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Émissions de méthane : Ottawa dévoile des règles plus strictes pour l’industrie pétrolière

Le brûlage de gaz naturel sur un site pétrolier.

Parmi les nouvelles mesures annoncées figure l'interdiction du torchage, qui consiste à brûler l'excédent de gaz provenant de puits de pétrole et de gaz. Ce procédé libère cinq fois plus de méthane que ce qu'on estimait auparavant, selon une étude.

Photo : Radio-Canada / Kyle Bakx/CBC

Radio-Canada

Le gouvernement fédéral a dévoilé des règles plus strictes auxquelles devra se soumettre l'industrie pétrolière et gazière dans l’objectif de réduire considérablement les émissions de méthane au Canada.

Le ministre de l'Environnement, Steven Guilbeault, en fait l'annonce lundi à l’occasion du sommet sur le climat, la COP28, à Dubaï.

Similaires à celles annoncées ces derniers jours par les États-Unis, les nouvelles règles visent à aider le Canada à atteindre et à dépasser son objectif de réduction des émissions de méthane du secteur pétrolier et gazier d'au moins 75 % par rapport aux niveaux de 2012.

Le méthane est un gaz inodore et incolore, considéré comme 80 fois plus nocif pour l'atmosphère que le dioxyde de carbone pendant les 20 ans qui suivent son rejet dans l'atmosphère, selon le Programme des Nations unies pour l'environnement.

La réduction des émissions de méthane de notre secteur pétrolier et gazier est l'un des moyens les plus rapides [...] de réduire la pollution qui alimente le changement climatique.

Une citation de Steven Guilbeault, ministre fédéral de l'Environnement

Une approche inconstitutionnelle

Dans un communiqué, la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, et la ministre provinciale de l'Environnement et des aires protégées, Rebecca Schulz, ont déclaré que l’approche d'Ottawa est coûteuse, dangereuse et inconstitutionnelle.

Elles rappellent que la province a déjà mis en place des initiatives pour réduire les émissions de méthane qui fonctionnent : L’Alberta a déjà réduit ses émissions de méthane provenant de secteur gazier et pétrolier de 45 %.

Danielle Smith et Rebecca Schulz dénoncent aussi le manque de soutien financier d’Ottawa dans l’atteinte de ses cibles.

Pour la porte-parole de l'opposition officielle en matière d’énergie et de climat, Kathleen Ganley, cette sortie du gouvernement conservateur n’est que du vent, puisque le Parti conservateur uni avait laissé entendre dans une conférence de presse au printemps dernier qu’il regardait avec « Alliance nouvelles voies pour réduire les émissions de méthane de 75 à 80 % d’ici 2030 ».

Interdiction du torchage et inspection des installations

La nouvelle réglementation impose aux compagnies pétrolières et gazières de colmater les fuites de méthane et d'interdire le torchage du gaz naturel. Ce procédé, qui consiste à brûler l'excédent de gaz provenant de puits de pétrole et de gaz, libérerait cinq fois plus de méthane que ce qui était estimé auparavant.

La première ministre déclare que cette interdiction est impossible car il s'agit d'une pratique essentielle en matière de santé et de sécurité pendant la production.

Des inspections régulières des installations sont également obligatoires.

Le règlement s'appliquera à des milliers d'installations pétrolières et gazières nationales. Des consultations publiques débuteront le 16 décembre.

Le ministre de l'Environnement, Steven Guilbeault, prend la parole au pavillon du Canada à la COP28 à Dubaï, aux Émirats arabes unis, le 4 décembre 2023.

Le ministre de l'Environnement, Steven Guilbeault, souligne la nécessité d'accélérer la réduction des émissions de méthane au Canada.

Photo : Radio-Canada / Kyle Bakx/CBC

Selon un rapport publié en octobre par l'Agence internationale de l'énergie (AIE), une forte réduction des émissions de méthane dans le monde pourrait ralentir l'augmentation prévue des températures moyennes mondiales de 0,1 °C d'ici à 2050.

L'objectif du sommet sur le climat est de réduire les émissions afin de limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C par rapport aux niveaux de l'ère préindustrielle, afin d'éviter une catastrophe climatique.

L'industrie dit coopérer

L’industrie pétrolière reconnaît la nécessité de réduire plus rapidement les émissions de méthane. C’est du moins ce qu’indique Rhona DelFrari, responsable du développement durable de Cenovus Energy, une société pétrolière et gazière de Calgary.

Elle ajoute que Cenovus Energy a réduit ses émissions de méthane de 59 % au cours des trois dernières années et vise désormais un objectif de réduction de 80 % d'ici 2028 par rapport au niveau de 2019.

L'extraction du pétrole libère une quantité variable de méthane. Certaines entreprises capturent ces gaz et les transportent dans un pipeline pour les vendre comme gaz naturel, d'autres les rejettent dans l'atmosphère ou les brûlent.

Selon Soheil Asgarpour, le président-directeur général de l'Alliance des technologies pétrolières du Canada (PTAC), la technologie pour arriver à ces cibles n’existe pas encore. 

Je pense que nous pouvons atteindre 75 % à condition que nous obtenions un financement des gouvernements provinciaux et fédéral pour ce faire , a-t-il déclaré.

Le PDG affirme que les efforts pour développer les technologies afin de réduire les émissions se sont concentrés sur les points les plus faciles à atteindre.

Un centre pour quantifier les émissions

Par ailleurs, l'un des défis de la lutte contre les émissions de méthane consiste à comptabiliser correctement la quantité de méthane libérée dans l'air. La technologie de surveillance s'améliore, notamment grâce à la mise au point de capteurs et de satellites sophistiqués, mais les experts estiment que la précision des données actuelles peut encore être améliorée.

Dans le cadre de son annonce faite lundi, Ottawa s'est également engagé à consacrer 30 millions de dollars à la création d'un centre d'excellence sur le méthane afin d'améliorer la déclaration des émissions de méthane et de se concentrer sur les données et les mesures.

Il est à noter que plus de 150 pays ont signé un engagement sur le méthane, dont l'objectif est de réduire les émissions de ce polluant de 30 % dans le monde d'ici à 2030 par rapport aux niveaux de 2020.

La Chine a refusé de prendre part à cet engagement.

Avec les informations de Kyle Bakx

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