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Des centaines de personnes ont manifesté contre le projet de loi 31 à Montréal

Des manifestants.

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté samedi à Montréal contre le projet de loi du gouvernement de la CAQ sur le logement.

Photo : Radio-Canada / Raphaëlle Drouin

La Presse canadienne

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté samedi à Montréal pour s'opposer au projet de loi 31 sur le logement, qui permettrait aux propriétaires de refuser plus facilement les cessions de bail.

Munis de pancartes, de sifflets ou d'instruments de musique, les manifestants se sont réunis sur le coup de midi, malgré la grisaille, dans le quartier Parc-Extension.

On a démontré de façon répétée depuis longtemps que le problème, ce sont les hausses de loyer abusives entre changements de locataires. Au moment du déménagement, les propriétaires en profitent pour contourner la loi et pour faire des hausses de loyer abusives.

Une citation de Martin Blanchard, co-coordonnateur du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ)

Cette manifestation a eu lieu alors que, plus tôt cette semaine, l'article qui porte la cession de bail dans le projet de loi 31 a été adopté lors de l'étude détaillée du projet de loi, article par article, en commission parlementaire.

On enlève aux locataires le seul outil qui marchait un tant soit peu pour calmer le jeu, a déploré M. Blanchard. En plus du RCLALQ, le Front de lutte pour un immobilier populaire (FLIP) ainsi que le Comité d'action de Parc-Extension ont pris part à l'organisation de cette manifestation.

Si le projet de loi 31 est adopté, un propriétaire pourra refuser une cession de bail pour un motif autre que sérieux. La ministre responsable de l'Habitation, France-Élaine Duranceau, s'en est défendue cette semaine, arguant que si un propriétaire refuse une cession de bail, celui-ci sera tout simplement résilié. Le locataire sera donc libre de partir.

France-Élaine Duranceau en mêlée de presse.

La ministre de l'Habitation, France-Élaine Duranceau. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Elle a martelé que la cession de bail n'est pas une mesure de contrôle des loyers et que toutes les règles pour la fixation des prix vont continuer de s'appliquer.

Les organismes qui ont planifié cette manifestation ont réclamé samedi la démission de la ministre Duranceau. Ils plaident également pour un gel des loyers immédiat et la socialisation de tous les nouveaux logements.

À chaque article, on essaie de voir comment on peut améliorer la situation des locataires dans un contexte de crise du logement. Le projet de loi n'est pas terminé et on ne sait pas si on va réussir à le finir cette semaine. Moi, j'ai plusieurs amendements, et les autres groupes d'opposition aussi.

Une citation de Andrés Fontecilla, député de Québec solidaire (QS), lors de la manifestation

M. Fontecilla, qui participe à l'étude détaillée du projet de loi, a dit ne pas savoir si le projet de loi sera adopté d'ici vendredi.

La situation est grave : les loyers n'arrêtent pas d'augmenter, ça amène des pratiques comme les rénovictions, ça amène davantage d'itinérance, ça amène l'appauvrissement des ménages à plus faibles revenus et aussi des ménages des classes moyennes, a-t-il déclaré au côté de sa collègue députée de la circonscription de Verdun, Alejandra Zaga Mendez.

C'est inacceptable

Plusieurs locataires ont pris part à la manifestation de samedi, inquiets quant à leur sort dans un contexte de crise du logement.

Pour moi, c'est un [problème] parce que j'ai toujours [peur] que ça pourrait m'arriver d'être évincée. Ce n'est pas rassurant de savoir qu'il n'y a pas tant de recours comme locataires, a affirmé Julia Stirling. Cette locataire qui est aussi travailleuse sociale dit percevoir comment la crise actuelle a des répercussions sur la population.

Je suis vraiment enragée de voir comment le gouvernement ne se soucie pas des inégalités, a-t-elle confié.

Annie Charbonneau, une intervenante dans des maisons d'hébergement qui viennent en aide aux femmes en difficulté, notamment aux victimes de violence conjugale, a raconté qu'elle voit les conséquences de la crise du logement dans le cadre de son emploi.

Il y a plus en plus de clientèle, on arrive de moins en moins à [aider ces personnes-là] et il y a des gens qui n'ont jamais été dans la rue, qui n'ont jamais été sans domicile fixe, mais à cause des nouvelles hausses de loyer, ils se retrouvent sans domicile.

Une citation de Annie Charbonneau, intervenante dans des maisons d'hébergement

En ce qui concerne les femmes victimes de violence conjugale, ça se voit souvent, une femme qui retourne avec un conjoint violent faute de logement, a ajouté Mme Charbonneau.

Considérant qu'il y a 40 % de la population qui est locataire aujourd'hui, [le fait] de piler ou de faire reculer les droits de ces gens-là, à mon sens, c'est inacceptable, a déclaré un autre manifestant, Simon Bilodeau.

Miet Verhauwaert, qui a également pris part à la manifestation, a dit qu'elle est en mesure de payer son loyer actuellement mais qu'elle craint le jour où elle devra déménager.

Ce qui se passe aujourd'hui avec les loyers, c'est ridicule. Moi, j'ai peur : j'habite seule et mon loyer actuel est encore correct, mais j'ai peur, dès que je [vais devoir] déménager, que je ne vais plus pouvoir payer le loyer moi-même, a-t-elle indiqué.

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