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Les 2 jours obligatoires en présentiel suspendus pour certains employés de Desjardins

La décision concerne environ 200 syndiqués rattachés au site de la rue Claire-Fontaine, à Québec.

Une enseigne de Desjardins devant un bâtiment en brique rouge, en hiver.

La décision ne vise que les syndiqués de Desjardins rattachés à ses bureaux de la rue Claire-Fontaine, à Québec.

Photo : Radio-Canada / Flavie Villeneuve

Une arbitre de griefs ordonne à trois filiales du Mouvement Desjardins de suspendre l’obligation faite à leurs employés en télétravail de se présenter au bureau au moins deux jours par semaine. La décision concerne environ 200 syndiqués rattachés au site de la rue Claire-Fontaine, à Québec.

En septembre dernier, Desjardins a informé ses employés de bureau qu’ils devraient désormais effectuer au minimum deux jours de travail en présentiel par semaine.

Les nouveaux horaires 3-2, soit trois jours en télétravail et deux jours en présentiel, remplacent les horaires 4-1 et 9-1. Les changements sont entrés en vigueur entre le 23 octobre et la mi-novembre.

Deux employés de Desjardins travaillent devant un ordinateur, à l’intérieur d’un cubicule.

Desjardins oblige désormais ses employés en télétravail à se rendre au bureau au moins deux jours par semaine. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

L’Association des employés de secteurs financiers (AESF), qui représente les employés syndiqués de Desjardins sécurité financière, Desjardins gestion des opérations des produits de placement et Groupe technologies Desjardins Inc., affirme que l’imposition des horaires 3-2 constitue une modification illégale aux conditions de travail des salariés concernés.

L’AESF allègue plus précisément que les changements contreviennent aux modalités relatives au télétravail contenues dans les lettres d’ententes signées par le syndicat et l’employeur le 28 juin 2022.

Obligation non respectée?

Avant de modifier les horaires, plaide le syndicat, l’employeur avait l’obligation de tenir une rencontre en comité de relations de travail afin de déterminer si les changements souhaités sont nécessaires et d’en déterminer la nature, le cas échéant, ce qui n’aurait pas été fait.

Desjardins prétend au contraire qu’il peut changer à sa guise le nombre de jours exigés en présentiel et que sa seule obligation est de donner à ses salariés un préavis dans un délai minimal de 30 jours.

Le 18 octobre, l’AESF, qui est affilié à la Fédération indépendante des syndicats autonomes (FISA) a déposé trois griefs pour dénoncer le comportement de l’employeur et demander qu’il lui soit ordonné de tenir un comité de relations de travail.

Une enseigne de Desjardins devant un bâtiment en brique rouge, en hiver.

Selon Desjardins, l’ordonnance interlocutoire de sauvegarde touche environ 200 employés syndiqués.

Photo : Radio-Canada / Flavie Villeneuve

Le syndicat a également présenté à l’arbitre de griefs Renée Baillargeon une demande d’ordonnance interlocutoire de sauvegarde afin de maintenir le statu quo, c’est-à-dire les horaires de travail 4-1 et 9-1, en attendant la décision sur le fond des griefs.

L’AESF soutient que les modifications imposées par l’employeur causent d’importants préjudices aux travailleurs concernés. C’est particulièrement le cas de ceux qui ont profité des modes de travail hybrides pour déménager à l’extérieur de la région de Québec.

Éloignement

Au cours des dernières années, certains ont déménagé jusqu’à plus de 100 km des bureaux qu’occupe Desjardins sur la rue Claire-Fontaine. En vertu de l’horaire de travail 9-1 (neuf jours en télétravail et un jour en présentiel), ils pouvaient se rendre au bureau seulement deux fois par mois.

L’imposition de l’horaire 3-2 change la donne. Le syndicat fait valoir que les longues distances à parcourir chaque semaine entraînent des coûts financiers importants en entretien de véhicule, carburant, stationnement, transport en commun et hébergement.

Un ordinateur avec souris et clavier.

La pandémie de COVID-19 a accéléré le développement du télétravail. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

Il met également en lumière l’incapacité, pour ses membres, de concilier ce nouveau mode de travail avec leurs obligations familiales. Le tout génère un grand stress et un impact négatif considérable sur leur santé et leur équilibre de vie. Selon le syndicat, plusieurs salariés ont démissionné ou songent à le faire.

De son côté, Desjardins affirme ne jamais s’être engagé auprès de ses employés à maintenir, dans le temps, le même nombre de jours obligatoires en présentiel.

Pas de garantie

L’employeur fait valoir que les salariés qui ont déménagé à l’extérieur de la région de Québec l’ont fait en toute connaissance de cause, sans avoir l’assurance que le nombre de jours exigés au bureau serait maintenu dans le futur.

À titre d’arbitre de griefs, Renée Baillargeon précise que son rôle, à ce stade-ci du dossier, n’est pas de se prononcer sur la légalité des modifications apportées aux horaires de travail, mais plutôt de déterminer si, dans l’éventualité où le syndicat avait raison sur le fond et qu’une ordonnance de sauvegarde n’était pas émise, les salariés visés subiraient un préjudice qui pourrait être difficilement réparable.

Une enseigne de Desjardins devant un bâtiment en brique rouge, en hiver.

La question sera débattue devant l’arbitre du travail Renée Baillargeon le 26 janvier prochain.

Photo : Radio-Canada / Flavie Villeneuve

Me Baillargeon estime que la balance des inconvénients penche en faveur du syndicat par sa démonstration prépondérante.

Les déclarations sous serment au soutien des prétentions du syndicat établissent que les salariés visés par les griefs ont un droit apparent nécessitant la mesure requise et qu’ils risquent de subir un préjudice sérieux ou irréparable si l’ordonnance interlocutoire de sauvegarde n’était pas émise, écrit-elle dans une décision rendue mardi.

Par conséquent, elle ordonne aux trois filiales de Desjardins de suspendre l’application du mode de travail hybride 3-2 jusqu’à l’obtention d’une décision au fond des griefs déposés par le syndicat. L’arbitre de griefs convoque les parties à une audience sur le fond le 26 janvier prochain.

Avec la collaboration de Louise Boisvert et de Flavie Villeneuve

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