

Photo : Reuters / STAFF

Le patron de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, avait indiqué lundi avoir reçu une notice de l'armée israélienne afin de retirer nos fournitures de notre entrepôt médical dans le sud de la bande de Gaza dans les 24 heures, car les opérations au sol le rendront inutilisable.

Mais l'organe de la Défense israélienne supervisant les activités civiles dans les Territoires palestiniens (Cogat) a nié avoir demandé à l'OMS d'évacuer son entrepôt dans le sud de Gaza.

L'armée israélienne a toutefois demandé aux organisations humanitaires internationales leur soutien pour aider à la mise en place des infrastructures à Al-Mawasi, zone côtière du sud de la bande de Gaza entre Khan Younès et Rafah, où Israël demande aux civils de se replier.

Attaque imminente à Khan Younès

Lundi, les militaires ont dit agir avec force à Khan Younès, où ils ont largué des tracts sur certains quartiers avertissant qu'une terrible attaque est imminente et ordonnant aux habitants de partir.

Des dizaines de chars, de transports de troupes et de bulldozers israéliens sont entrés dans le sud du territoire palestinien à proximité de Khan Younès, où s'entasse une partie des civils, ont indiqué des témoins à l'AFP.

Amine Abou Hola, 59 ans, a raconté que ces véhicules étaient entrés sur une profondeur de deux kilomètres, dans le village d'Al-Qarara, au nord de Khan Younès.

Des Palestiniens dans un refuge.

Des Palestiniens qui ont fui leur maison sont rassemblés dans un refuge de l'ONU à Khan Younès.

Photo : Reuters / IBRAHEEM ABU MUSTAFA

Dans un quartier dévasté de Rafah, ville frontalière de l'Égypte où les militaires israéliens ont dit vouloir détruire des tunnels souterrains du Hamas, des survivants fouillaient les décombres.

Nous étions à la maison, nous avons entendu un énorme bruit et des choses ont commencé à nous tomber dessus, c'était comme un tremblement de terre. Nous n'avions jamais vu cela auparavant, la terre a tremblé et le son était si fort, a raconté un rescapé, Abou Jahar al-Hajj.

Le ministère de la Santé du Hamas a affirmé lundi que 15 899 personnes, à 70 % des femmes ainsi que des enfants et adolescents, ont été tuées depuis le début des bombardements israéliens sur la bande de Gaza le 7 octobre.

Deux civils pour un combattant

Environ deux civils ont été tués pour chaque combattant du Hamas mort dans la bande de Gaza, ont affirmé lundi de hauts responsables militaires israéliens sous couvert d'anonymat.

Il faut espérer que ce ratio sera beaucoup plus bas dans la prochaine phase de la guerre, a indiqué un de ces responsables, ajoutant qu'un logiciel de cartographie de haute technologie avait été déployé pour réduire le nombre de morts parmi les non-combattants.

En Israël, l'attaque menée le 7 octobre par des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza a fait 1200 morts, en majorité des civils, selon les autorités. En représailles, Israël a déclaré la guerre au Hamas et promis de détruire le mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza.

Un homme couvert de poussière et avec une blessure à la tête est soutenu par deux médecins.

Les bombardements ont repris de plus belle à Gaza après la trêve humanitaire entre Israël et le Hamas.

Photo : Getty Images / Ahmad Hasaballah

D'après l'armée, 137 otages sont toujours retenus à Gaza, 105 ayant été relâchés pendant une trêve récente d'une semaine, dont 80 en échange de 240 prisonniers palestiniens détenus par Israël.

Les efforts pour prolonger la trêve ont échoué en partie parce que le Hamas ne voulait pas que des femmes otages révèlent ce qu'elles avaient subi, selon un responsable américain, des accusations rejetées par le mouvement islamiste.

Hostilités en Cisjordanie

Les hostilités dans la bande de Gaza se propagent aussi à la Cisjordanie occupée, à la frontière entre Israël et le Liban et dans différents endroits au Moyen-Orient, où les troupes américaines sont prises pour cibles.

En Cisjordanie, cinq Palestiniens ont été tués lundi par l'armée israélienne, selon l'Autorité palestinienne. Tôt mardi, des soldats étaient déployés dans le secteur de Jénine, bastion local des factions palestiniennes.

L'aviation israélienne a indiqué avoir bombardé tôt mardi des positions du Hezbollah libanais, allié du Hamas, et différentes localités en territoire libanais en représailles à des tirs du Liban vers le nord d'Israël.

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