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COP28 : « On ne peut pas pratiquer la politique de la chaise vide », dit Charette

Benoit Charette.

Le ministre québécois de l'Environnement, Benoit Charette, doit bientôt s'envoler pour Dubaï.

Photo : La Presse canadienne / Francis Vachon

La Presse canadienne

Le Québec ne peut pas se permettre d'être absent à la COP28, la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques à Dubaï, même si l'endroit choisi est discutable, reconnaît le ministre de l'Environnement, Benoit Charette.

Pas question de pratiquer la politique de la chaise vide, a-t-il plaidé dans une entrevue à La Presse canadienne publiée samedi en laissant entendre qu'il ne fera pas d'annonce importante sur place concernant de futurs engagements de son gouvernement.

Il s'envolera ainsi dimanche vers cette pétromonarchie du golfe Persique pour représenter le Québec pendant une semaine au plus important sommet environnemental de l'année.

Je vous avoue que ce n'est pas le lieu naturel pour tenir une COP, mais on n'a aucun contrôle sur le choix de l'endroit, a-t-il admis.

Cet immense rendez-vous où les États conviennent de cibles et de moyens de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) est de plus en plus noyauté par des lobbys des hydrocarbures et par de grandes entreprises polluantes, selon des critiques de plus en plus audibles.

Un homme marche devant un grand nombre de mâts sur lesquels sont hissés des drapeaux de divers pays.

La COP28 se déroule du 28 novembre au 12 décembre à Dubaï.

Photo : Getty Images / Sean Gallup

COP28 : sommet sur le climat à Dubaï

Consulter le dossier complet

Dubaï au crépuscule.

Néanmoins, le Québec doit être présent aux négociations à titre d'État fédéré, car les engagements qui s'y prennent ont des conséquences sur les politiques et sur les plans d'action du gouvernement Legault.

On ne peut pas refuser de participer et d'exercer un leadership durant les négociations officielles qui vont se dérouler pour signer des textes internationaux importants. Malgré le lieu qui suscite peu d'enthousiasme, on ne peut pas se permettre de pratiquer la politique de la chaise vide.

Une citation de Benoît Charette, ministre québécois de l'Environnement

Le premier ministre François Legault devait se rendre à cette COP mais a finalement renoncé pour des raisons de sécurité à la suite du début du conflit entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza.

C'est donc son ministre de l'Environnement qui rencontrera notamment ses homologues des autres États fédérés, des Amériques et d'Europe pour échanger sur nos politiques respectives.

Jeudi, il a fait savoir qu'il souhaite un plan d'abandon clair des hydrocarbures dans une entente à l'issue de la COP, avec un calendrier précis. Un document de travail destiné à servir à l'accord final propose actuellement aux États de se prononcer sur une réduction ou sur un abandon des énergies fossiles, selon ce qui est rapporté par divers médias.

Marché du carbone

Après avoir longtemps cherché, en vain, à recruter de nouveaux partenaires pour son système principal de réduction des émisssions de GES, la bourse du carbone, le Québec a choisi de changer de stratégie, a reconnu M. Charette.

On a changé notre fusil d'épaule, a-t-il commenté. Plus question, donc, de vouloir accroître à tout prix le nombre de joueurs.

Après le retrait de l'Ontario en 2018, un nouveau joueur devrait s'ajouter d'ici un à deux ans à la Californie et au Québec dans ce marché, soit l'État de Washington, si les négociations continuent de bien se dérouler.

Ça va dans la bonne direction, a précisé M. Charette.

Le marché du carbone est un système de plafonnement et d'échange (SPEDE) des droits d'émissions de GES entre grands émetteurs. Le plafond maximal diminue d'année en année et les entreprises sont encouragées à réduire davantage leurs émissions pour ensuite revendre des crédits carbone à d'autres entreprises qui n'y arrivent pas.

Il y a des États aspirants qui voudraient un jour se joindre au marché du carbone, mais le danger est double, a expliqué M. Charette.

De un, on n'est pas tout à fait certains de la réduction des émissions qui se sont réellement concrétisées chez les États qui songent à adhérer, alors qu'avec la Californie, les protocoles sont bien établis et on peut faire confiance au partenaire, a-t-il expliqué.

De deux, le Québec accroîtrait son déficit commercial puisque les entreprises d'ici achètent davantage de crédits carbone à la Californie qu'elles n'en vendent.

Donc, le but est davantage d'aller chercher des partenaires qui veulent acheter nos crédits qu'on est en mesure de vendre, a résumé M. Charette.

Rappelons que la COP28 s'inscrit dans la continuité de l'Accord de Paris de 2015, qui vise à réduire les émissions de GES afin de limiter à un maximum de 2 degrés Celsius, voire idéalement à 1,5 degré, la hausse moyenne globale de la température par rapport à l'époque préindustrielle.

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