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Grèves : le PLQ veut que Legault se mêle des négociations, mais pas les syndicats

Des syndiqués du secteur public manifestent devant l’Assemblée nationale à Québec.

Des milliers de travailleurs en grève du secteur public ont répondu à l’invitation du Front commun syndical en novembre. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

Le premier ministre François Legault doit cesser d'être un « commentateur » et un « observateur » dans les négociations avec les employés du secteur public et doit s'impliquer personnellement, plaide l'opposition officielle à Québec. Cependant, plusieurs syndicats estiment qu'une telle intervention du premier ministre à ce stade-ci des discussions serait « prématurée ».

Moi, je pense qu'on est mieux d'avoir moins de monde sur la patinoire présentement, a illustré le premier vice-président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), François Énault, lorsque La Presse canadienne lui a demandé s'il verrait d'un bon œil une intervention du premier ministre dans les pourparlers, comme ce que demande le Parti libéral du Québec (PLQ).

Dimanche matin, le PLQ a fait une sortie publique pour demander à M. Legault d'entrer personnellement et directement en communication avec les représentants syndicaux afin d'accélérer les choses dans le renouvellement des diverses conventions collectives.

Il en va du devoir du chef de l'État québécois, a fait valoir M. Tanguay.

La responsabilité fondamentale du premier ministre, c'est de s'impliquer directement et personnellement. Il ne peut plus être observateur et commentateur, il doit être un acteur, a-t-il soutenu.

Grèves dans le secteur public au Québec

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Des manifestants sont massés devant l'Assemblée nationale et brandissent pancartes et banderoles.

La parole, le poids du premier ministre du Québec, ça a tout son impact, et on est rendus là. On est rendus là.

Le chef libéral déplorait le fait que le gouvernement n'a toujours pas réussi à s'entendre avec les syndicats qui représentent les quelque 600 000 employés de l'État dont les conventions collectives sont arrivées à échéance en mars dernier.

Marc Tanguay en point de presse à l'Assemblée nationale.

Le chef par intérim du PLQ, Marc Tanguay. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Même si les syndicats avaient prévenu que l'automne serait chaud en raison de l'écart entre leurs demandes et les offres de Québec, le gouvernement a laissé la situation s'étirer au point où des grèves affectent aujourd'hui les services publics, a déploré M. Tanguay, qui demande maintenant à M. Legault de corriger le tir.

Si le premier ministre Legault change son approche, il a tous les moyens pour changer la dynamique, a-t-il mentionné.

Plutôt que de dire aux travailleuses et aux travailleurs : "Vous n'êtes pas corrects d'être en grève", s'il les convoquait et s'assoyait avec eux, il pourrait directement et personnellement avoir un dialogue, avoir une communication, bâtir une relation de confiance et être capable, justement, de les ramener. C'est ce [dont] on a besoin.

Les syndicats réticents

Interrogées sur leur ouverture à l'idée de voir une telle intervention du premier ministre, la CSN, la CSQ et l'APTS – qui composent, avec la FTQ, le Front commun dans l'actuelle ronde de négociations – ont toutes répondu qu'il serait préférable que le gouvernement donne d'abord plus de moyens à ses négociateurs aux diverses tables de négociations.

Personnaliser le débat ne fera pas avancer les choses. Le bon endroit pour faire avancer les négociations, c'est aux tables, a souligné la CSQ dans une déclaration écrite.

M. Énault, de la CSN, a ajouté qu'une intervention du premier ministre dans les négociations survient habituellement beaucoup plus tard dans le processus, lorsque les parties sont près d'une entente, ce qui n'est pas le cas actuellement.

On ne refuserait jamais une rencontre avec M. Legault, au contraire, mais moi, je pense que présentement, [ce serait] prématuré, a-t-il affirmé. Le dialogue est là, on a le même objectif d'avoir un règlement avant les Fêtes et tout le monde travaille là-dessus.

En ce sens, M. Énault a noté que la communication est toujours bonne avec la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, même si la tenue des diverses grèves pourrait laisser croire le contraire.

On ne s'entend pas, mais il y a une communication, puis le canal est là, a-t-il dit. Je pense que Mme LeBel, présentement, fait ce qu'elle a à faire.

Quatre dirigeants syndicaux marchent dans une rue de Québec.

Les dirigeants du Front commun (de gauche à droite) : François Énault (CSN), Robert Comeau (APTS), Magali Picard (FTQ) et Éric Gingras (CSQ).

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Les discussions se poursuivent

Après avoir tenu des grèves d'une et de trois journées en novembre, le Front commun a annoncé qu'il débrayera pendant sept jours du 8 au 14 décembre. Il s'agira de la dernière étape de ses moyens de pression avant de déclencher une grève générale illimitée si une entente n'est pas conclue.

Pendant ce temps, la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), qui représente environ 66 000 enseignants, poursuit sa grève générale illimitée, tandis que la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), qui représente 80 000 infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes cliniques, sera en grève du 11 au 14 décembre.

Des manifestants tiennent des pancartes dehors.

La Fédération autonome de l’enseignement (FAE), qui représente quelque 66 500 enseignants, a déposé une contre-offre au gouvernement samedi.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Robillard

Québec s'est dit prêt à bonifier sa dernière offre salariale, qu'il présentait comme valant 14,8 % sur cinq ans en moyenne en incluant une somme de 1000 $ la première année et des offres différenciées, à condition que les syndicats acceptent de lui donner plus de flexibilité dans l'organisation du travail.

Sans laisser croire que la prochaine grève du Front commun pourrait être évitée, M. Énault a assuré que des conversations sérieuses sont toujours en cours.

On a des tables sectorielles qui ont négocié toute la fin de semaine. À la table centrale, on recommence mercredi, compte tenu des contraintes de rencontrer nos gens pour leur faire des rapports d'où on est rendus présentement, a-t-il souligné.

Par la suite, nous, c'est clair que c'est pleine disponibilité jusqu'à la semaine du 18 décembre, où on va rencontrer encore nos syndicats.

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