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Grèves dans le secteur public : « Ça risque de devenir une course à relais »

La grève du Front commun prévue le 8 décembre s'ajoute à celle de la FAE, dont l'issue n'est toujours pas connue.

Une foule de manifestantes de la FAE.

Les 66 000 membres de la Fédération autonome de l'enseignement sont en grève générale illimitée depuis le 23 novembre.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Difficile de connaître la date précise du retour à la normale dans les écoles affectées par les grèves au Québec.

Même si la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) a déposé une contre-offre samedi, sa présidente, Mélanie Hubert, estime qu’il serait très optimiste d’espérer un retour en classe lundi.

Probablement que dans les prochains jours, les parents devront s’attendre à continuer avec les plans B et les plans C pour la garde des enfants.

Une citation de Mélanie Hubert, présidente de la Fédération autonome de l'enseignement

Elle assure toutefois que les discussions se poursuivent aux tables de négociation. On a l'intention de négocier en fin de semaine. Si le gouvernement suit le mouvement, on sera aux tables toute la fin de semaine, a-t-elle assuré à l’émission Les faits d’abord.

Cependant, une fois une entente conclue, la FAE devra organiser une rencontre de son conseil fédératif de négociation qui analysera l’offre et décidera d'arrêter ou non la grève, ce qui pourrait retarder le retour en classe.

Grèves dans le secteur public au Québec

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Des manifestants sont massés devant l'Assemblée nationale et brandissent pancartes et banderoles.

Une grève, puis l’autre

À ce casse-tête s’ajouteront les sept jours de grève du Front commun syndical prévus du 8 au 14 décembre. Cette grève vise également des membres du personnel des écoles.

Sylvain Martel, le porte-parole du Regroupement autonome des comités de parents autonomes du Québec, salue l’avancée des négociations, mais il déplore que la fermeture des écoles perdure.

Chaque journée qu’on ajoute, il y a des enfants qui, malheureusement, sont impactés de façon sérieuse, a-t-il déclaré à l’émission Les faits d’abord sur les ondes d’ICI Première.

Sylvain Martel.

Sylvain Martel, porte-parole du Regroupement des comités de parents autonomes du Québec, déplore les répercussions des grèves sur les élèves. (Photo d'archives)

Photo : Gracieuseté de Sylvain Martel

Il craint que le débrayage d’une semaine du Front commun ne mène à une suite sans fin de journées de grèves. Le Front commun inclut la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) qui représente notamment les employés de soutien des écoles.

Ça risque de devenir une course à relais où on se passe le témoin d’une grève à l’autre.

Une citation de Sylvain Martel, porte-parole du Regroupement autonome des comités de parents autonomes du Québec

À l’issue de la grève d’une semaine prévue par le Front commun, le 14 décembre, il resterait environ une semaine avant le début du congé des Fêtes, le 22 décembre.

Selon Sylvain Martel, c’est malheureux parce que plus on avance, plus on regarde et on se dit "S’il y a possibilité d’ouvrir avant les Fêtes les écoles, ça ne sera que pour quelques jours". Dans une optique où l’éducation c’est aussi une histoire de rythme, l’apprentissage c’est quelque chose qui se fait en continu, ça va avoir créé un gros gros gros trou dans l’année scolaire, ça c’est certain.

Des manifestants tenant des pancartes marchent dans la rue.

Le Front commun syndical a prévu une nouvelle séquence de grève du 8 au 14 décembre.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Robillard

Dans la rue, des parents appuient les enseignants en grève. À Montréal, quelques dizaines de personnes se sont rassemblées dans le quartier Rosemont samedi en soutien aux syndiqués de la FAE.

Au son des casseroles, ils dénonçaient un système d’éducation mal en point. L’organisatrice, Mandy Vallière, est elle-même une orthopédagogue qui a quitté le réseau public pour travailler au privé.

Selon elle, le système est en train de s’effondrer.

Un appel aux syndicats qui passe mal

S’il espère que le conflit de travail se conclue rapidement, Sylvain Martel déplore tout de même l’appel du premier ministre François Legault vendredi qui a demandé aux syndicats de revenir au travail pour le bien de nos enfants. Il a dit espérer qu’il s’agissait d’une maladresse et non une stratégie.

Si c’est une stratégie, on n'est pas là, dans une course pour gagner l’opinion publique [...] Les écoles sont fermées depuis maintenant deux semaines. On n’est plus à minuit moins cinq, on est à minuit et quart, a-t-il déclaré.

On a trouvé ça très maladroit, a-t-il ajouté.

Écoutez le segment de l'émission Les faits d'abord sur les grèves dans le secteur public.

Au microphone de l’émission Les faits d’abord, Claudette Carbonneau, ancienne présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), abonde dans le même sens.

Selon elle, cette déclaration du premier ministre était très maladroite.

Il y a une règle d’or, particulièrement quand on veut s’approcher d’un règlement : tenons-nous loin de part et d’autre des micros. Évitons de faire déraper les choses.

Une citation de Claudette Carbonneau, ancienne présidente de la CSN

Mme Carbonneau considère cependant qu’il est positif de constater qu’il y a de la volonté politique dans les négociations en cours.

Claudette Carbonneau.

Claudette Carbonneau a été présidente de la CSN de 2002 à 2011. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

La coordination du retour à déterminer

Au Centre de services scolaire des Premières-Seigneuries à Québec, la préparation du retour en classe demeure floue.

Le directeur à l'école du Bourg-Royal-et-du-Châtelet, dans le centre de services scolaire des Première-Seigneuries, André Bernier, affirme n’avoir aucune indication quant aux modalités de ce retour.

On ne s’est pas encore penché sur le retour parce qu’on est tellement dans le néant qu’on n'a pas encore envisagé ce bout-là, a-t-il déclaré.

Il estime cependant qu’un délai sera nécessaire pour permettre un retour harmonieux.

Il faut prendre le temps quand même de ramener les gens au travail, de se réinstaller, parce que tout le monde est parti avec son matériel.

Une citation de André Bernier, directeur à l'école du Bourg-Royal-et-du-Châtelet, dans le centre de services scolaire des Première-Seigneuries

Ce moment pourrait potentiellement, selon lui, prendre la forme d’une journée pédagogique.

Est-ce que ce sera une [journée] pédagogique? On a déjà des jours qu’on a perdus. En perdre une autre journée de plus, par une pédagogique… Si on va chercher une journée de forces majeures qui sont dédiées aux tempêtes, habituellement ça pourrait être une possibilité. Là, il y a toujours les aspects législatifs qui sont à vérifier par rapport à ça.

Comme André Bernier et son équipe n’ont jamais connu une grève d'une telle ampleur, tout demeure encore à déterminer. C’est une première, on l’a pas vécu.

Un article de Véronique Morin

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