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Entente entre Ottawa et Google : CBC/Radio-Canada doit être exclue, juge Québec

Mathieu Lacombe en entrevue à Radio-Canada.

Le ministre québécois de la Culture et des Communications, Mathieu Lacombe. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

Radio-Canada

Même s’il se réjouit de l’entente conclue mercredi entre le gouvernement fédéral et Google, le ministre québécois de la Culture et des Communications, Mathieu Lacombe, estime que CBC/Radio-Canada devrait en être exclue et que son gouvernement caquiste devrait « avoir son mot à dire ».

Cet accord, présentement en attente de l’approbation du Conseil du Trésor, prévoit que le géant des services technologiques verse une contribution de 100 millions de dollars par année aux médias canadiens en guise de compensation financière.

Cette somme, qui sera indexée annuellement à l'inflation, devra être versée à un collectif qui représente l’ensemble des médias canadiens.

Tous les détails de l’accord n’ont pas encore été dévoilés. Les critères d’admissibilité des médias qui pourraient bénéficier de cette entente ne sont pas encore connus.

Toutefois, pour M. Lacombe, il ne fait aucun doute que CBC/Radio-Canada doit être exclue du partage en raison des subventions dont elle jouit. L’aide doit être dirigée vers les médias privés qui perdent actuellement des revenus publicitaires précieux, a-t-il écrit sur le réseau X (ex-Twitter).

Bras de fer entre les géants du web et Ottawa

Consulter le dossier complet

Deux mains se touchent.

Il affirme aussi que le Québec doit avoir son mot à dire dans la façon dont seront partagés les revenus entre les divers médias.

Pour l’instant, le fédéral fait cavalier seul, comme si la culture et les communications relevaient de lui. Quoi qu’en pense Ottawa, la culture et les médias québécois doivent se gouverner à Québec, et quelles que soient les initiatives prises à Ottawa, elles doivent l’être en concertation avec Québec.

Une citation de Mathieu Lacombe, ministre québécois de la Culture et des Communications

Jeudi, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a lui aussi dit juger que le diffuseur public ne devrait pas bénéficier des compensations financières de Google tant qu'il recevra des sommes garanties par l’État canadien.

J’ai une crainte importante que la position de force de Radio-Canada dans les régions affaiblisse les autres médias. [...] Radio-Canada a déjà l’avantage d’être financée par l’État canadien à titre de société d’État, en plus de vendre de la publicité, a-t-il dit aux journalistes à Ottawa.

CBC/Radio-Canada aura-t-elle sa part du gâteau? Tasha Kheiriddin, Noémi Mercier et Jacinthe-Ève Arel en débattent à Zone info.

Réponses évasives

Depuis cette annonce, la ministre du Patrimoine canadien, Pascale St-Onge, est restée évasive dans ses réponses à la question de savoir si CBC/Radio-Canada serait exclue ou non du partage de l'argent versé par Google.

Je sais qu’il y a eu beaucoup de commentaires de la part des différents médias au sujet de CBC/Radio-Canada. Je ne peux pas parler de la réglementation [...], mais je peux dire qu’on a pris en considération très sérieusement les commentaires concernant notre diffuseur public, a dit Mme St-Onge mercredi en conférence de presse.

Jeudi, en entrevue à Midi info, elle a toutefois mentionné CBC/Radio-Canada comme faisant partie des médias canadiens qui pourraient bénéficier de l’entente avec Google, mais sans donner plus de détails. Selon elle cependant, cet accord va principalement profiter aux médias indépendants, aux médias autochtones et aux médias des communautés de langue officielle en situation minoritaire.

Pascale St-Onge.

La ministre du Patrimoine canadien, Pascale St-Onge (Photo d'archives)

Photo : (Justin Tang/The Canadian Press)

Plus tard dans la journée, elle a affirmé à des journalistes à Ottawa que c’est un mauvais message de dire que le contenu produit par un diffuseur public n’importe où dans le monde n’aurait pas de valeur pour les géants du Web.

Elle a toutefois souligné que même si CBC/Radio-Canada emploie « à peu près le tiers des effectifs » en journalisme au pays, je ne pense pas que CBC/Radio-Canada devrait partir avec le tiers de l’enveloppe, donc on va adresser [sic] cela dans la réglementation finale.

Elle a enfin rappelé que dans la réalité, il y a beaucoup de soutien gouvernemental qui est donné aussi aux médias d’information au Canada, à travers des mesures fiscales et le crédit d'impôt sur la masse salariale, entre autres.

En réaction au commentaire de M. Lacombe, le président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), Éric-Pierre Champagne, a déploré les divergences entre les gouvernements fédéral et provincial à ce sujet.

La dernière chose dont les journalistes et les médias ont besoin actuellement, c'est d'une querelle entre Québec et Ottawa sur le dos de la crise des médias. Des médias ferment, des journalistes perdent leur job et c'est l'information qui en souffre. Certaines régions au Québec vont bientôt devenir des déserts médiatiques si on ne fait rien. C'est ça, la triste réalité.

Une citation de Éric-Pierre Champagne, président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec

Mercredi, Leon Mar, porte-parole institutionnel de Radio-Canada, s’est félicité de l’accord conclu avec Google, affirmant qu'il constitue une étape importante dans le développement d’un écosystème de l’information sain pour les Canadiens. Nous suivrons attentivement les prochaines étapes de ces discussions, a-t-il ajouté.

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