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Qu’est-ce qui lie le présumé complot contre un sikh aux États-Unis au Canada?

Le Premier ministre Justin Trudeau et le Premier ministre indien Narendra Modi.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et le premier ministre indien, Narendra Modi.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Un acte d'accusation américain, rendu public mercredi, contre un ressortissant indien, dévoile un présumé complot déjoué visant à assassiner un citoyen américain à New York qui a publiquement plaidé en faveur de la création d'un État souverain pour les sikhs en Inde.

Si le document se concentre essentiellement sur le projet aux États-Unis, des allégations contenues dans le document laissent entrevoir plusieurs liens avec le meurtre de Hardeep Singh Nijjar, le président d’un temple sikh de Surrey, en Colombie-Britannique, tué par balles le 18 juin, dans le stationnement du bâtiment.

L'acte d'accusation (Nouvelle fenêtre) (en anglais) fait par ailleurs référence à des plans pour exécuter quatre missions avant le 29 juin, une à New York et trois au Canada.

L’acte d’accusation américain concerne Nikhil Gupta, décrit comme un trafiquant de drogue et d'armes qui aurait été recruté par un employé du gouvernement indien pour orchestrer l'assassinat du militant sikh aux États-Unis. Il laisse entendre que la cible de Nikhil Gupta aux États-Unis et de Hardeep Singh Nijjar était associée.

Des manifestants tiennent des drapeaux du mouvement Khalistan et une pancarte avec le visage de Hardeep Singh Nijjar.

Des manifestants se sont rassemblés à Vancouver en juin dernier, après le meurtre de Hardeep Singh Nijjar. Il a été tué par balles dans le stationnement du temple sikh qu'il dirigeait à Surrey, dans le Grand Vancouver. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / ETHAN CAIRNS

Tensions entre l'Inde et le Canada

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Les drapeaux de l'Inde et du Canada.

Le document fait état de communications entre Nikhil Gupta et l’employé du gouvernement indien, ainsi qu’avec deux autres contacts : une personne que Nikhil Gupta aurait prise pour un tueur à gages, mais qui était en fait un policier sous couverture, selon l'acte d'accusation, et une personne qu'il aurait prise pour un associé criminel, et qui était en fait une source confidentielle travaillant avec les autorités policières américaines.

Selon l'acte d'accusation, Nikhil Gupta aurait indiqué à ces dernières que les organisateurs du complot d'assassinat en Inde disposaient de ressources considérables.

Le 9 juin, quelques jours avant le meurtre de Hardeep Singh Nijjar, Nikhil Gupta aurait mentionné une grande cible au Canada. Selon l'acte d'accusation, il aurait dit à l'informateur confidentiel de la police : Nous aurons besoin d'une bonne équipe au Canada.

Envoi d’une vidéo du corps de Hardeep Singh Nijjar

Selon l'acte d'accusation, quelques heures après le meurtre de Hardeep Singh Nijjar, l’employé du gouvernement indien aurait envoyé à Nikhil Gupta une vidéo montrant le corps ensanglanté de la victime dans son véhicule.

Le document allègue que Nikhil Gupta a répondu qu'il aurait souhaité avoir exécuté le meurtre lui-même. Il y est aussi indiqué que ce dernier a transmis la vidéo à ses contacts infiltrés.

L'acte d'accusation affirme que, lors d'un appel avec l’un d’entre eux, Nikhil Gupta aurait déclaré que Hardeep Singh Nijjar était également la cible, mais qu'il était n° 4, n° 3 sur la liste et qu'il ne [fallait] pas s'inquiéter [en raison du] grand nombre de cibles.

L'acte d'accusation indique que la mort de Hardeep Singh Nijjar a accéléré le complot visant à tuer la cible aux États-Unis.

Nikhil Gupta aurait prévenu la personne qui était une source confidentielle de la police que leur cible serait plus prudente après la mort de Hardeep Singh Nijjar, selon le document.

Il sera plus prudent parce que, au Canada, son collègue est mort, aurait dit Nikhil Gupta, selon l'acte d'accusation. Je vous ai envoyé la vidéo. Il sera donc plus prudent et nous ne devrions pas leur donner la moindre chance.

Manque d’informations exploitables au Canada, selon un expert

Richard Fadden, un ancien directeur du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), dit que l'acte d'accusation américain donne du poids aux allégations crédibles révélées en septembre par le premier ministre Justin Trudeau, établissant un lien potentiel entre des agents du gouvernement indien et l’assassinat de Hardeep Singh Nijjar.

Je soupçonne que les polices du Canada et des États-Unis parlent de ces choses en privé depuis un certain temps, a-t-il affirmé sur les ondes de CBC.

Une affiche placardée sur un mur.

Une pancarte demandant une enquête sur le rôle de l'Inde dans l'assassinat du leader sikh Hardeep Singh Nijjar au temple Guru Nanak Sikh Gurdwara, à Surrey, en Colombie-Britannique. (Photo d'archives)

Photo : (Chris Helgren/Reuters)

Richard Fadden estime qu'il est impossible de dire si les forces de l'ordre canadiennes en ont fait assez pour protéger Hardeep Singh Nijjar, qui avait été averti par les autorités des menaces qui pesaient contre lui, selon des rapports.

Je pense que ce qui a manqué, c'est ce que l'on appelle des informations exploitables. Il y avait clairement un risque, il y avait clairement des menaces. Mais, si l'on ne dispose pas d'éléments permettant au moins de préciser le moment et le lieu d'une éventuelle menace, il est très difficile de faire quelque chose, a-t-il expliqué.

J'aime à penser que la police, le SCRS et d'autres organismes reviennent maintenant sur ce qu'ils savaient et se demandent s'ils auraient pu faire quelque chose. Mais il n'est pas possible d'assurer une protection 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 d'un individu de façon permanente, a-t-il ajouté.

L’Inde dénonce l’ingérence de Canadiens dans ses affaires intérieures

Un porte-parole du ministère indien des Affaires étrangères, Arindam Bagchi, affirme que le pays a mis en place une enquête de haut niveau en réponse à l'acte d'accusation.

En ce qui concerne les poursuites engagées contre un individu par un tribunal américain, qui l'auraient lié à un fonctionnaire indien, il s'agit d'un sujet de préoccupation. Nous avons dit, et je le répète, que cela est également contraire à la politique du gouvernement, a-t-il déclaré.

Arindam Bagchi a adopté une position plus ferme à l'égard des allégations du Canada.

En ce qui concerne le Canada, nous avons dit qu'il a toujours fait de la place aux extrémistes anti-Inde et à la violence. C'est là le cœur du problème, a-t-il affirmé. Nous avons également constaté l'ingérence de diplomates canadiens dans nos affaires intérieures. C'est évidemment inacceptable.

D'après les informations de Catharine Tunney et d'Alex Panetta

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