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Des élus ruraux d’Ottawa se méfient de l’installation d’accumulateurs dans leur secteur

Un accumulateur d'énergie.

La société Evolugen, basée à Gatineau et spécialisée dans les énergies renouvelables, souhaitait obtenir un soutien pour construire deux accumulateurs dans les zones rurales d'Ottawa, mais le Comité de l'agriculture et des affaires rurales n'a donné son accord que pour un seul des deux projets dans le quartier de Rideau-Jock.

Photo : Gracieuseté Evolugen

Radio-Canada

Des conseillers municipaux des secteurs ruraux d’Ottawa refusent de soutenir trois entreprises candidates à la construction d’accumulateurs pour stocker de l'énergie renouvelable. Ils souhaitent avoir davantage de garanties que les projets - chacun d'une superficie de plusieurs hectares - n'auront pas trop d'impact sur les résidents de West Carleton-March ou ne présenteront pas trop de risques.

Cette technologie s'inscrit dans le cadre des plans de l'Ontario visant à répondre à la demande croissante d'énergie qui risque de submerger le réseau d'ici quelques années.

La Société indépendante d’exploitation du réseau d’électricité (SIERE), qui gère les besoins énergétiques de la province, estime que le stockage des énergies renouvelables en vue de leur utilisation pendant les heures creuses pourrait contribuer à résoudre la pénurie d'approvisionnement qui se profile à l'horizon.

Un projet prévu dans le quartier de Rideau-Jock a reçu le feu vert des membres du Comité de l'agriculture et des affaires rurales jeudi.

Le conseiller du quartier West Carleton-March, Clarke Kelly, assis lors d'une réunion.

Le conseiller du quartier West Carleton-March, Clarke Kelly, au Comité de l'agriculture et des affaires rurales

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

En revanche, les trois projets prévus dans West Carleton-March de Clarke Kelly ont essuyé un refus, le conseiller municipal du quartier ayant déclaré qu'il ne pouvait pas accorder son soutien aux entreprises en raison de l'absence de consultation de la communauté.

Les projets ont besoin du soutien de la Ville

Le personnel municipal a expliqué aux conseillers que ces systèmes de stockage d'énergie étaient une technologie émergente qui contribuerait à stabiliser le réseau et à soutenir les objectifs du conseil en matière d'élimination des émissions de gaz à effet de serre.

L'énergie éolienne et solaire serait ainsi mise à la disposition des clients, même lorsque les vents ne soufflent pas ou que le soleil ne brille pas.

Nous ne pouvons pas répartir les énergies renouvelables à volonté, a expliqué Rupp Carriveau, directeur de l'Institut de l'énergie environnementale de l'Université de Windsor. Ces ressources ne coopèrent pas tout le temps, en particulier lors des pics de demande.

Un site de stockage d'énergie.

Photo de l'installation eReserve1 d'Enfinite près de Rycroft, en Alberta. Cette installation de 20 MW a été le premier projet de stockage d'énergie de l'entreprise à être raccordé au réseau électrique de l'Alberta à la fin de 2020. Depuis, l'entreprise a continué d'ajouter de nouveaux projets.

Photo : Gracieuseté Enfinite

Jusqu'à présent, seules de petites installations sont opérationnelles dans la province, mais une installation capable d'alimenter 250 000 personnes est en cours de construction près de Napanee.

Les projets prévus à Ottawa font suite à la décision de la SIERE d'acquérir plus de 2500 mégawatts de capacité, qui seraient mis en service au plus tard en mai 2028.

Melissa Jort-Conway, urbaniste à la Ville d’Ottawa, a expliqué aux conseillers que la procédure d'achat était ardue et que le soutien de la municipalité donnerait aux entreprises une longueur d'avance.

Ce soutien n'est toutefois pas une approbation, a souligné le personnel municipal. C'est la SIERE qui décide en dernier ressort des projets à mettre en œuvre.

Mais la Loi abrogeant la Loi sur l'énergie verte de l'Ontario a redonné aux autorités municipales le pouvoir de contrôler l’installation de sites, ce qui signifie que les systèmes de stockage ne peuvent pas être construits tant que la Ville n'a pas donné son accord.

Au fur et à mesure que ces demandes seront traitées, elles feront l'objet d'un examen complet de la part de la Ville, a expliqué David Wise, directeur par intérim du développement économique et de la planification à long terme.

Il s'agira notamment de fournir des plans concernant les niveaux de bruit, la pollution lumineuse, les risques pour la sécurité, les problèmes liés aux eaux souterraines, entre autres.

Un débat passionné

Outre les présentations des entreprises et du personnel municipal, plus d'une douzaine de membres du public ont pris la parole lors de la réunion.

