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Accusé de meurtre, Rodney Nichols comparaît pour la première fois à Ottawa

Rodney Nichols est assis à un bureau et remplit un document. Sur le bureau se trouvent des drapeaux américains.

Une photo de Rodney Nichols datant de 2016 et publiée dans le «South Florida Sun Sentinel». (Photo d'archives)

Photo : Anna Collins/South Florida Sun Sentinel

Accusé du meurtre de sa conjointe, la « Dame de la rivière Nation », en 1975, Rodney Nichols a comparu en visioconférence devant la cour à Ottawa samedi matin.

Cet ancien résident de Montréal, aujourd’hui âgé de 81 ans et atteint de démence, selon ses avocats, s'est présenté en fauteuil roulant devant la caméra lors de sa comparution, où il s’est tenu la tête dans les mains à maintes reprises.

Après s’être brièvement entretenu avec son avocate, Me Laura Metcalfe, cette dernière a demandé que la cause de son client soit ajournée jusqu'au 7 décembre à 13 h à L'Orignal, dans l’Est ontarien.

Il a été statué que M. Nichols est tenu de respecter une ordonnance de non-communication avec 16 personnes. Il lui est interdit d’entrer en contact avec ces dernières à partir du Centre de détention d'Ottawa-Carleton, où il est détenu.

Me Metcalfe a rappelé devant la cour que M. Nichols souffre de sérieux problèmes de mémoire et pourrait ne pas se souvenir de ces conditions. Elle a néanmoins souligné qu’il n’a pas accès aux coordonnées des personnes visées par cette ordonnance de non-communication.

L'avocate souhaite d’ailleurs demander une remise en liberté de son client avec caution.

Abordée par Radio-Canada, elle a indiqué préférer ne pas commenter le dossier.

Apte à subir un procès?

L’avocat en droit pénal Jean-René Dominique Kwilu rappelle que dans des cas similaires à celui de M. Nichols, il est possible de demander que l’accusé subisse une analyse d'aptitude dans le but de voir si la personne est apte à aller au procès.

M. Kwilu reconnaît que cette procédure peut paraître choquante, mais il fait valoir que si la personne n’est pas apte à subir un procès, les accusations peuvent être suspendues. Si la personne est inapte, elle n’ira pas en prison et il n’y aura pas de procès.

Par contre, cet avocat souligne que des cas de démence et l’utilisation d’un fauteuil roulant ne signifient pas nécessairement que l’accusé ne peut pas comprendre la gravité des accusations.

L'avocat Jean-René Dominique Kwilu.

L’avocat en droit pénal Jean-René Dominique Kwilu. (Photo d'archives)

Photo : Capture d’écran - Google Meet

Ce n’est pas parce qu'on souffre de démence qu'on ne peut pas subir un procès, précise-t-il.

S’il est reconnu apte à prendre part au procès, celui-ci va continuer, affirme l’avocat. Après, ça devient une simple stratégie de la défense de son avocat pour déterminer s’il va témoigner ou non.

M. Kwilu ajoute qu’il peut s’avérer pertinent de déterminer dans quel état se trouve l’accusé. Les faits remontent quand même aux années 70, donc on ne sait pas à quel point il y a eu perte de mémoire.

Dans l’éventualité où l’accusé serait reconnu coupable, compte tenu de son état, il pourrait être transféré dans un des centres appropriés pour ce genre d'état de santé plutôt que dans un centre de détention carcérale.

Dans certains cas, la personne peut être transportée à l’hôpital de façon permanente, ce qui est une forme de sentence, avance M. Kwilu.

Pour les familles des victimes, ce n’est pas comme si la personne va s’en tirer comme ça, rassure l’avocat, qui rappelle que la peine doit quand même être proportionnée aux circonstances de la personne.

Extradition

Rodney Nichols vivait dans une résidence pour personnes âgées en Floride depuis quelques dizaines d’années. Des agents de la Police provinciale de l’Ontario (PPO) s’y sont rendus vendredi pour le ramener en sol canadien.

Cet octogénaire est le principal suspect du meurtre présumé de sa conjointe, Jewell Parchman Langford, il y a 48 ans, qui a longtemps été surnommée la « Dame de la rivière Nation ».

Son meurtre est d’ailleurs un des plus vieux crimes majeurs non résolus au Canada.

Trois femmes sur la photo d'un ancien article de presse.

Jewell Parchman Langford (au centre) apparaît sur une coupure de presse parmi d'autres membres de l'American Business Women's Association. Le corps de Mme Parchman Langford a été retrouvé dans la rivière Nation, à Casselman, en 1975, mais n'a été identifié que des décennies plus tard. (Photo d'archives)

Photo : Gracieuseté Police provinciale de l'Ontario

L’identité de la victime a été établie en 2020 grâce à la généalogie génétique. Cette femme avait quitté les États-Unis au milieu des années 1970 pour aller habiter à Montréal avec Rodney Nichols. Il était à l'époque un joueur de rugby étoile au sein de l’équipe de Westmount.

Si Rodney Nichols était reconnu coupable, la peine maximale à laquelle il pourrait fait face serait la prison à vie avec une possibilité de libération conditionnelle après une période de 10 à 20 ans d’emprisonnement.

Avec les informations de Camille Kasisi-Monet

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