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Dans l’œil d’Ivanoh : les formes et la composition

Ivanoh Demers, photojournaliste depuis plus de 20 ans, commente les images qui ont capté son attention cette semaine.

Quatre personnes devant la pyramide du musée du Louvre, à travers l'ouverture d'une porte.

La pyramide du Louvre, conçue par l’architecte Ieoh Ming Pei, à Paris, le 29 novembre 2023.

Photo : Getty Images / AFP / MIGUEL MEDINA

Pas besoin d’un cours de géométrie pour réaliser une bonne photo. Vous repérez une forme intéressante qui peut s’incorporer dans votre cadre? Allez-y, car l'œil va s’y attarder. C’est la première étape pour concevoir une image intéressante, équilibrée. Armé d'un peu de patience, il ne vous reste qu’à attendre qu’un sujet entre dans le cadre.

J’ai sélectionné quelques images qui ont été brillamment exécutées, cette semaine, en suivant cette démarche.

La pyramide du musée du Louvre. Le photographe a choisi un sujet classique. Le rectangle de lumière vertical est en plein centre du cadre horizontal très sombre. Le triangle de la pyramide capte immédiatement notre attention. Mission accomplie.

Son image est bien équilibrée. Le photographe a attendu que des passants viennent occuper l’espace. Très bonne idée.

Je me permets une légère critique : la quatrième personne, à droite, qui sort du cadre, me chicote. C’est distrayant. J’aurais aimé que le photographe demeure sur place plus longtemps, cinq ou dix minutes de plus, pour qu’une occasion encore meilleure se présente. Mais peut-être que ça ne lui était pas possible ou qu’il y avait toujours d’autres irritants…

Un homme marche devant une étendue d'eau au milieu de laquelle pointe le toit d'une hutte.

Le sud du Soudan est durement touché par des inondations. Photo prise le 29 novembre 2023.

Photo : Getty Images / Luke Dray

La forme du tukul, cette maison traditionnelle soudanaise avec un toit de chaume, est partiellement submergée. C'est le sujet principal de cette photo. Une hutte intrigante attire notre œil. C’est la base de la composition de cette image.

Le photographe a divisé la scène en deux rectangles aux proportions quasi identiques : le ciel et l’eau sont séparés par l’horizon. La forme éclatée de l’arbre, à droite, crée du mouvement, ce qui équilibre la photo.

Il ne manque que la présence humaine. Un sujet arrive… Il va entrer dans le cadre dans 4, 3, 2...

Je vais partager un petit truc avec vous. Afin de ne rien manquer, lorsque le sujet arrive, activez votre déclencheur en mode rafale une seconde AVANT qu’il n’entre dans le cadre. Vos chances de réussite seront beaucoup plus grandes.

Un dernier détail au sujet de cette superbe photo : le mouvement des jambes du passant forme un autre triangle avec le sol. Impeccable.

Une touriste en prend une autre en photo devant une grande structure en forme d'étoile.

Une étoile de Noël géante dans la ville de Manchester, en Angleterre.

Photo : Getty Images / AFP / OLI SCARFF

Hexagone, triangle, carré, rectangle, ovale, étoile… L’architecture, l’art urbain, la décoration, entre autres, vous offrent une panoplie de formes géométriques. En intégrant ces formes dans votre viseur, vous obtenez la base de la composition de votre photo.

Le photographe a choisi une jolie structure étoilée comme point de départ. Ajoutons une forme circulaire à l'arrière-plan et – pourquoi pas? – le père Noël pour compléter la scène. Un bon début.

Quelques touristes arrivent en quête d’une photo souvenir… Et elles se placent à l’intérieur de l’étoile! Wow!

Une photo parfaitement réussie? Hélas, non. Malheureusement, la jambe d’un passant derrière l’étoile gâche un peu le tout.

Il fallait peut-être attendre. Une seconde de plus et la jambe disparaissait. Mais probablement que sa tête ou son corps seraient apparus de l’autre côté.

Les contraintes à la prise de vue sont nombreuses. Mais prenez au moins le temps d'observer minutieusement l’image que vous venez de prendre avant de quitter les lieux. Elle n’est peut-être pas aussi réussie que vous le pensez...

Mon clin d'œil de la semaine

Mardi soir, j’étais aux abords du Centre Bell pour illustrer l’hommage à Karl Tremblay, le défunt chanteur des Cowboys Fringants. Les photographes de presse n’étant pas admis à l’intérieur de l'amphithéâtre, j’ai capté des images d'ambiance à l’extérieur.

J'ai remarqué ce rond de lumière projeté au sol. Immobile. Vide.

En prenant un peu de recul, j’ai obtenu un point de fuite vers les immeubles du centre-ville, à l’arrière-plan. J’avais mon cadre. Mon idée. Il ne manquait qu’une chose : un bon sujet.

Après plusieurs essais infructueux avec divers passants, j’ai aperçu un homme qui portait fièrement le drapeau du Québec comme une cape. Il nous a accordé une bonne entrevue, et j'ai réalisé ce portrait de lui. J’ai en fait pris de nombreuses versions de cette image, et j’ai choisi la meilleure.

Victor Dumas-Gauthier porte le drapeau comme une cape.

Avec son drapeau du Québec, Victor Dumas-Gauthier est venu saluer Karl Tremblay une dernière fois, le 28 novembre 2023, à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La lumière du vidéaste du côté gauche me dérange un peu, tout comme le panneau orange interdisant le stationnement à cet endroit du côté droit. Ça démontre bien qu'il y a presque toujours des imperfections, malgré les efforts et le temps qu’on y met.

Toutefois, la priorité, c'est le sujet principal. On évite le plus possible les distractions visuelles en périphérie, mais elles demeurent secondaires.

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