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Sandra Day O’Connor, première femme à la Cour suprême des États-Unis, est décédée

Photo officielle de Sandra Day O'Connor.

Une photo officielle de Sandra Day O'Connor datant de 2005.

Photo : Reuters / Jason Reed

Agence France-Presse

L'ex-juge américaine Sandra Day O'Connor, première femme à siéger à la Cour suprême des États-Unis et considérée comme une voix de la modération en son sein, est décédée vendredi à l'âge de 93 ans.

Choisie en 1981 par le président républicain Ronald Reagan, dont c'était la première nomination – à vie – à la Cour suprême, elle avait pris sa retraite en 2006, notamment pour pouvoir aider son mari John O'Connor, atteint de la maladie d'Alzheimer et décédé en 2009.

Après elle, cinq autres juges femmes ont été nommées à la Cour suprême, dont quatre actuellement en fonction, soit le record pour cette institution.

Une femme a une main sur un livre et une main levée et parle à un homme pendant qu'un autre homme la regarde.

Sandra Day O'Connor est assermentée à la Cour suprême des États-Unis par le juge Warren Burger, en 1981.

Photo : Reuters / U.S. National Archives

Sandra Day O'Connor avait elle-même annoncé en 2018 qu'elle quittait la vie publique pour combattre la démence, probablement la maladie d'Alzheimer.

Elle s'est éteinte vendredi matin à Phoenix, capitale de l'Arizona, a indiqué la Cour dans un communiqué, précisant qu'elle était décédée de complications liées à une démence avancée, probablement [de type] Alzheimer, et une maladie respiratoire.

Les hommages se multiplient

Fille du Sud-Ouest américain, Sandra Day O'Connor a ouvert une voie historique en tant que première juge femme de la Cour suprême de notre pays, écrit le président de la Cour, John Roberts, saluant son inébranlable détermination, sa compétence incontestable et sa franchise désarmante.

À la Cour suprême, nous pleurons une collègue aimée, une avocate farouchement indépendante de l'État de droit et une éloquente militante des droits civiques.

Une citation de John Roberts, président de la Cour suprême des États-Unis

Tout au long de son quart de siècle à la Cour suprême, par son positionnement centriste et pragmatique, elle a souvent fait basculer la majorité des neuf juges sur des arrêts marquants.

C'est actuellement incontestablement la Cour de Sandra Day O'Connor, affirmait en 2001 le professeur de droit Erwin Chemerinsky, actuellement doyen de la faculté de droit de Berkeley, en Californie.

Dans pratiquement chaque domaine du droit constitutionnel, son cinquième vote décisif détermine ce que seront la position majoritaire et la minorité. Les avocats qui plaident devant la Cour et lui soumettent leurs arguments écrits savent qu'ils s'adressent souvent en pratique à une audience d'une seule personne, disait-il.

Un parcours inusité

En 1989 et en 1992, Sandra Day O'Connor a ainsi préservé l'arrêt Roe c. Wade de 1973, finalement annulé par l'actuelle Cour en juin 2022, reconnaissant un droit fédéral à l'avortement en refusant de joindre sa voix à celles des juges les plus conservateurs.

En revanche, elle s'est ralliée à la majorité conservatrice de la Cour pour bloquer en 2000 le recomptage des voix en Floride à l'élection présidentielle, permettant au candidat républicain George W. Bush de l'emporter sur son adversaire démocrate Al Gore.

Cette diplômée de la prestigieuse faculté de droit de Stanford, en Californie, était également connue pour son attachement aux droits des États fédérés face au pouvoir fédéral.

Sandra Day O'Connor reçoit la médaille de la Liberté de Barack Obama.

Le président Barack Obama a remis la médaille de la Liberté à Sandra Day O'Connor en 2009.

Photo : Reuters / Jason Reed

C'est un président démocrate, Barack Obama, qui lui a remis la plus haute distinction civile américaine, soit la médaille de la Liberté, en 2009.

Sandra Day O'Connor ressemblait au pèlerin du poème qu'elle citait parfois – traçant un nouveau chemin et bâtissant un pont derrière elle pour que toutes les jeunes femmes puissent la suivre.

Une citation de Barack Obama, ancien président des États-Unis, dans un communiqué

Elle s'efforçait toujours de trouver un consensus, a souligné le républicain Chuck Grassley, doyen du Sénat.

C'était le premier juge pour lequel j'ai eu l'honneur de voter en tant que sénateur, a-t-il précisé. Le Sénat avait ratifié sa nomination par 99 voix contre 0.

En tant que cowgirl du désert d'Arizona, je n'aurais jamais imaginé devenir un jour la première juge femme à la Cour suprême des États-Unis, écrivait en 2018 celle qui a grandi dans un ranch immense et isolé, se disant profondément reconnaissante pour son parcours, malgré les premières atteintes de la maladie.

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