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Attaque au couteau à Paris : l’assaillant face aux enquêteurs antiterroristes

Des policiers près de la scène de crime.

Des policiers près de la scène d'une agression au couteau à Paris, le 2 décembre 2023

Photo : afp via getty images / DIMITAR DILKOFF

Agence France-Presse

L'islamiste radical qui a tué un jeune touriste germano-philippin et blessé deux autres personnes à proximité de la tour Eiffel à Paris samedi soir était toujours en garde à vue dimanche, alors que la question de son suivi psychiatrique suscite des interrogations.

Fiché pour radicalisation islamiste (FSPRT), selon une source proche de l'enquête, il avait été condamné à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un acte de terrorisme après un projet d'action violente dans le quartier d'affaires de banlieue parisienne de la Défense, en 2016. Il était sorti de prison en 2020 après quatre ans de détention.

L'homme de 26 ans a fait allégeance au groupe État islamique (EI) dans une vidéo avant son passage à l'acte, a indiqué dimanche le procureur antiterroriste.

Une réunion sécuritaire se tenait en fin d'après-midi autour de la première ministre Élisabeth Borne, à la demande du président Emmanuel Macron, en présence notamment des ministres de l'Intérieur Gérald Darmanin, de la Justice Éric Dupond-Moretti et de la Santé Aurélien Rousseau.

Trois membres de l'entourage de l'assaillant sont actuellement en garde à vue, a précisé dimanche le parquet national antiterroriste (PNAT).

Il s'agit de membres de sa famille et d'un de ses proches, a-t-on appris de source proche du dossier. Sollicité sur ce point, le PNAT n'a pas confirmé que ces personnes étaient des membres de la famille de l'assaillant.

Cette attaque survient à quelques mois des JO-2024 à Paris et moins de deux mois après celle d'Arras, qui a coûté la vie à un enseignant à la mi-octobre et qui a conduit au relèvement du plan Vigipirate au niveau maximal urgence attentat.

Les faits se sont déroulés samedi vers 20 h dans ce lieu hautement touristique de la capitale à proximité du pont de Bir-Hakeim, qui enjambe la Seine.

Armé d'un couteau et d'un marteau

Âgé de 23 ans, le touriste tué au couteau est de nationalités allemande et philippine. Selon le médecin urgentiste, Patrick Pelloux, qui était de garde, l'homme et sa compagne, fortement secouée mais qui n'a pas eu de blessures corporelles, étaient tous deux infirmiers.

L'assaillant s'en est ensuite pris, avec un marteau, à deux hommes. Selon le PNAT, les personnes, légèrement blessées, sont un Français de 60 ans et un Britannique de 66 ans, frappé à l'œil.

La ministre allemande de l'Intérieur a dénoncé dimanche un crime abominable. Nos pensées vont à la famille et aux amis de la personne tuée ainsi qu'aux autres blessés de cet acte horrible, a déclaré Nancy Faeser lors d'une entrevue au groupe de médias Funke.

Au pied de la tour Eiffel dimanche en milieu de journée, les touristes déambulaient tranquillement : certains n'avaient pas entendu parler de l'attaque, mais tous ceux interrogés par l'AFP assuraient ne pas être inquiets pour leur sécurité.

L'assaillant, Armand Rajabpour-Miyandoab, un Franco-Iranien de 26 ans, a été interpellé par les forces de l'ordre peu après l'attaque et placé en garde à vue dans les locaux de la section antiterroriste de la brigade criminelle de Paris.

Connu des services de justice

Une vidéo sans son diffusée sur les réseaux sociaux montre des policiers tenant en joue un homme, vêtu de noir et le visage en partie dissimulé, qui recule pour s'éloigner d'eux dans la rue tout en brandissant un marteau dans leur direction.

Connu des services de justice pour islamisme radical et troubles psychiatriques, il a crié Allah akbar! au moment des faits, selon une source policière.

Il aurait dit aux policiers qui l'avaient interpellé qu'il ne pouvait plus supporter que les musulmans meurent, tant en Afghanistan qu'en Palestine. Il aurait aussi déclaré qu'il en voulait, sans préciser à qui, pour ce qui se passe à Gaza et que la France serait complice de ce que fait Israël là-bas, a précisé Gérald Darmanin lors d'un point presse sur les lieux de l'agression.

Profil très instable

Les enquêteurs vont désormais se pencher sur le suivi médical de l'auteur, un homme au profil très instable, très influençable, selon une source sécuritaire interrogée par l'AFP.

Il était suivi pour des troubles psychiatriques lourds. À compter de mars 2022, il avait arrêté son traitement médicamenteux en accord avec son médecin, selon une source proche de l'enquête.

Malgré une injonction de soins d'un juge en 2022, les médecins n'ont pas estimé nécessaire de reprendre des soins et n'ont décelé aucune dangerosité d'ordre psychiatrique aux termes du dernier rapport du 21 avril 2023, précise-t-on de même source.

Environ 5200 personnes sont connues pour radicalisation en France, dont 1600 personnes sont particulièrement surveillées par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), selon une source au sein du renseignement, qui précise que 20 % de ces 5000 personnes ont des troubles psychiatriques.

L'assaillant a publié sur les réseaux sociaux une vidéo de revendication de son attaque, ont confirmé à l'AFP des sources policières et sécuritaires.

Dans la vidéo, il évoque l'actualité, le gouvernement, le meurtre de musulmans innocents, a détaillé la source sécuritaire. À ce stade, les enquêteurs ne savent pas quand elle a été tournée. Elle a été diffusée en ligne quasi concomitamment au passage à l'acte, selon cette source.

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