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Malgré la grève, les écoles de Montréal doivent rester accessibles, décrète la cour

Des grévistes sous la neige.

La FAE observe lundi sa huitième journée de grève générale illimitée.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Robillard

Radio-Canada

La demande d'injonction du Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM) est accueillie en partie. Malgré la grève générale illimitée de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), les écoles de la métropole doivent rester accessibles, a décrété la Cour supérieure du Québec, lundi matin.

La juge Dominique Poulin demande entre autres aux syndiqués de cesser d'apostropher, de photographier, de filmer et d'incommoder volontairement les ouvriers qui se présentent aux établissements scolaires [pour y] exécuter des travaux de construction, de rénovation et d'entretien.

Elle demande aussi aux grévistes de ne pas s'approcher à moins d'un mètre de ces travailleurs et leur interdit de retirer les plaques d'immatriculation de leurs véhicules, faisant allusion à des cas spécifiques répertoriés dans les dernières semaines.

La magistrate, qui avait mis l'affaire en délibéré vendredi, ordonne en outre aux grévistes de cesser immédiatement et de s'abstenir de toute forme de piquetage sur les terrains [des écoles] en dégageant les accès aux entrées des immeubles et des stationnements.

Les ordonnances émises par la Cour lundi visent l'Alliance des professeures et professeurs de Montréal (APPM), qui fait partie de la FAE, en grève générale illimitée depuis le 23 novembre.

Grèves dans le secteur public au Québec

Consulter le dossier complet

Des manifestants sont massés devant l'Assemblée nationale et brandissent pancartes et banderoles.

Dans sa décision rendue lundi, la juge Poulin conclut que la façon dont l'APPM et les membres de son comité exécutif encouragent les enseignants à exercer leurs moyens de pression cause un préjudice sérieux au CSSDM, ce qui justifie l'ordonnance d'une injonction provisoire en attendant d'entendre la cause sur le fond.

Le Centre de services scolaire choisit de mettre des bâtons dans les roues de ses employés, plutôt que de les supporter dans leurs revendications pour de meilleures conditions d’enseignement, a déploré l'APPM lundi midi.

Cette manière méprisante de nous traiter ne fait que nourrir notre indignation et renforcera notre mobilisation, a-t-elle aussi prédit.

La guerre de l'opinion publique se poursuit

Pendant ce temps, les négociations se poursuivent entre le gouvernement et la FAE, qui représente aussi des enseignants de Laval, des Laurentides, de l'Outaouais, de la Capitale-Nationale et de la grande région de Granby.

Dans une déclaration écrite transmise aux médias lundi matin, le cabinet de la présidente du Conseil du Trésor, Sonia LeBel, a déploré que la contre-offre déposée par la Fédération samedi ne propose rien en ce qui a trait à la souplesse réclamée par Québec en matière d'organisation du travail.

Faux, a rétorqué la présidente du syndicat, Mélanie Hubert, en fin d'avant-midi, tout juste avant de participer à une marche aux côtés d'autres grévistes, à Montréal. La FAE a déposé des choses qui vont vraiment dans le sens que le gouvernement proposait, a-t-elle assuré.

En entrevue à Midi info sur ICI Première, Mme Hubert a précisé que son syndicat avait manifesté de l'ouverture sur quatre des cinq priorités du gouvernement déposées le 11 octobre. Il s'agit notamment de la création de nouveau postes et de la formation professionnelle.

Concernant la volonté patronale de devancer de plusieurs semaines les affectations des professeurs, elle a confirmé que la FAE n'avait pas fait de contre-proposition, car il s'agit d'un un enjeu beaucoup plus grand pour lequel on a du mal à avoir des présentations et des analyses qui nous montrent où sont les problèmes et de quelle ampleur.

Par ailleurs, les propositions du gouvernement au sujet de l'autonomie n'ont pas été jugées suffisantes pour lever la grève.

Une gréviste portant une moustache prend la pose en tenant la main d'un enfant. Leurs pancartes respectives indiquent : « Si ça prend une moustache pour être enfin reconnue... » et « J'aime mes profs ».

La FAE avait organisé lundi une « manifestation féministe » s'inscrivant dans le cadre des « 12 jours d'action contre les violences faites aux femmes ».

Photo : Radio-Canada / Aimée Lemieux

La FAE représente plus de 65 000 enseignants répartis dans 800 écoles. Celles-ci comptent environ 368 000 élèves.

Drainville se désole

En point de presse, le ministre de l'Éducation du Québec, Bernard Drainville, a dénoncé l'absence de contre-proposition de la part de la FAE au sujet des affectations, dans le but de permettre tant aux enfants qu'aux enseignants de pouvoir partir en vacances en sachant ce qui les attend à la rentrée suivante.

Bernard Drainville devant un lutrin.

Le ministre de l'Éducation du Québec, Bernard Drainville. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Là-dessus, on n'a eu aucune ouverture, et ça, on s'en désole, a déclaré le ministre Drainville. Il a souligné que le gouvernement a proposé 5000 nouvelles permanences, de l'aide supplémentaire pour 14 000 classes et une bonification salariale qui fera qu'avec 13 ans d'expérience, le salaire d'un enseignant sera de 102 000 $ au lieu de 92 000 $ actuellement.

Du côté du Front commun (FTQ, CSN, CSQ et APTS) et la FIQ, des pourparlers sont en cours depuis plusieurs mois, mais aucune entente n'a encore été annoncée.

À bout de patience, certaines unités ont accru leurs moyens de pression dans les dernières semaines. C'est le cas du Front commun, qui a annoncé la semaine dernière sept nouvelles journées de grève, du 8 au 14 décembre.

Deux rencontres à la table centrale, où sont abordés les enjeux relatifs aux salaires et aux retraites, sont prévues mercredi et jeudi. Mais les pourparlers devant cette instance devront s'intensifier si les deux parties souhaitent en arriver à une entente d'ici 2024.

Si on veut régler avant Noël, ça va prendre un blitz dans les prochains 7  à10 jours, a confié une source syndicale à Radio-Canada, qui précise que les négociations ne sont pas rendues au point où les négociateurs s'enferment dans une salle pour négocier 24 heures sur 24.

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