Nombre d'entre eux ont soutenu l'idée de s'appuyer davantage sur les énergies propres et de réduire le risque de pannes d'électricité inattendues, mais d'autres ont exprimé leur inquiétude quant à la possibilité de vivre ou de cultiver à proximité d'une technologie qui n'a pas encore fait ses preuves.

Nous sommes confrontés à une question très complexe : comment aller de l'avant, comment reconnaître la réalité des changements climatiques, comment développer notre réseau électrique de manière à ne pas créer de risques pour la sécurité, a résumé Judy Makin, qui vit à West Carleton-March depuis 30 ans. Je voulais faire entendre ma voix pour soutenir cette nouvelle technologie, qui me semble vraiment intéressante et qui vaut la peine d'être essayée.

Le résident de Fitzroy Harbour, Bill Anderson, a participé à des consultations publiques pour deux projets près de chez lui avant de s'adresser aux conseillers jeudi.

Malheureusement, nos préoccupations n'ont pas été prises en compte, a-t-il jugé, rappelant les incidents internationaux très médiatisés au cours desquels des batteries lithium-ion utilisées dans ces systèmes ont explosé ou pris feu. Les gens disent que le risque est très faible, mais un risque faible n'équivaut pas à un risque nul.

Ces incendies sont rares, a expliqué M. Carriveau, mais cela ne veut pas dire que les gens ne devraient pas s'inquiéter.

Selon lui, les entreprises devraient tenter d’apaiser les inquiétudes en fournissant des explications et des plans étape par étape pour illustrer comment elles feraient face à une situation d'urgence.

Les élus veulent plus

C'est ce qui a manqué dans le cas présent, selon M. Kelly. L'élu a constaté que les consultations étaient soit trop tardives, soit terriblement inadéquates - citant le cas d'une entreprise qui a organisé une journée portes ouvertes pour parler de son projet à 44 kilomètres de l'endroit proposé, en plein milieu d'un jour de semaine.

Si ces entreprises étaient venues à la table des négociations il y a six mois, si elles avaient communiqué plus tôt avec mon bureau et avec le public, nous aurions peut-être une conversation différente aujourd'hui, a-t-il déclaré.

M. Kelly a également eu des mots durs à l'égard du personnel de la Ville, dont il espérait qu'il aurait immédiatement impliqué son bureau dans les discussions, et à l'égard de certains résidents, qui ont publié sur les réseaux sociaux des affirmations infondées et farfelues au sujet de cette technologie.

Si vous n'êtes pas sûr à 100 % de quelque chose, faites des recherches, posez des questions et faites de votre mieux pour examiner la situation sans émotion ni peur, a-t-il lancé.

Le conseiller municipal du quartier Rideau-Jock, David Brown, lors d'une réunion, assis derrière un micro.

Le conseiller municipal du quartier Rideau-Jock, David Brown

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

Le conseiller municipal de Rideau-Jock, David Brown, a vécu une expérience différente. Il a déclaré que l'entreprise qui espérait construire dans son quartier s'était présentée à une consultation communautaire préparée à l'avance et avait présenté un plan de construction dans une zone éloignée des habitations et proche d'une autoroute.

Le projet de la société Evolugen, basée à Gatineau, est sur le point de soumettre une demande avec le soutien de la Ville, à condition que l'ensemble du conseil l'approuve la semaine prochaine.

Les entreprises réfléchissent aux prochaines étapes

L'entreprise a également présenté un projet qui n'a pas reçu de réponse positive de la part des conseillers.

Le vice-président des relations extérieures d'Evolugen, Rémi Moreau, juge que l'entreprise devra discuter des prochaines étapes en interne, mais a noté que cela rend certainement beaucoup plus difficile l'obtention d'un contrat auprès de la SIERE.

Portrait de Rémi Moreau, vice-président des relations extérieures d'Evolugen.

Rémi Moreau, vice-président des relations extérieures d'Evolugen

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

Mais il est toujours possible, selon lui, de faire avancer la demande et d'essayer d'obtenir une résolution de soutien municipal au cours des 18 prochains mois.

Evolugen et Potentia Renewables prévoient toutes deux de créer des fonds de retombées communautaires si leurs projets se concrétisent. M. Kelly est favorable à cette idée, mais il aurait aimé être au courant plus tôt.

Je pense qu'il faut plus de temps, a déclaré Will Patterson, chef de projet chez Potentia. Les gens ont des préoccupations légitimes et [M. Kelly] veut simplement s'assurer que ces préoccupations ont été prises en compte.

Avec les informations d’Elyse Skura de CBC News

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